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menses lisières de sable, les désigne sous le nom de “ Ramées-Brion.” Au temps de Denys-—en 1672-—elles ne s'appelaient plus que les îles de la Madeleine ; et alors comme à présent, le seul souvenir gardé par les marins oublieux au temps où Champlain croisait dans ces parages, était le nom de l’île Aubert, que de nos jours les Anglais appellent Amherst tind. nom que les habitants français du groupe se refusent à reconnaître.
Denys assure, dans sa description de l'Amérique septentrionale, qu’il chassa plusieurs fois les Anglais de la Madeleine, ‘“ les Français étant en possession de ces lieux-là de temps immémorial.” Néanmoins, la plus ancienne concession de cet archipel remonte à la date du 16 janvier 1663 ; et en feuilletant le deuxième volume de mémoires des commissaires du Roy, je vois que ce jour-là, un acte a été passé au bureau de la compagnie de la Nouvelle-France, donnant en pleine propriété au sieur Doublet, capitaine de navire, l’île Saint-Jean,—aujourd'hui l’île du Prince Edouard-—ies îles des Oiseaux et celles de Brion, toutes sises dans le golfe Saint-Laurent. Cette concession était faite au capitaine normand ‘“ à condition de n’exercer aucune traite ou négoce avec les sauvages.” Doublet embarqua sur deux navires tout ce qui pouvait servir à la nouvelle colonie ; mais en jetant l'ancre à l’île Percée, on lui apprit que h compagnie de Ja Nouvelle-France avait outre-passé ses droits, et que le sieur Denys, “ gouverneur-lieutenant général pour le Roy et propriétaire de toutes les terresetisles he sont depuis le cap de Campseaux jusqu'au cap des Roziers,” était depuis dix ans en possession du groupe de la Madeleine. Le capitaine Doublet ne se découragea pas pour si
peu. Faisant voile vers ces îles, il y débarqua ses pêcheurs basques et normands, et pendant
deux ans " dirigea, en compagnie de son intenr
dant M. Brevedent, l'exploitation de la pêche ; mais le succès ne répondant pas à ses efforts, La colonie se dispersa.
Que devinrent ces immenses possessions entre les mains de ses héritiers ? L'histoire ne le dit pas. Ce que l’on sait, c'est que le 18 août 1717,
‘le sieur Duchesnay, tout en demandant au Roy
le titre de grand-maître des eaux et forêts, priait Sa Majesté de lui accorder la concession de ces îles, et qu’en 1719, le comte de Saint-Pierre, premier écuyer dela duchesse d'Orléans, formait une compagnie pour exploiter les îles de Saint- Jean, de Miscou et de la Madeleine. “ C'était, dit Grarneau, à l'époque du fameux système de Law.,et il était plus facile de trouver les fonds que de leur conserver la valeur factice que l’engouement des spéculateurs y avait momentanément attachée. Malheureusement, l'intérêt qui avait réuni les associés de la compagnie Saint-Pierre, les divisa ; tous les intéressés voulurent avoir part à la régie, et peu d’entre eux avaient l’ex-
périence de ces entreprises. Onne doit pas en
conséquence être surpris si tout échona. L'ile tomba dans l'oubli, d’où on l'avait momentarément tirée, jusque vers 1749, époque où les Acadiens fuyant le joug anglais, commencèrent à s’y établir.”
Pendant quelques années, ces malheureux proscrits y vécurent sans être molestés : mais anjour, le hasard voulut qu’une frégate anglaise v'ut reconnaître l'archipel de la Madeleine.
El.e portait à son bord le nouveau gouverneur du Canada, lord Dorchester, et était commandée
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