‹ Les îles Saint-Pierre et Miquelon [microforme]Chapitre 9 sur 27 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Commerce avec l'Espagne et la France.

Il est facile de comprendre que, considéré dans son ensemble, le commerce des îles Saint.Pierre et Miquelon consiste surtout dans l'exportation de poisson et l'importation d'approvisionnements pour les bateaux pêcheurs. Les navires engagés dans ce Commerce sont principalement équipés à Saint-Malo, ce port si célèbre de la Bretagne, d’où Daguay-Trouin et plus tard Surcouf sortirent tant de fois pour courir sus à la marine marchande de la Grande-Bretagne. Au départ ils chargent des eaux-de-vie, des lainages, des vêtements, des engins de pêche à l'usage des insulaires de Saint-Pierre et Miquelon. Ils vendent toutes ces marchandises aux négociants de l'archipel,

ou aux pêcheurs en échange de poisson, Tout ce qui est vêtement importé de France dans la colonie est exempt de tout droit de douane.

A propos des eaux-de-vie importées de France à Saint-Pierre, on prétend que les marchands canadiens en achètent de grandes quantités qu'ils introduisent en contrebande dansles petits ports du Saint-Laurent, Cela n’a nullement lieu de nons surprendre. L'action appelle toujours la réaction. Les buveurs canadiens sentent le besoin impérieux de protester énler pocula contre les exagérations des sociétés de tempérance, Ils prétendent que, sous prétexte de moraliser le roi de la création, elles veulent l'obliger absolument, de par la loi, à n'avoir d'autre breuvage que celui qui fait les délices de ce volatile marécageux appelé vulgairement canard. Passe encore, disent-ils, pour les alcoo!s! La proscription se comprend et peut se justifier. Mais on poursuit avec la même rigueur la bière, cette vieille boisson teutonique, et les vins de toute espèce ; ceux-ci probablement parce qu'il a plu à Dieu de ne donner les pampres qu'à ces misérables nations latines qui ne se font pas faute d'en user, sobrement sans doute, mais avec entrain, à la barbe de l'Univers. Enfin ces obstinés disciples de l'intempérance terminent en disant : si nous nous abrutissons journellement avec les alcools, c'est parce qne, grâce aux droits de douane, les vins sont inaccessibles aux petites bourses. Comment s'étonner dès lors que le télégraphe de Montréal dénombre hier 21 ivrognes sur 37 délinquants comparus pardevant le recorder. Mais chaque camp a ses fanatiques, et c’est bien le cas de renouveler, en le changeant uu peu, à propos de certains partisans furi-

bonds de l’abstinence des liqueurs fermentées, le mot fameux prononcé par un ennemi acharné du tabac et dont un jeune écrivain de l'Université Laval nous fait part dans sa promenade sentimentale sur la terrasse Dufferin; j'ai donné à ce jeune homme un verre de vin: six mois après, il était mort,

Un steamer, le “ George Shatluck,” part tontes les semaines de Halifax dans la Nouvelle Ecosse, pour se rend:e à Saint-Pierre, en passant par Sydney (cap Breton) ; on a ainsi une communication assurée avec le continent américain. Cette année, u: autre steamer doit très probablement faire le mér:° service et ajouter aux facilités des relations commer:iales. Enfin le nouveau cable transatlantique français, ierminé à la {in de l’année dernière, rattache directement Saint- Pierre, d’une part à Brest, de l’autre au cap Cod dans les Etats-Unis et enfin par une branche canadienne à Sydney, cap Breton. Ce dernier point se reliant luimême à Saint-Jean de Terre-Neuve, Ia colonie peut ainsi correspondre télégraphiquement avec trois des contrées qui alimentent le plus son commerce 1° la mère-patrie ; 2° le Canada ; 8° Terre-Neuve.

Mais il est une autre puissance européenne qui entretient avec les îles Saint-Pierre et Miquelon un cominerce tout spécial et des plus actifs, je veux dire l'Espagne. Comme représentant de ce pays dans les possessions britanniques et françaises de l’Amérique du Nord, j'ai souvent eu l’occasion de me convaincre de l’utihté de notre vice-consulat aux dites iles (lequel est une des dépendances de mon consulat-général) et de l’importance des intérêts qui y sont engagés. Admirable solidarité établie par la rapidité des commuuications et qui aiteste d’une

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façon saisissante les progrès de la civilisation que quelques esprits atrabilures on des sceptiques blnsés et saperliciels cherchent en vain à nier. Sur ce petit coin de terre, perdu dans les brumes de l'atlantique septentrional, se débattent des intérêts de premier ordre pour plusieurs des grands pays au monde, et des navires partis de Brest, de Cadix, d'Halifax, de Saint-Jean de Terre-Neuve viennent y converger pour faire éclater dans tonte sa puissance la grande loi du monde moderne, le travail.

L'Espagne importe à Saint-Pierre et Miquelon de grandes quantités de sel. Ponr faire apprécier lnportance des transactious auxquelles peut donner lieu ce produit modeste, mais indispensable de la nature, j'aurai encore une fois recours à ma fidèle auxiliaire, la statistiqne. Dans la campagne de péche de 1879, les îles Saint-Pierre et Miquelon ont reçu quinze mille tonneaux de sel. Là dessus Cadix en à fourni directement treize mille. Je dis directement, car quinze cents tonneaux, venant de Saint-Malo et de Granville, provenaient en grande partie du surplus de la campagne de pêche précédente et d’importations de Cadix en France. A l'exception de 700 tonneaux venont de Marseille, Cette, Port de Bouc, en France, et de Setuval, ville forte de Portugal, tont le sel employé à Saint-Pierre et Miquelon, pendant l'année 1879, pro: venait done d’Espagne. Ajoutons que le sel de cette contrée est aussi celui qu'on préfère pour les salaisons de poisson, parce que celui qui vient des localités susmentionnées a trop de mordant pour la morue. Les établissements français des côtes ouest et est de Terre-Neuve en consomment une quantité presqu'aussi considérable. Le fret, pour le transport du

sel d'Espagne sur les côtes de Terre Neuve, est de 25 à 30 francs par tonneau ; ce qui fait qu'il est vendu sur place à raison de 45 à 50 trancs pour les livraisons de 29 à 50 tonneaux, et un peu au-dessous de 45 pour un chargement entier, En considérant 89,000 comme le maximum du nombre de tonneaux transportés dans les pêcheries françaises de Saint-Pierre et Miquelon et de Terre-Neuve, et en prenant 45 francs pour le prix moyen, on voit que le commerce de sel à lui tont seul produit annuellement une valeur de 1,350,000 francs,

c’est-à-dire plus de 250,000 dollars.

Puisque nous en sommes sur ce chapitre du sel, j'ai pensé, Messieurs, que vous ne seritz pas fachés d’ap-

prendre des détails que quelq'ies-":

de vous igno-

rent peut-être (car 1l est impossible de tout savoir), sur les usages et la cueillette du sei qui bien ane produit par la nature, pent s'accumuler sous la main de

l'homme.

Et a ce propos, permettez-moi une petite digression philosophique bien sentie, pour laquelle vous ne me

garderez pas rancune je l'espère.

Presque tout ce

qui existe sur terre est soumis à notre empire, excepté les mouches, le phylloxera, les polaloes bugs et autres insectes dont l’énumération serait trop longue, et l’on peut dire que l’homme arrive toujours à des résultats certains, palpables, qui élèvent à la fois son bien-être matériel et sa moralité, lorsqu’au lieu de se perdre dans les divagations de la métaphysique, lorsqu’an heu de nager éternellement dans les eaux trompeuses de l'idéal, lorsqu’au lieu de s’obstiner à pénétrer dans l'impénétrable infini et à soulever un coin dn voile de

sa destinée, muette comme l'Isis egyptienne, il se con-

tente d'appliquer ses puissantes ficu!tés à la nature et de les manifester par l’action.

IT Le sel—Ses usages— Marais salants.

Je ne vous parlerai point ici, Mesdames et Messieurs, des usages culinaires du sel. Dans un sujet aussi piquant, il fant être sobre de détails. Tonte bonne ménagère sait qu'une soupe qui n'est pas assez salée peut faire naître des orages domestiques. Elle n'ignore pas non plus l'utilité de ce condiment indispnsable pour la conservation des substances alimentaires. Je ne veux pas m’étendre sur les applications industrielles du sel qui sert à fabriquer la soude artificielle, à préparer le chlore et le sel amimoniac, à vernir certaines terres cuites. Dieu me garde aussi de vous plonger dans les ténèbres du passé, pour vous faire apprécier l'emploi du sel dans le culte. Chez les juifs, chez les paiens, on s'en servait dans les sacrilices pour purifier et consacrer la victine. L'eau lustrale était salée, comme l'est encore l’ean bénite de nos jours, ce qui prouve bien, comme disait le bon roi Salomon à ses nombreuses épouses, qu'il n’est rien de nouveau sous le soleil, Enfin je ne m'arréterai pas davantage sur les’ ayréments que répand dans la conversation une langue un peu salée. Mais il est un sujet de la plus hante importance pour ce pays même,

— A4 vus

que je ne puis laisser passer sans vous en dire quelques mots; je veux parler du rôle du seldans lagricuiture. Mélangé avec une certaine proportion de suis, il opère comme un ainendement sur les terres arables et excite la fertilité de celles qui sont incultes, Il présente un remède efficace contre la carie, Mêlé aux semences, il les préserve des attaques des insectes, Il favorise la végétation des graines huileuses et en particulier du lin,--de ce lin qui sert à fabriquer quelques uns de ces fins tissus qui couvrent les épaules des dames et même celles du sexe laid,de ce lin, dis-je, qui sert à confectionner tant de cataplasmes émollients, suprême ressource du médecin à bout de prescription. Le sel angmente aussi le produit des pâturages et des prairies ; il améliore la qualité du foin, rend les fourrages grossiers plus nourrissants et les aliments humides moins nuisibles aux bêtes à corne et aux chevaux. Je croirais vous faire injure si je vous disris qu'il préserve les bestiaux des maladies, rend leur chair beaucoup plus agréable, et augmente la quantité du lait chez les vaches et les chèvres, Mais il est une vérité rarissime sur laquelle on n’a peut-être jamais appelé votre attention, c’est que le sel employé comme amendement peut modifier le ciimat. Vous êtes surpris peut-être, O1, oyez et écoutez ce que je vais vous dite. Il dépend de vous, habitants du Canada, d'élever la température de vos rives et d’accourcir ves hivers. Non point que je vous promette ie ciel de l'Andalousie. Les effets du chlorure de sodium ne vont point jusque là. Mais sérieusement parlant, vous pourriez rendre la froidure un peu moins âpre dans votre bonne ville de Québec, et voici comment. Il est des sols qui absorbent le sel et qui sont échanffes

par cette substance. Mais il en est d'antres qui ne

l’absorbent pas complétement ; le sel, entrainé par les eaux de pluie, va se mêler aux flots tumultueux des rivières et aux paisibles ondes des lacs, et au bout d’un certain nombre d'années, lorsqu'il est en assez grande quantité, il empêche ou retarde la congélation de l'élément liquide. Or avouez que toutes ces surfaces aqueuses solidifiées par les frimas et qui émaillent la province de Québec, sont de fameuses slacières qui ne contribuent pas peu à faire descendre le thermomètre à 409 au-dessous de zéro,

Remarquez que je me contente simplement de vous suggérer une idée, Je ne veux point la mettre moiméme à exécution Je connais des Canadiens féroces, vrais enfants du pays, qui m'en voudraient profondinent, si je faisais votre hiver plus court, Ils jettent les hauts cris, lorsque cette aimable saison ne commence que le 20 novembre. Jugez des sentiments dont ils seraient animés à l'égard d'un étranger qui le ferait commencer un mois plus tard, It puis que diraient les ours et les marchands de fourrures,

Le sel, comme vous le savez, est très répandu dans la nature, soit en couches plus ou moins considérables dans Le sein de la terre (ce qu'on appelle le sel emme) soit en dissolution dans les eaux de la mer, de certains lacs et de certaines fontaines, in Espagne l’Aragon et la Catalogne renferment des gisements considéra. bles de sel gemine, L'eau de la mer contient environ 8 070 de sel marin qu'on en retire en exposant l’eau à l'évaporation dans de vastes bassins creusés sur les hords de la mer, et qu'on appelle marais salants. En général, ils se composent : 19 d'un vaste réservoir dit

Re

jas, placé en avant des marais proprement dits, plus profond qu'eux : t communiquant avec la mer par un canal fermé d’une écluse, On le remplit à marée haute. Il est destiné à conserver l'eau, afin qu’elle y dépose ses impuretés, et à remplacer l’eau des autres bassins à mesure qu’elle s’évapore ; 2° du marais proprement. dit ou sa/in, situé derrière le jas et divisé en une mutitude de compartiments séparés par de petites chaussées, destinées à multiplier les surfaces pour augmenter l'évaporation, et à recevoir des eaux de plus en plus concentrées; ces compartiments communiquent entre eux, mais de manière que l’eau n'arrive d’une case à une autre qu'après avoir parcouru une longue suite de canaux.

On juge que le sel va bientôt cristalliser quand l’eau commence à rougir; elle se couvre peu après d’une pellicule de sel qui coule au fond. On retire le sel sur les petites chaussés qui séparent les cases, et là il commence à s’égoutter, On répète cette récolte deux ou trois fois par semaine, depuis le mois de mai jusqu’au mois d'octobre.

Tels sont les quelques détails que je tenais à vous donner sur le sel, Puissent-ils vous être légers. Vous voyez que cette subtance représente la vie d’un grand nombre d'hommes, et comme mes compatriotes y figurent pour une proportion très notable, je ne puis que vous engager à bonifier vos terrains (si vous en avez) avec le sel d'Espagne, à en administrer avec ardeur à vos troupeaux, et de plus, si la charité n’est pas pour vous un vain mot, à renverser... le plus de salières possible,

en 07 JIL

Commerce avec le Canada et avec Terre-Neuve.

C'est ici que la longanimité de mes auditeurs va être mise à une rude épreuve, car ce chapitre, ainsi que le suivant, va être un formidable pandemonium voué aux mauvais esprits du calcul et la statistique, cette misérable pieuvre enfantée par la civilisation moderne, va nous environner de ses redoutables tentacules qui sucent jusqu’à épuisement la patience de l'auditoire.

Comme je veux procéder du général au particulier, je vais d’abord donner le montant total de la valeur des exportations du Canada et de Terre-Neuve à Saint-Pierre et Miquelon et vice-versà, pour les années 1874, 1875, 1876, 1877, 1878. Je vais donc vous présenter deux tableaux:

Exportations du Canada et de Terre-Neuve à Saint-

Pierre et Miquelon.

Années. Canada. | Terre-Neuve. Totaux.

me | mme emmmnemese © ess | mme. 0

Totaux | 848,246 45,242 893,488

NT | ven

Si nous prenons la moyenne, nous tronvons que le Canada exporte annuellement pour une valeur de $168,555 à Saint-Pierre et Miquelon, et Terre-Neuve pour une valeur de 4,814,

D'autre part, l'examen du tableau qui précède nous montre qu'il y a des écurts assez considérables entre les chiffres des différentes années, Ainsi entre 1874 et 1875, il y a une différence de plus de $38,000 à l'actif de cette dernière en ce qui concerne le Canada, mais ce chiffre redescend dans les années suivantes,

Cependant la partie du tableau qui concerne Terre- Neuve semble accuser une augmentation notable du mouvement commercial entre cette île et Saint-Pierre et Miquelon. Permettez-moi maintenant de vous présenter mon second tableau :

Exportations de Saint. Pierre et Miquelon au Canada el à Terre-Neuve.

Années. Canada. Terre-Neuve. Totaux.

Totaux … 49,071 101,514 150,585 *

* Ala fin de l’ouvrt ;e on trouvera, comme appendices, des tableaux dé-

On peut appliquer à ce tableau à peu près les mêmes remarques qu'au précédent, Il y a de grands écarts dans les nombres qui concernent le Canada, et une certaine augmentation dans ceux qui concernent Terre-Neuve, Si nous prenons la moyenne, nous trouvons que le Canada reçoit de Saint-Pierre et Miquelon $9,814 par an, et Terre-Neuve pour une valeur de #20,-

)2, Enfin, si nous additionnons les valeurs totales des exportations du petit archipel aux deux pays qui l’avoisinent, nous trouvons pour les 5 années un mouvement total de $1,046,948, chiffre assurément très respectable, se décomposant en $900,192 pour le Canada et $146,756 pour Terre-Neuve,

Je ne puis, Mesdames et Messieurs, que vous féli. citer du sang-froid avec lequel vous avez reçu le choc des premicrs tableaux, mais il me reste à vous en présenter d'outres pour la réception desquels je fais appel à tout votre courage,

Si donc nous considérons maintenant les marchandises exportées du Canada à Saint-Pierre et Miquelon pendant les années 1874-79 (je n'ai pu me procurer que tout récemment les renseignements relatifs à cette dernière année en ce qui concerne le Canada), si nous les considérons, dis-je, au point de vue de leur provenance, nous obtiendrons Le tableau suivant dont

taillés du commerce des tles Saint-Pierre et Miquelon avec le Canada et Terre-Neuve ; tableaux que j'ai spécialement composés pour la circonstance,

mn 0

je me contenterai, pour ne pas vous faire tomber en syncope, de vous lire les totaux:

Valeur Provenance | Provenance Années. ds Mere ti. canadienne. | étrangère.

Si nous considérons enfin les articles de provenance et manufacture canadiennes exportés aux îles Saint- Pierre et Miquelon relativement à leur nature, nous

# Comme on a pu s'en apercevoir par les commentaires qui.accompagnent. les divers tableaux, chaque fois qu’il est question de valeur, elle est expriwée on dollars. |

921198 | 199 | 688‘SLT| SFS'‘F8G | LPT'IZG | GOT'EIT | SOSTI | FITSS j''xUVIOL

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Si nous analysons le tableau qui précède, et que nous représentions chaque produit en particulier par une fraction de l'unité, nous aurons à peu de chose près la série suivante :

Produits agricoles ....... ....... ssossssoee ATMAUR liiissserrsnrennrrernns etes Produits manufacturés...

Produits forestiers... sesosoose vsossene Produits des MINES... ss. cossese 15

cs Gi inf ma coms

Si on réduit cette série en même dénominateur, on arrive à une fraction qui se rapproche beaucoup de l'unité. J'ai négligé les produits des pècheries et les articles divers qui donnent des chiffres peu considérables.

D'autre part, si l’on examine les séries de chaque espèce de produits, on est amené à constater une augmentation considérable dans l’exportation des produits manufacturés, mais une grande diminution dans celle des produits agricoles, Pour les animaux, le marché est ferme, tandis que l’exportation des produits forestiers et des produits des mines est en baisse.

Quant aux articles de provenance étrangère, je n’ai pas voulu surcharger ce chapitre déjà bourré de chiffres et entrer dans le détail de leur nature. Qu'il me suffise de vous dire que ces exportations consistent principalement en produits manufacturés, et en une certaine proportion de produits agricoles et d’animaux, Les exportations de Saint-Pierre et Miquelon au Canada comprennent principalement les articles suivants: spiritueux, vins, thés, sucres et mélasses,

tabacs, cables et étoupes, fourrures et peaux, grains et farine de blé, et quelquefois une assez forte proportion de poissons marinés, harengs, homards, etc.

Il me reste maintenant à parler du commerce avec Terre-Neuve. Il se réduit à un petit nombre d'’articles, et je vais être aussi bref que possible. Saint- Pierre et Miquelon exportent à Terre-Neuve principalement des homards conservés, pour ies faire mettre en boîte, je suppose. Les articles qui vont de Terre- Neuve à Saint-Pierre et Miquelon, consistent en farine, porc, mélasses, cuirs, cordages, étoffes de laine, de coton et de soie, beurre, thé, enfin tout ce qui peut contribuer à entretenir les équipages pécheurs ; quelquefois du poisson mariné, quelquefois des pommes de terre, de la quincaillerie et de la vaisselle, etc., etc.

Nature et valeur des produits exportés à Saint-Pierre et Miquelon par chaque province du Canada, notamment par celle de Québec.

La fatalité m'oblige à poursuivre cette matière ingrate. Que ne puis-je, en cette circonstance, être aussi laconique que ces deux quakers légendaires, de nationalité britannique, cela va de soi, dont l’un résidait à Philadelphie et l’autre à Londres. Le premier voulant savoir s’il y avait quelque chose de

UN pes nouveau dans la capitale de la Grande-Bretagne, adressa la lettre suivante à son ami:

Phil. Jan. 2, 1885 “ Friend, ?

Signé, Job. K

Le point d'interrogation placé au milieu de la page exprimait toute la demande,

Le quaker de Londres, n’ayant rien à mander à son correspondant, ne voulut pas être en reste de laconisme avec lui, et lui répondit :

London, Februa, 26, 1835.

Signé, Thom Wol.

Le zéro composait toute la réponse. Malheureusement, il m'est interdit d’en faire autant avec la statistique. C’est une science rigide comme une bellemère, et qu'il est impossible de traiter par-dessous la jambe.

En reprenant les nombres donnés dans le chapitre précédent pour les exportations du Canada à Saint- Pierre et Miquelon, si nous énumérons les valeurs des produits exportés par chaque province pendant

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tableau suivant

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