A. CAMBRIDGE. VUE SVR LE SIDAEY SUSSEX COLLEGE
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riiol. Aerotilms Ltd.
B. — OXFOIiD. LE CŒUR DE LA VILLE. Collèges, monuments et jardins de l'Université.
G. U., t. I, Pl. XLVI.
LA PLAINE ANGLAISE
de grains, de beurre et de fromage; Faringdon, marché de porcs; Abiiigdou (7 000 hab.), marché de grains; Aylesbury (9 500 hab.), centre réputé pour ses produits de laiterie et de basse-cour, chef-Heu du comté de Buckingham; Buckingham (3 500 hab.); Wolverton sur l'Ouse, employant près de 5 000 ouvriers dans ses ateliers de chemin de fer. Mais trois villes ont une réelle personnalité : Bedford (40 000 hab.), Oxford (58 000 hab.), Swindon (56 000 hab.). Bedford, sur rOuse, chef-lieu de comté, remonte loin dans le passé; elle eut un établissement romain, puis un château normand qui lui valut bien des attaques et des sièges; elle a de vieilles églises et plusieurs grandes écoles; une puissante usine de machines agricoles représente, dans le cadre tranquille de l'antique cité, l'empreinte de l'économie moderne. Swindon, dans le Wiltshire, est une ville toute jeune, création du Great Western Railivay, qui y emploie plus de 12 000 ouvriers dans ses immenses ateliers de construction de wagons et de locomotives. Oxford, chef-lieu de comté, fondée au milieu des marais qui accompagnent le confluent de la Tamise et du Cherwell, grandit d'abord comme un lieu d'étape fortifié sur l'une des routes qui mènent vers les Midlands; mais, depuis le xiii^ siècle, son existence se confond avec celle de son Université; avec ses églises, ses cloîtres, ses palais, ses collèges et tous ses vieux monuments, ehe évoque tout un passé glorieux; on peut s'imaginer y voir survivre quelque cité du moyen âge; Merton Collège date de 1274, New Collège, de 1379, Wadham Collège, de 1613; la Bibliothèque Bodléienne fut bâtie par Thomas Bodley en 1597; on perçoit partout, dans les choses et dans les hommes, le respect des traditions et des formes du passé. Mais en pleine année scolaire, lorsque les trois ou quatre milliers d'étudiants sont réunis, la vie bouillonne dans la vieille cité : vie de travail, d'examens et de recherches, et aussi, trait de mœurs profondément britannique, vie de plaisirs et de sports, d'exercices physiques, de matchs et de régates. Sans les étudiants, Oxford, comme aussi Cambridge, ne serait qu'une ville morte (pl. XLVI, B, et XLIV, B).
Au sortir de ces larges dépressions où ses eaux s'attardent en longs méandres et en rivières latérales, la Tamise coule, avant d'atteindre Reading, entre des versants boisés où parfois crèvent des croupes nues de craie blanche : elle traverse là une ligne de côtes massives, appelées Marlborough Downs vers le Sud- Ouest et Chiltern hills vers le Nord-Est. Dans les Chiltern, la surface de la craie, tapissée de matériaux glaciaires, prend un aspect frais et bocager. Les beaux bois de hêtres, parure des vallons, ont fait naître dans les villages de petits ateliers où jadis on travaillait le bois et fabriquait des chaises; de nos jours cette ancienne industrie survit dans les usines d'ameublement de High Wycombe.
L'influence de Londres envahit l'existence de ces campagnes; elle se révèle par l'évolution des cultures vers la production des denrées destinées au marché urbain : pommes de terre, lait, légumes, cresson, fruits, volailles, moutons gras, fourrages pour les écuries métropolitaines. De plus, à l'ombre de l'immense capitale, il n'y a plus de vie possible que pour de vieilles petites cités, tout juste animées les jours de marché : Safîron Walden, Hitchin où l'on distille la lavande récoltée dans le voisinage, Hertford avec les ruines de deux châteaux. St. Albans (17 000 hab.), ville religieuse grandie autour d'une vieille abbaye, Newbury, Devizes. Une seule de ces villes, Reading, dépasse les autres (93 000 hab.); chef-lieu du Berkshire, sur la Tamise, elle se développa autour d'une abbaye bénédictine fondée en 1121; au cours de son existence, elle a toujours profité
Géographie universelle. — Iles Britanniques. 29
ÉTUDES RÉGIONALES
du voisinage de Londres, parfois choisie comme siège du Parlement, attirée aujourd'hui dans le cercle de la grande banlieue de la capitale; deux grandes industries y font vivre une nombreuse population ouvrière : la manufacture de biscuits Huntley and Palmers et les établissements agricoles Sutton qui produisent et sélectionnent les graines pour semence.
En quittant Reading, la Tamise entre dans la contrée agreste et charmante, parfois encore sauvage, que pénètre tout entière le rayonnement de l'agglomération londonienne. La craie des Downs et des Chiltern disparaît sous les dépôts de sables et d'argiles tertiaires qui empUssent le Bassin de Londres. Le fleuve décrit des sinuosités sur le fond plat d'une large dépression où de nombreuses briqueteries et ballastières exploitent l'argile et les graviers des alluvions; des vallées aflluentes, à demi marécageuses, sillonnées de fausses rivières, viennent rejoindre la grande vallée. Tantôt ce sont les sables qui composent la surface : alors apparaissent des territoires arides et incultes, landes de bruyères, d'ajoncs et de genêts (heaths), en partie plantées de résineux : tels étaient les environs de Woolwich et de Hampstead, et telles sont les surfaces sèches qu'occupe le camp militaire d'Aldershot; souvent les sables portaient des bois où jadis chassaient les grands seigneurs : ainsi se fonda dans la forêt de Windsor le château célèbre qui devint une résidence royale. Tantôt ce sont les argiles qui affleurent, et l'on a des paysages plus frais, des terroirs cultivés depuis longtemps, des champs enclos de haies et de lignes d'arbres, une abondance étonnante de beaux chênes, un bocage continu. Lande ou bocage, toute cette nature n'est pas encore, malgré l'extension de Londres, entièrement urbanisée; elle abrite toujours une vie agricole; ce sont en général de petites exploitations qui se livrent aux travaux délicats et rémunérateurs conseillés par la proximité du marché urbain : production intensive du foin dans le Hertford et le Middlesex pour les chevaux de Londres; production du lait; jardins maraîchers de la vallée de la Tamise; vergers d'arbres fruitiers; pommes de terre précoces du Surrey et du Kent septentrional; cultures sous verre de tomates, de concombres, de raisins dans la vallée de la Lea. Mais, de plus en plus, c'est de l'exode urbain que vivent ces campagnes; résidences, villas, parcs, terrains de jeux y prolongent l'habitat des gens de la ville, et c'est comme des annexes de Londres qu'il faut concevoir l'essaim de petites villes qui, de tous côtés, garnissent le trajet des voies ferrées : Romford (17000 hab.), Enfield, Harrow (10000 hab.), Watford, Beaconsfield au Nord de la Tamise; Croydon (196 000 hab.), en fait, déjà un faubourg de Londres; Wimbledon, Epsom et Leatherhead, Farnborough, Basingtoke (12 000 hab.) au Sud de la Tamise. Plus serrées et plus animées sont les villes qui, vers l'amont de la Tamise, forment une chaîne presque continue le long du fleuve depuis Londres jusqu'à Reading : Richmond, Kingston, Staines, Chertsey, Windsor, Maidenhead, Great Marlow, Henley (pl. XLV, A).
La Tamise. — La Tamise, qui, depuis les pentes des Cotswold jusqu'à Londres, traverse des paysages agrestes et rustiques, est une rivière pacifique et modeste. Longue de 315 kilomètres jusqu'à Londres, elle draine un bassin de 11 350 kilomètres carrés, presque égal à celui de la Marne en France, sept fois moins grand que celui de la Seine. Née à 113 mètres d'altitude près de Cirencester, elle descend lentement une pente moyenne de 35 centimètres par kilomètre; à Lechdale, à 25 kilomètres de sa source, elle n'est déjà plus qu'à 75 mètres. Son
LA PLAIME ANGLAISE.
régime généralement tranquille, sans écarts violents, révèle le rôle joué dans son hydrologie par les terrains perméables qui couvrent plus de la moitié du bassin; une partie de la pluie qui tombe s'infiltre et reparaît dans les sources du calcaire et de la craie; moyenne annuelle de 1883-1920, à Teddington, en amont de Londres, les basses eaux débitent en septembre 28 mètres cubes par seconde; les hautes eaux en janvier, 129; cette proportion définit le caractère d'une rivière régulière; les inondations ne proviennent que de pluies prolongées ou de brusques fontes de neige (fig. 66). Aussi la Tamise, de tempérament invariable, porte depuis des siècles de nombreux moulins qui barrent son cours ; les mariniers s'en plaignaient au xv^ siècle comme d'une entrave à la navigation. Au début du xvije siècle, des travaux rendirent navigable le tronçon supérieur, d'Oxford à Lechdale. C'était une voie de trafic local transportant les céréales et les pierres de taille de l'amont vers l'aval, le charbon de Londres vers Oxford. De petits canaux unissent la Tamise au système de la Severn. Le Thames and Severn Canal, long de 48 kilomètres, comporte quarante-quatre écluses et traverse un tunnel qui perd de l'eau par le fond; il est pratiquement abandonné. Le Kennet and Avon Canal, propriété d'une compagnie de chemin de fer,
long de 138 kilomètres et pourvu de cent six écluses, ne peut porter que des charges de 25 à 60 tonnes. Ce sont là des chemins champêtres qui s'encombrent d'herbes et s'attardent à travers la verdure et le feuillage. La Tamise elle-même est une rivière de prairie ; aux approches de Londres, elle devient une rivière de parc, aux eaux claires, ombragées de grands arbres. A l'écluse de Teddington, elle se transforme subitement; elle reçoit les atteintes de la marée : c'est le fleuve de Londres, the River of London. La douce rivière des champs devient un puissant estuaire marin que le flux gonfle d'un énorme volume d'eau.
Ja.
Av.
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FiG. 66. — Débit moyen de la Tamise à (en milliers de gallons par jour; 1 gallon =
Teddington 4,54 litres).
Consulter les monographies de comtés publiées dans la collection de Cambridge University Press.
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