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A. — PAYSAGE DU SUSSEX, A BURY. B. — EGLISE ET PRESBYTERE A WAREHAM

Au fond. les Downs. (hampshire).

t. I, Pl.. XLVII.

l'angleterre du midi.

frondaisons des ormes et des platanes, les allées de hêtres superbes, les haies touffues de sureaux, d'épines, de prunelliers, d'érables, toutes enguirlandées de clématites et de bryones, toutes fleuries d'églantiers; et, parmi ces arbres et ces plantes, des villages aux toits de chaume, aux murs de silex, serrés autour de leur vieille église. Dans ces vallées abritées, entre leurs versants au sol chaud, certaines plantes évoquent une nature plus ensoleillée; des noyers ombragent les fermes; le long des maisons, on voit pousser des figuiers, des lauriers, des pieds de vigne. Sur les plateaux de craie, roche fissurée et perméable, d'où l'eau s'enfuit, l'alimentation en eau devient parfois un problème difl^icile; pour le bétail, on conserve l'eau du ciel en des mares au fond d'argile, de paille et de pierres; pour les hommes, on creuse des puits profonds, munis d'une pompe qu'actionne un petit moulin à vent. Quand on a pu atteindre les nappes profondes, la craie constitue un réservoir qui paraît inépuisable : ce sont des forages dans la craie qui alimentent Southampton et Bournemouth et même, pour une partie, l'agglomération de Londres.

Tandis que les plateaux de craie demeurent presque déserts, les habitations se concentrent dans les vallées. Tandis que les Downs du Sussex ne contiennent guère que 4 habitants par kilomètre carré, on en compte 80 dans la vallée de la Rother et 160 sur la plaine côtière. A part de rares exceptions, il n'existe pas de villages au-dessus de 70 mètres; tous se nichent dans les combes et les vallons de la craie, derrière un rempart de grands arbres. Dans la plaine de Salisbury, ils se pressent tous le long des vallées; quelques vieilles églises du Hampshire se sont bâties auprès d'une source (pl. XL VII).

L'économie rurale des pays de craie demeure fidèle à des pratiques anciennes qui reflètent les conditions mêmes de la terre : l'élevage du mouton et la grandeur des exploitations. La terre des Downs, downland, est légère, peu profonde, maigre et aride; il en faut réunir de grandes étendues pour composer une exploitation qui puisse vivre. A ces terres de down, il est nécessaire d'ajouter des terroirs limoneux dans les fonds et sur les pentes, ainsi que des prés le long des rivières : de là, de grandes fermes qui s'étendent souvent depuis le plateau jusque dans la vallée, les hill farms, qui, particulièrement dans le Sussex, contrastent par leur vaste terroir avec les petites fermes du Weald. Dans le Hampshire, leur superficie moyenne atteint 200 hectares environ. La ferme type des plateaux du Wilts occupe de 210 à 300 hectares, mais on en rencontre qui vont jusqu'à 400, 650, 800 hectares. On peut citer dans le Sud du Wilts tel grand domaine que le propriétaire a débité en sept exploitations variant de 210 à 700 hectares. Sur ces fermes, certains champs contiennent d'une seule tenue jusqu'à 35 et 40 hectares. Chacune d'elles possédait jadis son propre four à chaux pour amender les terres d'argile à silex; elles emploient aujourd'hui les machines, les charrues à tracteur mécanique. Toutes ces campagnes, vouées au blé et à la laine, ont beaucoup souffert des crises agricoles provoquées par la concurrence des pays neufs.

En pays de craie, toute ferme possède son troupeau de moutons; on le mène en pâture sur le down. Les bêtes ne sont pas, comme dans les montagnes galloises et pennines, dispersées à travers les landes, ni, comme dans les riches plaines des Midlands, parquées en des enclos herbeux; on les voit encore, comme jadis, cheminer en troupeaux sous la conduite d'un berger et de ses chiens. Elles appartenaient toutes autrefois à la race célèbre des Hampshire Downs; mais, depuis quelque temps, on fait appel aux Blackfaced des landes écossaises, plus

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sobres et plus rustiques. Dans le Wilts méridional, certains troupeaux contiennent jusqu'à mille mères. C'est pour eux que le sainfoin prend de nos jours une place si large dans les assolements; c'est pour eux que, à l'intérieur des fermes, on aménage ces grandes bergeries et ces immenses hangars en bois qui forment l'élément original de toute habitation rurale.

Aux meilleures terres de l'exploitation, on confie la production des grains et des fourrages. L'assolement quadriennal réunit deux récoltes de céréales, le blé et l'orge, et deux récoltes fourragères. Dans une ferme typique du Wilts méridional, sur 320 hectares, on en compte 180 de labours, 90 de pâturage de down, 20 de prairies irriguées. Mais les terres labourées se consacrent chaque jour davantage au sainfoin, au trèfle, aux betteraves, aux pois, aux raves et au raygrass; car aux moutons, qui demeurent toujours la ressource personnelle du pays, il faut ajouter une population croissante de bêtes à cornes; l'attraction des centres urbains a développé l'exploitation des vaches laitières Shorthorn et l'engraissement des porcs. Mais, si la culture entreprend des spéculations nouvelles, la contrée conserve un cachet profondément rural; elle ne connaît pas la fièvre des grandes cités, ni même l'animation d'une forte population villageoise; peu de campagnes britanniques ont vu pareil exode d'ouvriers agricoles; l'émigration vers les villes a dépeuplé les champs. Il règne sur ces grandes plaines une atmosphère de solitude; l'aspect de la terre, presque sans clôtures et sans haies, accroît encore le sentiment de paix profonde et de tranquille uniformité qui se dégage de toutes choses.

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