EGLISE PAROISSIALE DE S A 1 N T - P I E R R E- P O R T
Tapathie des uns et l'empiétement des autres tende à les remplacer par des dénominations anglaises : la Grande Rue est maintenant plus connue sous le notn deBigh street, mais on dit encore le Bordage, la rue de la Fontaine, la ruette Brûlée, la rue Mar-
guérite, la Pierre Percée, la rue Poidevin, le Poliet, la Plaiderie, les Canichers, et Tesprit public, très conservateur — il faut s'en féliciter — se fait difficilement au travestissement des vieux noms :
cependant la rue des Frères est devenue, même dans le langage courant, Cemetery lane, et d'autres artères ont pris des noms anglais qui n'ont même pas le mérite d'être la traduction des anciennes appellations françaises, et qui paraissent s'être d'autant plus facilement imposés qu'ils ont moins de signification. Du reste c'est l'anglais qui est parlé partout dans la ville basse comme dans la ville haute, le français n'est plus à Saint-Pierre- Port qu'une langue étrangère, un idiome de lettré et d'amateur, et le prêche français, à l'église paroissiale du xiv^ siècle, ne réunit qu'un très petit nombre d'auditeurs.
De fortes rampes, d'interminables montées, des escaliers extrêmement raides, relient les quartiers du travail à la ville aristocratique, qui étale sur le haut des collines ses opulentes villas, dissimulées au fond de magnifiques jardins, dans des rues ombragées et silencieuses, qui ressemblent à des allées dépare : Queen's Road, la Grange, les Rohais, abritent la haute bourgeoisie insulaire, et un grand nombre de résidents anglais s'y installent dans de