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IRLANDE DU NORD

G. L".. ». I, l'i. III.

Pliot. Lawrence, Dublin.

A. LA CHAUSSÉE DES GEANTS (aMIÎIM, IRLANDeI.

Prismes de basalte dégagés par l'action des vagues sur la jjlate-forme littorale.

Pliof. Geol. Survey Scotlami.

B. MORAINE TERMINALE DANS LE GLEN TORRIDOX (ÉCOSSeI.

A 8 kilomètres Est de la tète du lac Torridon. — Surface mamelonnée et chaotique de la moraine. A l'intérieur du cercle morainique, expansions d'eau et prairies marécageuses.

G. U.. l. I, Pl. IV.

CONFIGURATION, STRUCTURE ET RELIEF

cernent de F Atlantique boréal ; elle a plissé les sédiments précambriens. On lui donne le nom de chaîne huronienne, parce que ces plissements sont particulièrement nets au Sud du Canada, dans l'ancien pays des Hurons.

Depuis le cap Nord jusqu'au Donegal (Irlande), s'échelonnent le long de

FiG. 1. — Influences de l'architecture calédonienne et de l'architecture hercynienne sur le relief des Iles Britanniques.

1, Orientalion calédonknnc ; 2, Orimlalion hercynif-nnc ; 3, Basaltes et roches volcaniques de l'époque tertiaire.

l'océan Atlantique les tronçons d'une autre ancienne chaîne plus récente, la chaîne calédonienne, surgie à l'époque silurienne. On en retrouve déjà les traits fondamentaux dans le Groenland et le Spitzberg. Dans l'Ouest de la Norvège, on voit ses plis, dirigés Est-Ouest, imposer leurs orientations aux lignes du relief

CéOCRAPHiE LMVEKSELLE. — Iles Britanniques. 2

et aux fjords, puis disparaître sous les eaux de l'Atlantique. Mais ils reparaissent en Écosse, et l'on peut dire que le territoire tout entier de l'Écosse est constitué par les racines de cette grande chaîne (fig. 1). De remarquables dislocations ont rendu classique cette zone de plissement dans le Nord de l'Écosse; des roches anciennes arrachées de leurs fondements, charriées et refoulées en lames sur des roches plus récentes, furent transportées, du Sud-Est au Nord-Ouest, sur une distance de près de 20 kilomètres; on peut suivre cette zone de chevauchements pendant 145 kilomètres, depuis le loch Erriboll à l'extrémité Nordoccidentale de l'Écosse jusqu'au loch Carron en face de l'île de Skye. En arrière de cette zone, sur tout le territoire de l'Écosse, l'orientation Nord-Est-Sud-Ouest domine dans les lignes directrices du relief; elle révèle la direction des plis calédoniens et leur influence sur l'évolution de la topographie; fossé du Glen More, affaissement des Lowlands, plateaux des Southern Uplands, affleurements géologiques, longs promontoires s'avançant dans la mer, longs estuaires pénétrant dans les terres, tout porte l'empreinte de cette orientation tyrannique. C'est elle encore que les cartes mettent en évidence dans l'île d'Anglesey, dans la presqu'île de Lleyn(àu Sud de Carnarvon) et dans les montagnes galloises des comtés de Merioneth et de Cardigan (monts Berwyn, monts Mynydd). Au delà du canal Saint-Georges, la fréquence des axes Nord-Est-Sud-Ouest dans le dessin de l'Irlande fait connaître que l'île appartient au même domaine structural. La direction calédonienne s'imprime dans les crêtes et les sillons parallèles du Donegal, dans la dépression de Belfast, qui semble prolonger la fosse centrale de l'Écosse, dans le massif du Slieve Bloom isolé au centre de l'île, dans les massifs de granité et les bandes de schistes des montagnes du Wicklow et du Wexford, qui font face aux alignements de même direction du Pays de Galles. Ainsi se poursuit, d'un bout à l'autre, depuis les régions polaires jusqu'à l'Irlande et au Pays de Galles une unité fondamentale de structure qui apparaît partout, dans le soubassement rocheux comme dans les traits de la surface.

A la fin de l'époque primaire, une autre chaîne de montagnes se souleva, sur un emplacement plus méridional que les deux autres : c'est la chaîne hercynienne, détruite aujourd'hui, comme les autres, par les dislocations et par l'érosion, mais reconnaissable à ses fragments dans la Silésie, la Bohême, le Harz, la Forêt Noire, les Vosges, l'Ardenne, la Bretagne, l'Angleterre méridionale et l'Irlande. Toute l'Irlande méridionale lui doit le dessin de son relief; on y voit le Vieux grès rouge et le Calcaire carbonifère disposés en longs plis parallèles Est-Ouest; les plis en saillie ou anticlinaux, s'avançant dans la mer, donnent de longs promontoires; les plis en creux ou synclinaux, envahis par les eaux, forment des baies entre les promontoires; toute la topographie du Sud de l'Irlande résulte de la disposition du sol en plis parallèles (fig. 1 et 2).

Même structure par delà le canal Saint-Georges dans les trois presqu'îles du Sud du Pays de Galles, dans les Mendip hills, voûte de Calcaire carbonifère qui se dresse au Sud de l'estuaire de la Severn, et dans l'îlot de Steep Holme, au milieu même de l'estuaire. Même orientation dans l'Exmoor, sur la côte septentrionale du Devon, et dans l'île de Lundy, qui le prolonge en mer, et plus au Sud dans les massifs granitiques qui se succèdent depuis le Dartmoor jusqu'aux îles Scilly. Les petites zones archéennes du cap Lizard et de Start point nous avertissent que nous sommes toujours dans le domaine de la chaîne hercynienne; et, si nous jetons les yeux au delà de la Manche, nous la retrouvons encore dans

CONFIGURATION, STRUCTURE ET RELIEF

la Bretagne française. Le canal Saint-Georges, le canal de Bristol et le canal (Channel) de la Manche partagent donc en trois grands tronçons la puissante chaîne, faite de plis orientés Est-Ouest, qui dresse ses sommets depuis l'Irlande méridionale jusqu'à la Vendée. Vers l'Est, affaissée aussi et fracturée, la vieille chaîne disparaît sous les dépôts plus récents du Bassin de Londres, du Bassin belge et du Bassin de Paris, mais pour réapparaître dans les massifs de l'Ardenne et des Vosges.

Au cœur même de l'Angleterre, des plissements du même âge ont dressé la chaîne Pennine, dont la direction n'est plus Est-Ouest, mais Nord-Sud. L'axe de cette chaîne s'oriente donc perpendiculairement aux autres plis hercyniens. Cette déviation, qui a, pour ainsi dire, créé l'épine dorsale de l'Angleterre, s'explique si l'on songe que les dernières rides septentrionales de la poussée hercynienne ont rencontré, dans l'Ouest de l'Angleterre, les masses résistantes de la chaîne calédonienne, Pays de Galles et massif du Cumberland, disposées suivant le méridien, contre lesquelles elles sont venues se mouler.

N l^cs de Macgillîcudd;ys Reeks Vallée de Caha S

Killarney B25m Kenrriare Mountains

FiG. 2. — Coupe à travers l'Irlande méridionale, depuis la baie de Bantry jusqu'aux lacs de Killarney,

d'après Hull.

1, Calcaires et schistes carbonifères; 2, Schistes de Yoredale ; 3, Vieux grès rouge. — On voit que les vallées correspondent à des plis en creux (synclinaux) et les hauteurs, à des plis en relief (anticlinaux).

Échelle des longueurs, 1 : 350 000. — Échelle des hauteurs, 1 : 70 000.

^lême lorsqu'ils ont disparu dans les profondeurs, les plis de la chaîne hercynienne manifestent encore leur continuité souterraine. Dans l'Angleterre méridionale et la France du Nord, des ridements ont affecté les terrains plus jeunes qui ont enseveli les terrains du continent hercynien : ces ridements s'orientent comme les anciens plis. Le bombement du Weald et celui de l'île de Wight ont une direction Est-Ouest conforme aux plis hercyniens, si bien que la topographie de l'Angleterre méridionale, avec les longs escarpements crayeux des Downs et les contours géométriques de l'île de Wight, reflète fidèlement à la surface l'influence profonde de l'architecture enfouie. Dans le Nord de la France, les bombements du Boulonnais et du pays de Bray traduisent la même influence et confirment l'unité de plan de toute cette région franco-anglaise.

Le sillon houiller et les gîtes métallifères. — Grande unité structurale dont l'architecture se retrouve au fond de tout le relief, la chaîne hercynienne prend une autre valeur dans la géographie : elle est, pour tous les pays de l'Europe occidentale, la chaîne houillère et la chaîne métalhfère. Pendant toute la fin du Carbonifère, dans une longue série de lagunes littorales et de marécages, qui s'étendait depuis la Silésie jusqu'à la Grande-Bretagne et vraisemblablement à travers l'Atlantique jusqu'à l'Amérique du Nord, les cours d'eau

descendus des hautes montagnes du Sud déposèrent de grandes accumulations de sédiments et de débris végétaux. Tout au début, ce sont les couches de houille d'Écosse, avec leurs gisements bitumineux qu'on exploite aujourd'hui pour l'huile minérale, avec leurs précipités de minerai de fer intercalés parmi les lits charbonneux. Puis ce sont les dépôts houillers anglais du Cumberland, du Durham, du Northumberland, du Lancashire, du Yorkshire, du Stafîordshire, du Pays de Galles, sur lesquels la mer revint parfois et qui contiennent souvent des couches de fer carbonaté; ce sont aussi les dépôts houillers de la France, de la Belgique, de la Westphalie, de la Saxe, de la Silésie. On peut parler d'un énorme sillon houiller qui traverse toute l'Europe. Effondrements, fractures, décrochements, recouvrements en ont brisé l'unité. Tantôt il disparaît au fond de larges bassins sous des épaisseurs énormes de sédiments. Tantôt il s'interrompt par l'effet d'une violente dislocation, comme le long de la vallée du Rhin. Mais, même disloqué, fragmenté et effondré, le sillon charbonnier apparaît comme l'une des originalités des pays « hercyniens ».

On observe aussi une relation étroite entre les plissements hercyniens et les dépôts métallifères. Comme toutes les périodes de dislocations, la période hercynienne fut marquée par des venues de roches ignées et de filons éruptifs. En Irlande, les filons métallifères qui traversent les roches primaires se concentrent dans les régions disloquées, alors que la plaine centrale, à peine ébranlée par les plissements, se distingue par la rareté des filons. En fait, dans l'Europe occidentale comme dans l'Europe centrale, les fragments de la chaîne hercynienne sont des centres remarquables de phénomènes métallogéniques; les filons d'étain, de cuivre, de plomb argentifère et de zinc y abondent; les gisements de zinc de la Vieille Montagne, à l'Est de Liège, s'exploitent depuis des siècles; l'étain a fait dès l'antiquité la renommée de la Cornouaille; le plomb et le zinc se rencontrent dans toute l'étendue de la chaîne Pennine en Angleterre, le cuivre, dans le Sud de l'Irlande et dans le Devon. Cette richesse minière caractérise la zone des massifs qui s'étend depuis la Saxe et le Harz jusqu'au pays de Liège et au Pays de Galles; les hommes y sont venus très tôt pour la recherche des métaux; c'est un district original dans l'économie de l'Europe du Nord-Ouest.

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