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mis à mort ne rebutaient pas les soldats de la très sainte Vierge, car “ils avaient la confiance que, s'ils mouraient dans l'exercice de cet emploi, elle porterait leur âme en paradis. ”
M. de Maisonneuve avait un grand amour pour la pauvreté, et cet amour fermait la porte de son cœur à tout désir de posséder des biens périssables. Sauf les circonstances où il devait paraître comme gouverneur, il était vêtu ainsi que le plus simple colon, avec des vêtements de serge grise taillés à la mode du pays. Sa sobriété était extrême, et il n'avait pour le servir qu’un seul domestique. Son esprit de mortification était tel que, non content d'observer scrupuleusement tous les jeûnes prescrits par l'Eglise, il s’en imposait souvent d’autres quoique sa santé en fut très altérée.
M. de Maisonneuve avait fait vœu perpétuel de chasteté sur le conseil que Iui en avait donné la sœur Bourgeoys. Dès qu'il eut fait ce vœu, les peines d'esprit qui l'avaient fréquemment assailli cessèrent complètement, le laissant dans un grand calme et une grande placidité.
En apparence homme du monde, il était en réalité un vrai religieux dont il possédait toutes les vertus, et surtout une telle humilité qu'il acceptait toutes les disgrâces, le mauvais vouloir des hommes et leurs mauvais procédis, non seulement avec résignation, mais même avec joie, en les offrant à Dieu et en espérant y trouver des mérites pour gagner le ciel.
C’est par suite de cette humilité et de l’affection qu'il portait à Villemarie dont il comprenait toute l'importance stratégique, que M. de Maisonneuve refusa, vers 1647, la place de gouverneur général de la Nouvelle-France, en remplacement de M. de Montmagny. A son retour de France, M. de Maisonneuve annonça à M.
d’Ailleboust que l’on voulait rappeler M. de Montmagny ; il lui dit de partir pour la France et qu’il en reviendrait gouverneur général. Mais ce bon chrétien était bien trop humbie pour dire qu'on lui avait offert à lui-même cette haute charge et “ qu’il l'avait refusée par une sagesse qui sera mieux reconnue en l'autre monde qu’en celui-ci. ”