‹ Les ilots d'amourChapitre 7 sur 50 · L'ECOLE MILITAIRE · texte numérisé non relu

L'ECOLE MILITAIRE

Partout où Mars élit domicile, il y a une place d'honneur pour Vénus. Il n'en va pas autrement dans ce Paris militaire qui s'étend des Invalides à Grenelle. Les femmes n'y sont pas moins hiérarchisées que les hommes. On en trouve de toutes les catégories, depuis les cocottes élégantes, toujours en grande tenue, qui occupent les loisirs de MM. les officiers,. jusqu'aux Marie-mange-mon-prét destinées au court bonheur des pousse-cailloux et qui ne se montrent guère que revêtues d'effets numéro 3.

De même qu'on arrive par le rang, par Saint-Maixent ou par Saint-Cyr, les maîtresses d'officiers proviennent ici de trois origines : les unes sont natives du quartier

et y possèdent un chez soi, les autres sont des provinciales déracinées de quelque précédente garnison, les troisièmes ont émigré d'un autre îlot d'amour parisien, en vue d'une idylle plus ou moins longue et qui peut se réduire à une heure. Attachonsnous aux premières, ce qui, espérons-le, ne nous mènera pas trop loin.

Elles ont reçu profondément l'influence du milieu. Leurs habitudes sont réglées comme par un tableau de service. Elles se lèvent et se couchent à heure fixe, bien que ce ne soit pas toujours avec les mêmes hommes. Leur appartement offre la propreté et l'ordre d'un bâtiment militaire. Leur garde-robe est tenue avec le même soin qu'un magasin de compagnie. Rien à reprendre dans leur mise. Il ne manque pas un bouton de guêtre. Elles vont aux mêmes heures aux mêmes brasseries avoisinant la grille devant laquelle un cuirassier monte la garde : la Bière brune, Gangloff, l'Européenne, le Vingtième siècle. Le sentiment de l'ancienneté est profondément ancré chez elles. Elles exigent des débu-

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