DES VERTUS, DES VISIONS DU P. DE BRÉBEUF
Nous devons parler maintenant des vertus, de la sainteté et des trésors de grâces dont Dieu avait enrichi celui qu’il avait choisi pour être le premier apôtre des Hurons. Les faveurs que le Tout-Puissant accorda à son apostolat furent telles que lui qui, en mettant le premier le pied sur la terre huronne, n'avait pas trouvé un seul sauvage invoquant le nom de Dieu, eut la consolation, avant de mourir, de voir près de sept mille sauvages baptisés et la croix de Jésus arborée partout avec gloire.
‘ures du rit plus usqu'au
rent reet sept e-Marie.
: tant de otion si it à ces er semx d’être râce de de leur
ÉBEUF.
ertus, de ont Dieu jour être eurs que t furent r le pied 6 un seul
Parmi les grâces que Dieu accorda au P. de Brébeuf, nous devons signaler de fréquentes apparitions de Notre-Seigneur, quelquefois resplendissant de gloire, le plus souvent portant sa croix, ou y étant attaché. Notre-Dame apparut aussi souvent au bon père, laissant dans son âme des désirs de souffrir, et une très grande soumission aux volontés de Dieu.
Le père parle ainsi dans ses mémoires de certaines apparitions :
“ Quantité de croix me sont apparues que jembrassais toutes très volontiers. Une nuit, étant en oraison, me conformant aux volontés de Dieu sur moi et lui disant: Fiat voluntas tua ; Domine, quid me vis facere ? J'ai entendu une voix qui m'a dit: Tolle, Lee. Le jour étant venu, j'ai pris en main le petit livre de l’Imitation de Jésus-Christ, et sans dessein, je suis tombé sur le chapitre De regia via sanctæ crucis. Depuis ce temps-là j'ai dars mon âme une grande paix et un grand repos dans les occasions de souffrir.
“ Sur le soir, étant en oraison devant le T.-S. Sacrement, j'ai vu en esprit sur mes habits et sur les habits de tous nos Pères des taches toutes de sang, ce qui m'a laissé dans un sentiment d’admiration.”
Le Sauveur donna souvent à connaître au P. de Brébeuf qu’il tenait les pères jésuites sous sa puissante protection et qu'il les défendrait contre les puissances de l'enfer.
Le révérend père avait une inébranlable confiance en Dieu ; il la puisait dans l’oraison dans laquelle il était si élevé qu'un seul mot donnait à son cœur des entretiens dans lesquels il savourait les éternelles vérités de la foi, s'y tenant attaché avec repos, avec amour, avec joie.
Le P. de Brébeuf avait un excellent jugement, et une excessive prudence. Par humilité, il avait demandé à être frère coadjuteur, s’estimant indigne du sacerdoce et propre seulement aux services les plus humbles ; il était cependant capable de grandes choses, comme il le montra lorsqu'il fut supérieur d’une Mission. Dans ce poste apparurent sa douceur qui gagnait tous les cœurs, son courage héroïque, sa longanimité à attendre les moments de Dieu, sa patience à tout souffrir et son zèle à tout entreprendre pour la gloire de Dieu.
Aux souffrances inséparables des emplois qu'il remplit dans les Missions, et dans les voyages, le père ajoutait quantité de mortifications volontaires : disciplines, jeünes fréquents, cilices, veilles prolongées.
La douceur était chez lui la vertu qui surpassait toutes les autres. Dans quelque situation qu'il se trouvât, quelques affaires qu'il eut à traiter, quelques calomnies qu'il eut à supporter, quelques persécutions qu'il eut à souffrir, jamais il ne se mit en colère ; jamais même il ne montra l'apparence de quelque indigna-
dt pi
OO On
Tr
‘anlable ’oraison ul mot lesquels foi, s'y lr, avec
œement, ,ilavait nant inent aux pendant montra Dans ce ait tous ranimité itience à prendre
lois qu'il voyages, ions vok cilices,
| sUrpassituation il eut à
indigna-
tion. Loin de ralentir son zèle, cette douceur ne faisait que l’enflammer, et était un des moyens les plus puissants que Dieu lui avait donné pour gagner les cœurs.
Sa pauvreté était si extrême qu’il n’avait pas une seule médaille, ni quoi que ce soit en ce monde, dont il voulüt avoir l’usage. Sa chasteté était à l'épreuve de tout ; ses yeux étaient, en cette matière, “ si fidèles à son cœur qu'ils n'avaient point de vue pour les objets qui eussent pu endommager la pureté.”
Du reste pour bien connaitre ce saint apôtre, rien de mieux que de lire ce qu'il dit de luimême, plus de quinze ans avant sa mort.
‘“ Je sens en moi un grand désir de mourir ‘ vour jouir de Dieu ; je sensune grande aversion “ de toutes les choses créées qu’il faudra quitter “ à la mort. C’est en Dieu seul que repose mon “ cœur, et hors de lui tout ne m'est rien, sinon “ pour lui. ”