MONTORGUEIL
fermée par le promontoire du Couperon, où un monument mégalithique dissimule sous les touffes de gazon ses énormes et grossiers blocs de granit. Une rangée d*écueils sous-marins continue au large les rochers de la baie de Rozel jusqu'au plateau des Dirouilles, l'un des dangers de la navigation de ce bras de mer littéralement semé de récifs. Sur la côte orientale, tournée vers le Gotentin, s'ouvre la baie de Sainte Catherine, avec un briselames inachevé ; puis la petite anse dite Anne-Port, remarquable par la luxuriance de sa végétation et au-dessus de laquelle on visite un dolmen placé sur un tumulus, et composé d'un quartier de roc monté sur neuf pierres disposées en forme de fer à cheval. Anne-Port est dominée par les ruines imposantes du château de Montorgueil, sombre forteresse féodale, aux hautes tours crénelées et aux antiques murailles tapissées de lierre, et dont la construction remonte au xu^ ou au xm^ siècle. Montorgueil est sans contredit le plus beau vestige de la féodalité dans Tarchipel, et Thistoire de son donjon circulaire, à la fois résidence seigneuriale et prison, résume celle de l'île tout entière. Mais les vénérables édifices du moyen âge n'ont pas de pires ennemis que les architectes qui, sous prétexte de les restaurer, en dénaturent le caractère, et,
malheureusement, Monlorgucil a été l'objet d'une restauration maladroite, faite en vue d'aménager le cas tel pour une garnison an glaise, et qui lui a ôté une partie de son cachet. Tel qu'il est, cependant, c'est une masse fort imposante encore et digne d'être visitée dans ses détails.
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