‹ Les impossibilités de la radiographie du poumon: Leur correction par la tomographieChapitre 26 sur 30 · C... Joseph, 54 ans · texte numérisé non relu

C... Joseph, 54 ans

Décembre 1946 : Asthéntre, amaigrissement, sans toux, ni température. Petite hémoptysie fin décembre.

Une analyse de crachats se montre négative. Une radioscopie ne montre qu’une pleurite gauche. Le malade reprend son travail.

Avril 1947 : Episode aigu caractérisé par des frissons, une température à 40°, un point de côté gauche. La ponction ramène un liquide citrin. L’amaigrissement et l’asthénie reprennent. Le malade entre dans le service du Professeur More,

Radiographie :

— Opacité homogène du poumon gauche ne respectant que l’extrême sommet;

— Pas de niveau liquide net; — Déplacement médiastinal vers la droite.

La bacilloscopie est négative. La sédimentation accélérée, 52 %. La ponction ramène un liquide hémorragique clair où le rivalta est positif.

Un transit baryté et une tæsophagoscopie n’apportent aucun renseignement.

Bronchoscopie : On découvre à l’entrée de la bronche souche gauche, avant l’orifice du lobe supérieur, un bombement du plancher qui restreint la lumière bronchique et ne permet pas de pousser plus avant la bronchoscopie. La muqueuse garde une apparence normale, il s’agit vraisemblablement d’une compression tumorale extrinsèque.

Une bronchographie lipiodolée est faite quelques jours plus tard, elle montre au-dessous de la bifurcation bronchique gauche un arrêt net du lipiodol.

ES

Tomographie :

Elle montre sur toute l’épaisseur pulmonaire un poumon opaque adhérant à la paroi dans la région axillaire.

Epanchement liquidien de la base, pneumothorax partiel du sommet.

Pas de tumeur très nettement limitée.

Excavation avec niveau liquide sur le tomogramme à 6 cm. du plan d'appui.

Les renseignements fournis par la tomographie sont intéressants. La bronchoscopie et la bronchographie lipiodolée ayant déjà fourni les renseignements sur le calibre de la bronche gauche. L’appoint tomographique n’a été probablement demandé que pour mieux situer la tumeur parenchymateuse, seule raison pour laquelle, croyons-nous, qui a fait négliger la recherche du rétrécissement de la bronche gauche.

Et pourtant HUGENIN et DELARUE, en commentant une observation, écrivent : ñ

« Une méthode d’exploration si facile à réaliser et qui s’est montrée, dans notre cas, capable de fournir de si grandes précisions, ne peut manquer de nous faire entrevoir pour le diagnostic des cancers broncho-pulmonaires des perspectives d’avenir. Si les résultats que nous avons obtenus ici s’avéraient constants, il serait peut-être permis d'abandonner un jour la méthode d'exploration lipiodolée aujourd’hui encore indispensable. Il deviendrait ainsi possible, dans quelques cas,

de ne pas faire subir au malade de bronchoscopie ni de biopsie bronchique., »

D’après CHAOUL et GREINEDER, l’image radiologique du cancer sur les tomogrammes serait caractéristique : Le cancer correspond à un noyau dense aux contours bien tranchés, mais hérissé de digitations de lymphangite cancéreuse, bien détaché sur l’ombre diffuse et homogène de l’atelectasie ou la radiographie normale le tenait caché.

Enfin, la tomographie met en évidence les cavités qui se creusent soit au centre, soit dans la zone proche

de la tumeur, la suppuration venant souvent compliquer la néoplasie.

Contrairement à ce que l’on voit dans l’abcès, où la cavité présente des parois lisses, il s’agit dans le cancer d’une cavité à limites anfractueuses au sein d’une opaet grave, de déformations diaphragmatiques (crêtes de vague). La tuberculose vient souvent à la période terminale de la maladie compliquer une silicose pure à l’origine.

cité homogène.

D’après TWINING, on pourrait même distinguer, lors d’un processus malin, des cavités cancéreuses vraies de celles paramalignes creusées dans le bloc de tissu avoisinant hépatisé.

Pour schématiques qu’elles soient, ces constatations nous paraissent des plus intéressantes et susceptibles d'apporter des éléments utiles au diagnostic de cancer primitif du poumon. Mais malheureusement, ces images ne sont pas pathognoméniques du cancer du poumon. Dans la pratique courante, elles pourront aider au diagnostic mais n’iront pas plus loin.

Le diagnostic bien établi, la méthode en coupe sera du plus haut intérêt pour préciser la limite de la tumeur, Sa structure anatomique, l’état du médiastin et des adénopathies qui peuvent l’accompagner, données majeures pour envisager la possibilité d’un acte opératoire.

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