PRINCIPE
La radiographie en coupe est une méthode grâce à laquelle on obtient sur un cliché l’image d’une tranche sélectionnée du corps, avec effacement des couches sus et sous-jacentes.
En 1914, Karoz-MAYER propose de déplacer l’ampoule, l’objet et le film restant fixe. Il n'obtient nettement que l’image des plans de l’objet immédiatement au contact de la plaque.
Mayer tenait la moitié de la solution seulement, la moitié la plus intéressante, car elle faisait état de l’effacement des ombres par la mobilisation du foyer, mais son plan de coupe lui était imposé et non sélectionné.
En 1921, BocAGE, dans son brevet d'invention, « Procédés et dispositifs de radiographie sur plaque en mouvement », complète la solution en démontrant qu’il ne suffit point de mobiliser l’ampoule, il faut mobiliser le film. Il nous explique sa méthode de la façon suivante:
« Le procédé qui fait l’objet de l’invention consiste à déplacer pendant la pose la plaque sensible et le tube radiogène, en leur imprimant des mouvements continus, coordonnés par un mécanisme, de telle sorte :
« 1° Qu'on ne radiographie qu’un seul plan choisi
CN fau
dans le sujet, même si ce dernier est très épais, l’image de ce plan apparaissant seule avec netteté sur le cliché, les autres plans n’y laissant pas de traces précises;
« 2° Qu'on puisse, par des dispositifs accessoires, d’une part, éliminer les radiations secondaires et, d’autre part, diminuer la surface apparente du foyer d'émission des rayons X. »
BocAGE décrit un dispositif d'ensemble qui lui permet de réaliser ce procédé : « Le focus du tube radiogène est rendu mobile dans l’espace, ainsi que la plaque sensible; cette dernière ne peut recevoir que des mouvements de translation. Tous deux sont reliés par un mécanisme tel que leur déplacements élémentaires soient toujours synchrones, parallèles, de sens opposé et dans un rapport de grandeurs constant, »
Le résultat de ce dispositif sera le suivant :
« Dans ces conditions, il existe entre eux dans l’espace un seul plan fixe; dont chaque point a toujours pour ombre un même point de la plaque; donc seuls les organes contenus dans ce plan ont une radiographie nette et rigoureuse. Les autres organes ne donnent que des ombres diffuses pouvant altérer partiellement l’intensité de la première image, mais sans y ajouter de nouvelle ligne car chacun de leurs points a une ombre d’autant plus mobile sur la plaque qu’il est plus éloigné du plan et que les mouvements du tube sont plus étendus. »
Il résume son brevet de la façon suivante :
« L'invention a pour objet un procédé et des dispo- Sitifs de radiographie, basés essentiellement sur les caractéristiques suivantes :
« 1° Déplacement continu de la plaque sensible et du tube radiogène pendant la pose;
« 2° Utilisation d’une loi géométrique pour coordonner les mouvements respectifs à leur imprimer;
« 3° Obtention de la radiographie d’une seule. couche mince du sujet;
« 4° Elimination des rayons secondaires;
« 5° Réduction du diamètre apparent du focus du tube. »
Voilà, dans ses grandes lignes, le principe émis par BocAGE. Dans son brevet, il n’a pas donné de démonstration géométrique.