‹ Les illusions du progrèsChapitre 6 sur 27 · D EE · texte numérisé non relu

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dans le langage ordinaire et, ce qui est décisif, les femmes s’en emparent comme d’une cocarde » (1). En signant ses livres du titre de « citoyen de Genève », Rousseau avait probablement voulu faire remarquer à ses lecteurs français qu’il appartenait à la première classe des Genevois et qu’étant ainsi apte à exercer les premières magistratures (2), il marchait, dans son pays, de pair avec la noblesse; mais il était artisan comme le plus grand nombre des citoyens de Genève et il a célébré, avec beaucoup de conviction passionnée, l’éminente dignité des artisans. Je crois qu’il faut, en conséquence, traduire le mot citoyen par: homme ayant droit au respect de tous en raison du travail productif dont il fait bénéficier son pays.

Il n’est pas inutile à ce propos de se référer au mémoire de Turgot sur les municipalités; l’auteur appelle « un citoyen entier: un franc tenancier, un homme à qui l’on peut donner, ou plutôt chez qui l’on doit reconnaître le droit éminent de cité, celui qui posséderait une propriété foncière dont le revenu

(4) TAINE, 0D. Cit., p. 386. Le mot énergie est dans une lettre de 1779 et le mot citoyenne dans une lettre de 1762.

(2) Il y avait cinq classes à Genève: les citoyens électeurs éligibles; les bourgeois non éligibles, mais dont les enfants nés à Genève devenaient citoyens; les habitants, les natifs et les sujets. D'après la septième lettre écrite de la Montagne, l'Assemblée générale n'avait jamais compris plus de 1.500 citoyens et bourgeois, pour une population de 20.000 âmes. — On a remarqué que Rousseau a fait preuve de sentiments passablement aristocratiques, en ne demandant pas l'égalité des droits entre tous les Génevois (J. Vuy, Origine des idées politiques de Rousseau, pp. 145-146).

suffirait à l’entretien d’une famille; car celui-là est

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