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CHAPITRE XIII

LES ASPECTS ÉCONOMIQUES DE LA VIE BRITANNIQUE

Depuis plusieurs siècles, il circule dans l'économie britannique un principe de vie qui règle les formes de travail, oriente la production et façonne les groupes humains : c'est l'esprit commercial. Tous les genres de vie du peuple britannique portent son empreinte; il a véritablement déterminé l'évolution de l'agriculture et l'évolution de l'industrie. Procédés de culture, produits du sol, paysages ruraux, condition des classes agricoles, rien n'est plus la pure émanation de la terre; tout a subi l'influence de causes extérieures au pays. Afin de nourrir les masses ouvrières qui travaillent pour les marchés étrangers, on dut abandonner les vieux procédés de l'économie rurale et en pratiquer d'autres qui décuplent les rendements. Sous l'afilux des blés exotiques, on dut renoncer aux labours pour coucher en herbe les sillons. Les grands domaines, constitués grâce aux bénéfices du commerce, ont absorbé les petites propriétés. L'attraction des villes industrielles et des ports vide les villages, et les cités grandissent de la dépopulation des campagnes. Tous ces traits de la vie économique et sociale appartiennent à un type de civilisation qui n'est pas proprement britannique; mais nulle part on ne les a vus surgir plus tôt, ni avec plus d'intensité que dans les pays britanniques.

C'est de même sous la pression du marché universel que l'Angleterre est devenue le pays des inventions, le berceau de la grande industrie. Ce fut afin de produire mieux et davantage que les industriels britanniques furent amenés à remplacer les métiers à bras par les métiers mécaniques, les machines hydrauliques par les machines à vapeur, le charbon de bois par le coke dans la production de la fonte, le fer puddlé par l'acier. La révolution industrielle a commencé

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dans l'industrie du coton, issue du commerce colonial, et c'est la nécessité de satisfaire à des débouchés de plus en plus étendus et lointains qui conduisit aux inventions techniques les manufacturiers d'Angleterre. Nulle matière ne se prêtait mieux aux machines nouvelles que le coton, fibre souple et légère; ce fut lui, le nouveau venu, le fils des tropiques, qui prit dès lors la première place dans la manufacture, évinçant la laine, l'antique produit des landes britanniques. Il y eut désormais un lien étroit entre la production industrielle exigeant des marchés de plus en plus vastes et l'expansion commerciale exigeant une fabrication de plus en plus intense. Dans cette relation nous devons voir non seulement la cause de l'expansion britannique vers les pays d'outre-mer, mais encore le moteur puissant de toute l'économie britannique.

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