‹ Les impossibilités de la radiographie du poumon: Leur correction par la tomographieChapitre 24 sur 30 · AGE · texte numérisé non relu

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est, en définitive, une synthèse d’ombres où les contours des kystes chevauchent les uns sur les autres.

Ainsi, dans certaines régions, au lieu d’avoir un | « tissu de kystes » (il en serait ainsi s’ils étaient tous sur un même plan), on aura une opacité diffuse non homogène sillonnée d'images à tendance circulaire, souvent à l’état d’ébauches et difficiles à interpréter.

Le lipiodo-diagnostic peut être un appoint, avec toutefois deux réserves : Certains de ces kystes ne sont pas perméables; les kystes lipiodolés chevauchent aussi les uns sur les autres et leur isolement respectif n’est pas toujours possible.

Pour toutes ces raisons, le diagnostic de la maladie kystique du poumon était destinée à bénéficier d’une façon particulière de la tomographie.

La méthode en coupe permettra d'obtenir, soit dans le sens frontal, soit dans le sens transversal, des radiographies du thorax plan par plan, en coupes minces, libérées du squelette osseux qui masque souvent le fin linéament de la paroi des kystes et libérées aussi des images kystiques superposées qui intriquent leurs contours et brouillent de ce fait leur aspect circulaire révélateur. Et. BERNARD et Mc DouGaLL ont rapporté le cas d’un malade qui présentait à la base du poumon droit une image claire dont le diagnostic était incertain sur un film ordinaire et qui apparaissait comme un kyste sur des tomogrammes pris en série.

TROISIER, BARIETY et HAUTEFEUILLE ont rapporté un cas où les kystes s’effaçaient en dehors de la période de suppuration et purent alors être mis en évidence Se Honent par des tomogrammes, ce qui contredit l'opinion de certains auteurs, à savoir que l’image d’un kyste reste toujours identique à elle-même sur des films tirés à intervalles éloignés. Il faut aussi réserver

notre opinion sur l’éventuelle disparition des kystes pulmonaires.

OBSERVATION

S.. Henri, 45 ans.

En 1939 : Prisonnier, hospitalisé à Namur pour expectoration et hémoptysies. Rapatrié sanitaire.

En 1940 : Rentre à l’Hôpital militaire de Purpan. Hémoptysies plus fréquentes, plus abondantes. Pas de traitement.

En 1947 : Entre dans le service du Professeur Mo- REL pour suppuration pulmonaire avec hémoptysies.

Radiographie (fig. 3) :

— Squelette thoracique de'morphologie normale;

— Calcification des première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes;

— Légère déviation de la trachée et du médiastin à gauche. Rétraction légère de l’hemithorax gauche.

P. D. : Assez forte accentuation de la trame bronchovasculaire.

Léger comblement du sinus costo-phrénique droit.

Pachypleurite médiastinale droite, plus accentuée dans la région sus-pédiculaire.

Opacités diffuses aux limites imprécises, déchiquetées empiétant dans la zone scissurale moyenne.

Pachypleurite diaphragmatique.

P. G. : Pachypleurite médiastinale très accentuée entraînant la disparition du pédicule cardio-vasculaire gauche.

— Déchiquetage et flou du contour du V. G.;

— Opacités diffuses des trois quarts supérieurs du poumon gauche, coupées de zones de clartés à limites quelquefois nettes;

— Bande opaque d’une densité plus marquée au tiers moyen du poumon, aux limites imprécises du côté de l’apex, à limite vaguement scissurale du côté diaphragmatique;

— Cavité avec niveau liquide à topographie scissurale.

Tomographie : Les tomogrammes faits de 2 cm. en 2 cm. (6-8-10-12) du plan d'appui nous montrent :

— Tomogramme à 12 cm. : Trachée déviée à gauche. Déviation plus accentuée au niveau de la crosse aortique. Rétrécissement sus- aortique de l’arbre aérien.

P. D. : Petites opacités diffuses, noyées dans un vague triangle de moins forte densité à base costale, à sommet hilaire à topographie scisurrale moyenne.

P. G. : Mêmes images d’opacités que sur le film standard avec zones de clartés pas bien limitées;

__ Tomogramme à 10 cm.: La trachée est déviée mais son calibre est normal. Le trajet de la bronche souche droite est très bien dessinée, les sous-bronches, ventrale moyenne et ventrale inférieure droite sont légèrment ectasiées; le trajet de la bronche souche gauche présente une coudure anormale à deux centimètres et demi de la bifurcation. 4

Cette plicature est plaquée contre une masse opaque de forme ovoïde englobant la crosse aortique. Sa collalatérale, la bronche dorsale moyenne gauche, sert probablement de bronche de drainage à la cavité avec niveau liquide. :

Les images des parenchymes droit et gauche restent inchangées.

Tomogramme à 8 cm. :

— Dans le poumon gauche, les opacités s’estompent, on note une amorce d’excavation;

— Dans le poumon droit, des images d’allure cavitaire commencent à apparaître.

Tomogramme à 6 cm. (fig. 3 bis) :

À droite : Images cavitaires occupant le trois quart supérieur du poumon, aux contours plus ou moins bien tracés avec dans quelques-unes un niveau liquide.

La bacilloscopie étant positive, le diagnostic de kystes aériens suppurés du poumon intrinqué de bacillose a été porté en tenant compte des contextes cliniques et radiologiques. La radiographie ordinaire et la clinique nous avaient fait soupçonner la maladie kystique. La tomographie confirma le diagnoatic.

Il est une affection, rare il est vrai, le pneumothorax spontané bénin récidivant, où la méthode des radiographies en coupes semble devoir apporter de précieux

Fig. 3

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