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mettent promptement l'épée à la main et les obligent à prendre la fuite. Ils les poursuivent jusqu’au fleuve Saint-Laurent où les Iroquois entrèrent précipitamment dans l’eau et s’y plongèrent jusqu'au cou pour se sauver. Puis ces seize colons victorieux ramenèrent dans le fort, à la vue des sauvages tremblants, les quatre soldats de la redoute.”
Dans l'été de 1652, Melle Mance, anxieuse de savoir des nouvelles de M. de Maisonneuve alors en France, voulut se rendre à Québec ; elle pria Lambert Closse de l’accompagner jusqu'aux Trois-Rivières “ afin de lui faciliter le voyage.” Pendant qu'il était avec elle dans cette ville, des sauvages, venant de Montréal, annoncèrent que les Iroquois se montraient plus terribles et plus agressifs que jamais. L'épouvante régnait daus la place et les habitants ne savaient que devenir. Ayant entendu ces mauvaises nouvelles, le major Closse laissa Melle Mance et remonta au plus vite à Montréal, où son retour fit renaître la confiance, tant on faisait fond sur sa bravoure et &cn sang-froid.
À son arrivée le brave Major fut récréé et affligé en même temps par une histoire bien plaisante.
Une femme de vertu qu'on nommait la bonne femme Primot, Martine Messier, femme d'Antoine Primot, fut attaquée, le 29 juillet 1652, par trois Iroquois qui s'étaient cachés pour la massacrer. Ils n'étaient qu’à deux
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portées de fusil du fort lorsqu'ils l’assaillirent. La brave femme pousse un grand cri, et à ce cri trois bandes d’Iroquois qui étaient en embuscade, se lèvent et paraissent en armes. Les trois premiers Iroquois se jetèrent sur elle pour la tuer à coups de haches ; Martine Primot se défend comme une lionne, bien que n'ayant pour seule” armes que ses mains et ses pieds. Au troisième coup de hache, elle tombe à terre, comme morte ; alors un des Iroquois se jette sur elle pour la scalper et emporter sa chevelure comme trophée. Mais cette vaillante femme, se sentant ainsi saisir, reprend tout à coup ses sens, se relève plus furieuse et plus courageuse encore, et saisit son assassin avec tant de force par un endroit très sensible qu'il ne peut se dégager de ses mains. Il lui donnait toujours des coups de hache sur ia tête, et toujours elle le tenait avec autant de force. Elle s’évanouit enfin une seconde fois, et donne ainsi à l’Iroquois la liberté de s'enfuir. (C'était la seule chose à laquelle il pensait à ce moment, car il était sur le point d'être enveloppé par des colons qui accouraient au secours de la bonne femme Primot.
Les Français, dès qu'ils furent près d'elle, la trouvèrent baignée dans son sang et l’aidèrent à se relever ; l’un d'eux, touché de compassion pour ses souffrances, l’embrassa. Mais cette femme, aussi vertueuse que courageuse, revenant à elle, et se sentant embrassée, appliqua
un vigoureux soufflet à ce charitable auxiliaire, qui n'avait cependant que les intentions les plus pures.
‘“ Que faites-vous, dirent à Martine Primot les autres Français ? Cet homme vous témoigne son amitié sans penser à mal, pourquoi le frappez-vous ? ” —" Parmenda, répondit-elle en son patois, je croyais qu’il voulait me baiser.” Le courage et la vertu de cette femme ont inspiré à M. Dollier de Casson les réflexions suivantes : “ C’est une chose étonnante que les profondes racines que jette la vertu dans un cœur. L'âme de cette héroïne était prête à sortir de son corps, son sang avait quitté ses veines et la vertu de pureté était encore inébranlable en son cœur. Dieu bénisse Le noble exemple que, dans cette occasion, cette bonne personne a donné à tout le monde pour la conservation de cette vertu. Mme Primot, ajoutet-il, est encore vivante, et on l'appelle communément Parmenda, à cause de ce soufflei qui surprit tellement un chacun que ce nom lui est resté.”