LE COMMERCE
L'emplacement où devait s'élever et grandir Londres prit sa valeur lorsque, avec l'arrivée des Romains, la Grande-Bretagne entra dans l'orbite commerciale du monde antique : c'était le premier point de l'estuaire de la Tamise où le fleuve pût être commodément franchi par la route venant du continent. Cette route commençait sur le détroit à Dubris (Douvres) et Rutupiœ (Richborough), passait à Durovernum (Canterbury), Crayford, Dartford, Deptford; elle franchissait la Tamise au gué de Westminster, sur lequel la marée basse ne laissait que de faibles profondeurs à travers les bancs de sable. Plus tard, quand on chercha à établir un pont, le passage fut reporté à 3 kilomètres vers l'aval du gué, en un point où les berges du fleuve, plus rapprochées et plus hautes, rendaient la construction de ce pont plus facile et moins longue : ce fut le Pont de Londres, qui exista peut-être comme ouvrage en bois à l'époque romaine, mais qui, comme ouvrage en pierre, ne date que du xiii^ siècle. Au delà du passage vers le Nord, la route se continuait sous le nom de Watling Street jusqu'à Chester; d'autres sections menaient vers l'Est-Anglie, vers l'estuaire de la Severn et vers le Soient. Ainsi c'est à la traversée du fleuve par la grande voie que se place l'origine de Londres. Au i^^ siècle de notre ère, elle nous apparaît déjà, selon Tacite, comme un centre animé de marchands et de négociants : « Londinium... copia negotiatorum et commeatum maxime célèbre ». Mais elle n'était encore qu'une étape de circulation continentale, carrefour de chars et de piétons. Son rôle s'étendit lorsque, tête de marée sur l'estuaire, elle devint un port de mer. Elle occupe, à la limite intérieure de