‹ Les îles de la Manche: Ouvrage illus. de 36 gravures et d' une carteChapitre 56 sur 90 · HAUTEVILLE HOUSE · texte numérisé non relu

HAUTEVILLE HOUSE

et l'ont réunie dans un même esprit de foi et d'amour en la Patrie absente.

Comment se fait-il que les autorités de Guer nesey, si scrupuleuses en matière d'hygiène, aient laissé se transformer l'antique artère aristocratique de la rue des Cornets en un impur cloaque, c'est assez difficile à expliquer, et ce laisser aller administratif est d'autant plus injustifiable que cette rue déshéritée aboutit, de la ville basse, dans le quartier de Hauteville, l'un des plus bourgeois et des mieux habités de Saint- Pierre-Port.

Hauteville! ce nom, jadis obscur, est aujourd'hui universellement connu et célèbre, grâce au long séjour de Victor Hugo. Au milieu et à gauche de la longue et peu large voie qui gravit par une rampe accentuée la haute colline couronnée par les bastions et les remparts du fort George, une maison grise, froide, de médiocre apparence, précédée de deux chênes rabougris, fut occupée de 1856 à 1870 par le grand poète. C'est Ifaulpvil'e Ilouse, et rien ne signale extérieurement au passant cette demeure de l'exilé. Que de strophes vengeresses, que de pages émues, que d'œuvres tragiques sont datées de cette habitation si simple, dont la façade ne porte, dans sa morne enveloppe de pierre, ni un nom ni une inscription, rien qui

rappelle le long séjour du proscrit! Après le coup d'État du 2 décembre, Victor Hugo avait d'abord cherché un refuge à Jersey, où il vécut à Tabri de toute persécution jusqu'au moment où ayant, par bonté d'âme, apposé sa signature au bas d'une protestation de bannis chassés de l'île pour insultes à la reine d'Angleterre, il se trouva luimême expulsé et contraint, du jour au lendemain, de chercher un nouvel asile. Il choisit Guernesey, autre terre normande hospitalière et libre, mais plus éloignée de France que la douce et romantique île de Jersey. Hauteville House était à vendre, et il l'acheta, séduit par la vue qu'offrait la maison sur la côte du Cotentin. Il est bon de faire remarquer, à ce propos, qu'un Français peut devenir propriétaire à Guernesey, tandis que la loi lui défend d'acquérir à Jersey, mesure de précaution qui n'empêche pas nombre de Français de posséder des immeubles et des terrains dans l'île, achetés soit au nom de leurs enfants qui y sont nés, soit à l'aide d'intermédiaires complaisants, sujets anglais : tel a été le cas pour les Jésuites établis à Jersey à la suite des décrets sur les congrégations, et qui y sont devenus, avec des Pères anglais comme prête noms, propriétaires de l'ancien Hôtel Impérial.

Victor Hugo arrivait à Guernesey dans de mauvaises conditions, sous de déplorables auspices. Son expulsion de Jersey le rendait d'avance suspect à une population i\m r toujours professé un extrême loyalisme pour l'Au^k^terre, et dont la vénération pour le souverain atteint les proportions d'un véritable culte* A Jersey même on le tenait à l'écart, on affet^tnit d'ignorer les événements politiques qui l'aynipiit amené dans Tîle, on ne voulait voir en lui qu'un noble émigré et un journal de Saint-Hélier avait malidciisenient annoncé son arrivée en ces termes : « Aujourd'hui a débarque M. Victor Hugo, pair de France, un de nos muses les plus estimés )^ Quel serait l'accueil à Guernesey, terre plus petite, aux idées plus étroites? Le nouvel hôte était un grand poète, soit, mais un révolutionnaire aussi, et de plus un libre penseur, crime énorme pour un peuple d'une religiosité outrée, d'un protestantisme sévère et presbytérien. On avait beau objecter dans quelques milieux que Victor Huf^^o croyait en Dieu, qu'il chantait et exaltait l'Être Suprême^ le Dieu du poète n'était pas celui dos clcrgymen et des églises, il n'avait d'autre Bible que le grand livre de la nature. Aussi la société gucrnesiaise se montrât-elle froide et extrêmement réservée vls-à vis de

rillustre proscrit. Quelques esprits généreux, en tête desquels il faut placer M. Etienne Martin, le Prévôt de la Reine, osèrent braver la vindicte publique et mettre leurs mains cordiales dans les mains de l'exilé ; d'autres suivirent cet exemple, les Corbin, les de Putron, les de Jersey, les Marquand; le rapprochement se faisait, les défiances cédaient, la société s'ouvrait, un petit cénacle guernèsiais se formait autour du poète, lorsqu'il eut la malencontreuse idée de refuser de se lever, pendant une représentation théâtrale, au moment où la musique jouait le God save ihe Queen, Il eut beau déclarer que, fidèle à ses principes, il ne pouvait se décou vrir devant une tête couronnée; on lui tint rancune, ses meilleurs amis se retirèrent, et d'irréconciliables ennemis surgirent, qui ne devaient même pas désarmer devant la mort, car, au moment où Paris faisait au grand poète des funérailles dignes des temps antiques, un recteur anglican de Guernesey proclamait en chaire qu'il s'étonnait de ces hommages rendus à un homme « qui ne savait pas écrire le français! )) Cette extravagance donne la mesure de l'exaspération du sentiment public froissé, et, même parmi les Guernesiais qui s'inclinèrent devant le génie du poète, bien peu sympathisèrent avec le cacactère de l'homme public etprivé.

L'atmosphère de Hauteville House était donc recluse et solitaire. Victor Hugo se réfugia dans le travail; travail de Tesprit combiné avec le travail des mains. Le poète se fît sculpteur; il ciselait le bois comme il ciselait les rimes, il y mettait toute Texubérance de son ardente imagination et bien peu parmi les touristes qui parcourent les salons de Hauteville House devinent que lea figurines à silhouettes grimaçantes qat décorent ces pièces sévères, taillées avec un art exquis dans les boiseries sombres, sont Tœnvre du maître. Hauteville House devint un musée. Le poète parcourut Tlle, la fouillant dans ses moindres recoins pour découvrir de vieux meubles normands , d*an tiques bahuts en chêne massif qu'il achetait et entassait dans sa demeure, au grand ubahisscmcut des campagnards guernesiais, qui ne comprenaient pas grand'chose à cette fièvre de collectionneur et qui, s'imaginant tous posséder des merveilles, afliehèrent bientôt des préleiitions exagérées pour leurs vieilles boiseries.

La vie du poète était réglée comme celle d'un chartreux. Levé dès cinq heures du matin, hiver et été, il travaillait jusqu'à neuf heures, faisait une promenade, déjeunait très sobrement et recommençait à écrire jusqu'à cinq heures du soir* On

dînait en famille à six heures, puis la soirée se passait en lectures, en conversations, en jeux avec les enfants, et tout le monde se retirait dès dix heures. Le poète ne se permettait aucune infraction à cette règle, que ses invités observaient scrupuleusement. Cette existence régulière explique rénorme production littéraire des années d'exil : les Misérables^ V Homme qui nt, les Travailleurs de la mer^ dédiés (( au rocher d'hospitalité et de liberté » que Victor Hugo considérait alors comme son (( tombeau probable )), les grandes et les petites épopées de la Légende des siècles^ une quantité d'autres œuvres en vers et en prose, ont été conçus et écrits à Hauteville House. Grâce aussi à cette vie réglée et calme, le « frôle roseau » qu'avait été le poète dans son adolescence, devint le chêne noueux et robuste dont le monde entier devait admirer la verte et vigoureuse vieillesse.

Victor Hugo adorait les enfants; il avait pour Georges et Jeanne le fétichisme d'un pontife doublé d'un aïeul.

Son amour pour les enfants, Victor Hugo rétendit aux petits êtres pauvres de Guernesey. Une fois par mois, il réunissait chez lui un certain nombre d'enfants du peuple choisis parmi ceux qui fréquentaient les écoles de Saint-PierrePort,

tir.

leur donnait à dîner, et leur distribuait des récompenses, leur adressant de douces et consolantes paroles, et les servant de ses propres mains. Ces repas charitables attirèrent Tattentioii de la presse anglaise, éveillèrent de nobles pensées d'émulation chez les philanthropes et les éducateurs d*outre- Manche et les « thés des écoles » devenus si populaires en Angleterre, n'ont pas d'aulr€ ori^qjie que les dîners offerts aux enfants pauvres par Texilé de Guernesey.

L'hiver, Hauleville House était mélancolique et triste, enveloppé dans Thumide brouillard comme dans un épais suaire, battu des vents et des rafales. Les tempêtes alternaient avec les brumes; les nou velles de France arrivaient irréguliuremenl, en retard, on pensait à Paris brillant, inondé de lumières, en fête; le cœur se serrait.

Mais Tété revenait, avec ses jours ensoleillés et ses nuits étoilées et claires; les prés reverdis se diapraient de pâquerettes et de primevères ; on se promenait gaiement dans les bosqurils remplis de doux gazouillements, sur les grèves que le (lot attiédi léchait d'un léger liséré bliiuc; les amis venaient de France, apportaient avec eux le doux écho du pays, les disciples accouraient s'inspirer au contact du maître. Et c'étaient alors dans Tîle

paisible, du débarcadère des bateaux au rocher de Hautevilie, de joyeuses allées et venues, qui tempéraient les regrets, bannissaient Tennui et chassaient les soucis moroses.

Hautevilie House devenait Tauberge du romantisme littéraire; de jeunes rêveurs, des poètes chevelus, emplissaient la maison grise de leurs déclamations rimées, de leurs illusions, de leurs espé* rances, et les proscrits se sentaient revivre, bercés eux-mêmes de doux espoirs, au sein de ces grandes ferveurs, qui rallumaient en eux le feu sacré et leur inoculaient une nouvelle énergie, une confiance sereine en l'issue finale.

Parmi les jeunes poètes qui fréquentèrent Guernesey durant Texil, aucun n'a laissé de souvenirs plus vivaces chez les insulaires qu'Adolphe Pelleport, chantre inspiré et littérateur de race trop tôt moissonné dans sa fleur. Fervent disciple du maître, Pelleport était la nature la plus extraordinaire qui se pût imaginer, et les prosaïques Guernesiais restaient bouche bée, ahuris et confondus, devant ce poète qui paraissait n'avoir aucune notion du temps ni de l'heure et s'agiter dans un rêve perpétuel.

Lui donnait on rendez-vous pour dix heures du matin, il arrivait à cinq heures du soir, persuadé

qu'il était exact, et toutes les démonstrations du monde ne parvenaient pas à le convaincre de son erreur. Avec cela si bon enfant, si naïf, si doux, qu'il était impossible de se fâcher.

La rédaction de la Gazelle officielle de Gnerneteif, à la tête de laquelle se trouvait alors un Français, M. Henry de Monteyrémard, avait demandé à Pelleport une pièce de vers, et le poèks qui manifestait un grand enthousiasme pour Tile de Sercq, promit d'aller y passer quelques jours et de donner au journal guernesîais la primeur d'une poésie sur cette île enchanteresse. A cette époque, le service entre Guernesey et Sercq était fait par des voî liera qui partaient à des heures irrêguUèrcs, dépendu nt des marées. Au grand désespoir de ses nmïa, Pelleport trouva le moyen de manquer le bateau durant huit jours consécutifs Le navire partait il à six heures du soir, il arrivait sur le quai à quatre heures du matin, interrogeait 1 horizon, se plaignait sans amertume et allait se recoucher; devaitil quitter le port dans la mntincc, Pelleport, distrait et rêvasseur, introuvable, se présentait tout h coup à l'embarcadère à la nuit tombante et semblait stupéfié d'apprendre que le bateau était parti depuis longtemps. De guerre lasse et désespérant d'en venir à bout autrement, on employa la force.

Un jour que le voilier quittait Saint-Pierre-Port dans le milieu de la journée, une stricte surveillance fut organisée dès l'aube autour du domicile de Pelleport, pour Tempêcher de s'esquiver. Une demi-heure avant Theure du départ, quatre matelots firent irruption dans la chambre du poète, qu'ils trouvèrent plongé dans une douce somnolence, le saisirent malgré jérémiades, cris et protestations, rhabillèrent et le portèrent comme un colis à bord du navire, qui démarra tout aussitôt. Les amis de Pelleport, cachés aux abords du quai, virent longtemps sa longue et maigre silhouette se démener sur le pont, avec des gestes furibonds auxquels le capitaine, prévenu, demeurait insensible. Vingt-quatre heures plus tard on ramenait Pelleport, qu'il avait fallu enlever de Sercq, car il y aurait éternellement manqué le bateau pour Guernesey. La Gazette eut sa poésie, et Pelleport ne s'expliqua jamais la noire machination dont il avait été victime : au premier moment il avait cru, disait il, être la proie de forbans et de corsaires, et il avait conçu des craintes sérieuses d'être réduit en esclavage ; mais les bons traitements et les attentions du capitaine l'avaient rassuré, et un dîner délicat et bien arrosé à Sercq achevait bientôt de le mettre en belle humeur et de dissiper ses frayeurs.

Une autre fois, Pelleport était invité à dîner à Hauteville House. Victor Hugo, sacliaiU combien son hôte était distrait, lui avait expressément recommandé de ne pas oublier Theure; on devait se mettre à table à six heures précises. Pelleport avait juré ses grands dieux qu'il ne serait pas en retard d'une minute.

Six heures sonnent, Pelleport n'est pos arrivé. On attend vainement un quart d'heure, puis les convives se mettent à table, pendant qu'titj ami se dévoue pour aller chercher le retardataire. Mais le logis était vide; l'oiseau s'était envole.

Le dîner s'achève sans que Pelleport se montre; la soirée se passe et le poète demeure ton jours invisible. 11 n'était pas loin de minuit ot tout le monde dormait dans Hauteville House fFun profond sommeil, lorsque retentit un vigoureux coup de sonnette bientôt suivi d'un seioiul, puis d'un troisième, jusqu'à ce que des têtes rlïarécs apparaissent aux fenêtres. Dans la nuit noire on distingue à peine, sur le perron, snus un énorme feutre mou, une forme vague env<?tnj>pt^iî dîuis un ample manteau.

(( Qui est là?

— C'est moi, Pelleport. » Stupéfaction générale.

Le nocturne visiteur allait être congédié en

bonne et due forme; mais Victor Hugo intervient, donne Tordre de rallumer les fourneaux, de pré' parer un repas sommaire, et va lui-même ouvrir au noctambule.

Pelleport est radieux.

« Je suis un peu en avance, fait-il avec un sérieux d'un comique achevé, mais j*ai tenu à ne pas manquer de parole. J'attendrai. »

Victor Hugo sait qu'il serait inutile de vouloir détromper Pelleport. H l'introduit, le fait passer à la salle à manger, et Pelleport dévore à belles dents en compagnie du grand poète, qui fait d'héroïques efforts pour réprimer une irrésistible envie de rire.

Pelleport ne s'aperçoit de rien, cause avec une verve endiablée, et ce n'est qu'à quatre heures du matin qu'il se décide à prendre congé de son amphitryon.

Victor Hugo le reconduisit. Gomme ils arrivaient au dehors, l'aube frissonnante teignait de blancheurs laiteuses l'horizon de l'orient.

« Oh! s'écria Pelleport, voilà la lune qui se lève! Quelle nuit magnifique! »

Et serrant avec effusion les mains du maître, il alla se coucher, persuadé qu'il était dix heures du soir.

Un très petit nombre de Guernesiais assistaient aux dîners et aux réceptions de Hauteville House, durant la belle saison. Ils se sentaient un peu perdus et timides dans cette société de beaux esprits parisiens, dont les bons mots et la conversation étincelante étaient pour eux lettre morte. Un moment vint cependant où Ton put croire que les rancunes s'évanouiraient et que Hnuteviile House deviendrait un salon guernesiais.

François- Victor Hugo était fiancé à Amélie de Putron, une jeune fille charmante, d'une des meilleures familles de l'île. La douce fiancée mourut avant d'avoir uni ses destinées à celles du fils du grand poète; celui-ci prononça à ses funérailles un discours ému, dont une partie est gravée sur le monument funèbre élevé à la pauvre enfant, au cimetière du Foulon.

Le désastre de Sedan et la chute de l'Empire purent seuls arracher à Hauteville House le proscrit volontaire qui, refusant l'amnistie, avait écrit : « Quand la liberté rentrera, je rentrerai )>,

Victor Hugo ne revint qu'une seule fois à fïuernesey après sa rentrée en France; il passa dans la maison de l'exil quelques semaines de l'automne de 1878.

L'ombre du poète plane pour jamais sur cette

demeure, devenue un but de pèlerinage pour les touristes de toutes les nations. En dehors des impérissables souvenirs qui s*y rattachent par le long séjour de Victor Hugo, Hauteville House n'offre qu'un intérêt très relatif aux visiteurs. Elle renferme cependant des œuvres d'art d'une grande valeur : faïences de Delft, porcelaines de Chine, meubles en chêne sculpté et en ivoire, admirables tapisseries des Gobelins, lustres splendides, glaces magnifiques. Mais ce n'est ni la salle à manger, avec son « fauteuil de l'ancêtre » qui restait toujours inoccupé à la place d'honneur pendant les repas , ni les salons rouge et bleu , avec leurs tentures enchâssées dans des cadres en chêne et ornées de perles de jais blanc cousues avec du fil d'or, ni la chambre à coucher dite de Garibaldi, parce qu'elle fut préparée pour le fameux patriote italien qui ne mit pas à exécution son projet de venir à Guernesey, qui, dans la visite de Hauteville House, retiennent l'attention et accaparent les regards. Ce qui est gravé dans la mémoire, ce dont ' tous les visiteurs gardent le constant souvenir, c'est sous les combles , une mansarde au toit vitré, avec de larges baies ouvrant sur un panorama étonnant, et dans un coin de ce réduit, fixée au mur, s'abaissant et se relevant à volonté, une

planchette de bois brut peinte en noir : cette mansarde était le cabinet de travail du maître et cette planche est le bureau sur lequel ont été écrits tant de chefs-d'œuvre.

C'est là que Texilé travaillait, loin de tout bruit,

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CABINET DE TRAVArL DE VICTOR HUGO A HAL'TEVILLE HOUSE.

au-dessus et en dehors de toute agitation humaine. Au-dessous de lui des jardins en terrasses, des toits rouges, le port de Saint-Pierre; en face la mer, avec les îles d'Herm, de Jethou, de Sercq, Jersey perdu dans un voile transparent de brume et, tout au fond, derrière Tarchipel, au delà des îles, des îlots, des rochers, des écueils, des bri-

sants, barrant rhorizon, une blanche muraille, vaguement estompée dans le brouillard laiteux, et dorée à Taurore des premiers rayons du soleil levant : les falaises sablonneuses du Cotentin, la Normandie continentale, la France. Tableau ravissant, vraie caresse pour le regard ; pour le proscrit, vision sublime, dans laquelle il puisait du réconfort aux heures de défaillance et d*affaissement.

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