‹ Les impossibilités de la radiographie du poumon: Leur correction par la tomographieChapitre 11 sur 30 · I. TOMOGRAPHIE ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

I. TOMOGRAPHIE ET DIAGNOSTIC

Un film radiographique reproduit sur un plan toutes les images normales ou pathologiques qui se trouvent dans le cône dirradiation des rayons X. Or, notre cage thoracique, dont l’épaisseur est de 18 à 22 centimètres en moyenne, comprend théoriquement une infinité de plans et comporte, dans la pratique habituelle des tuberculeux pulmonaires, un certain nombre de lésions juxtaposées d’avant en arrière. Ces lésions peuvent être de texture très différente; ici une perte de substance, là une infiltration, là des nodules, là une bande de sclérose. Ces lésions se recouvrent l’une l’autre et l’aspect du film plan donne la somme de ces différentes images. Le résultat est que certaines lésions peuvent être totalement masquées par d’autres, ou bien que l’ensemble des images forme une synthèse n’ayant aucun rapport avec l’image de chacune des lésions prise isolément. Il faut ajouter, comme l’écrivait P. AMEUILLE, que des lésions placées à des plans différents dans l'épaisseur du thorax, mais rapprochées dans le sens de sa largeur, seront projetées sur le film en état de juxtaposition, alors que’lles sont distinctes, Quand on sait que chez un tuberculeux pulmonaire on est en présence rarement d'une lésion simple, beaucoup plus souvent d’une

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lésion complexe fréquemment remaniée par des poussées successives, rarement d’une altération 4ânatomique d’une seule nature, beaucoup plus souvent d’un mélange de réactions tissulaires diverses, on comprend facilement qu’une image des sommations n’aboutisse qu’à des ombres brouillées dont l’interprétation est difficile.

La lecture du film se heurte encore, comme lécrivait Etienne BERNARD, à la superposition des ombres normales, Le gril costal, à lui seul, recouvre les deux tiers de la superficie du thorax. L’opacité des côtes, plus intense que celle des lésions pathologiques, peut nous masquer ces dernières. Que dire des entrecroisements de côtes où cette opacité est doublée ? Que dire de cette région appelée par G. MainGor, Etienne BERNARD et J. WEIL : « Le carrefour bicosto-claviculaire », où cette opacité est triplée ?

Une lésion est pratiquement invisible quand elle siège au niveau de la gouttière costo-vertébrale où tout se fond dans l’obscurité de la masse du tissu osseux, doublée de l’obscurité de la masse du cœur et du médiastin, quand elle siège dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique où elle est masquée par l’obscurité abdominale due au foie en particulier, quand elle siège à la partie interne de la base gauche où l’ombre cardiaque supplante les ombres du parenchyme pulmonaire.

Il est encore un point où la radiographie doit connaitre ses limites. Une lésion n’est visible que par contraste. On sait qu’une lésion très petite reste en deçà du seuil d'impression radiologique. Maïs une lésion d’un volume relativement considérable peut passer inaperçue. Il en est ainsi quand, s’agissant d’une caverne ou d’un kyste par exemple, la paroï qui en forme les limites est réduite à une minime condensation de tissu et ne se transmet plus que comme un fin lineament qui peut être indéchiffrable sur le film car la masse du tissu pulmonaire environnant étouffe son inscription.

La tomographie ne connaît pas la plupart de ces inconvénients.

Radiologiquement, parmi les aspects multiples que

peut présenter la tuberculose pulmonaire, nous pouvons distinguer : Les lésions ganglionnaires, les lésions nodulaires, les lésions infiltrées, les lésions excavées.

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