‹ Les impossibilités de la radiographie du poumon: Leur correction par la tomographieChapitre 27 sur 30 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

TOMOGRAPHIE ET SILICOSE

La silicose est une fibrose pulmonaire due à l’inhalation plus ou moins longtemps prolongée de fines poussières de silice. De toutes les pneumoconioses, c’est la plus répandue. Elle présente une période de latence où elle se traduit seulement par des signes radiologiques.

Classiquement, d’après J. MAGNIN, des images radiologiques de la silicose se présentent sous deux aspects:

A) Images nodulaires : Semis de fines opacités arrondies occupant la partie moyenne des deux poumons, avec intégrité des sommets, et le plus souvent clarté emphysémateuse des bases.

B) Images pseudo-tumorales: Elles résultent le plus souvent de la coalescence de nodules serrés et confluents, enrobés dans une gangue fibreuse. Certaines de ces images semblent ne pas résulter d’une confluence nodulaire et elles apparaissent d'emblée dans un tissu pulmonaire sain, sont plus régulièrement arrondies et s’accroissent peu.

Images nodulaires et images pseudo-tumorales s’accompagnent souvent dans les cas de silicose avancée

Ces aspects ont été encore peu étudiés du point de vue tomographique. Seuls, en Allemagne, SCHULTE et Scxürz ont attiré l'attention sur cette question. D’après ces auteurs, la tomographie peut aider au diagnostic de silicose, en schématisant les aspects radiologiques d’une manière frappante, en donnant des masses den-

Mo —

ses une image qui emporte la conviction. Dans les formes nodulaires, elle serait moins démonstrative.

Dans les cas de silico-tuberculose, la tomographie permettra de reconnaître l’existence et la situation des cavernes, mais il faut avouer qu’elle n’apportera pas d'éléments de différenciation entre ces deux affections. L'examen radiographique, pour être affirmatif, devra s'appuyer sur des preuves bactériologiques et sur le contexte clinique.

La tomographie n’aura donc ici qu’une valeur d’appoint, la majorité des auteurs français ne lui demanderont donc, dans ses associations avec la tuberculose, que de dépister les cavités. Dans le cas de silicose pure, la radiographie sera suffisante car elle donnera souvent des images pathognomoniques.

Page 1