‹ Les impossibilités de la radiographie du poumon: Leur correction par la tomographieChapitre 7 sur 30 · DÉMONSTRATION GÉOMÉTRIQUE · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATION GÉOMÉTRIQUE

On peut trouver l’explication de ce principe en partant de la marche des rayons X dans le cas des radiographies standard. À

Soit l’objet ab dont l’image radiologique nous intéresse. De la construction géométrique du faisceau des rayons X émis par le foyer F on pourra tirer les déductions suivantes :

F mn ñ L2 a ie ’ « L \ 4 ( # A 4 4 , \ [A ñ \ A \ s af La 0 F\ 6 [A $ a 71 P \ re Le ET 1 Schéma 1

1° Les images sont toujours agrandies par rapport à l’objet réel. L’agrandissement augmente :

a) Quand le foyer F se rapproche du film;

b) Quand l’objet s'éloigne de la plaque;

2° Tous les points situés dans un même plan paral-

lèle à la plaque sont agrandis dans la même proportion, indépendamment de la normalité ou obliquité des

rayOnS;

to

3° Le coefficient d’agrandissement est donné par le

rapport :

Foyer-objet

Foyer-plaque

La notion de « plan parallèle » à la plaque devient donc, dès le début, primordiale.

Comme il n’y a pas des plans idéaux, mais des couches successives dans l’objet, il faut considérer la radiographie standard comme due à la superposition d’une série de couches ou de tranches successgves, chaque tranche donnant son sciagramme.

Chaque couche subit un grandissement différent sui-

vant'le rapport » = PSE Dans le cas de radiographie ordinaire d’un objet, deux déformations interviennent :

1° L'objet n’étant pas contenu dans une seule tranche parallèle, les sciagrammes superposés portent chacun un grandissement différent;

2° La position géométrique est variable selon la position de l’objet. L’image diminue quand le plan de l’objet se rapproche de la verticale, elle augmente lorsqu'il devient horizontal.

Pour une distance F, P. donnée, la superposition est variable avec le centrage du foyer au-dessus de l’objet. Pour chaque sciagramme, l’agrandissement ne varie pas, puisqu'il est contenu dans le même plan. Les relations entre les points restent rigoureusement conservées. Tout au contraire, la déformation est considérable pour un rayon oblique, due au décalage des sciagramnes, l’un par rapport à l’autre sur le film s’il ne s’agissait que d’un seul plan, la normalité ou l’obliquité du rayon ne donnerait aucune déformation et l’agrandissement resterait le même quelle que soit la direction du rayon,

Tous ces principes peuvent servir de base aux condi-

tions nécessaires pour la radiographie en coupe. En effet, nous venons de voir que :

Tous les points d’un même plan parallèle à la plaque conservent dans l’image les mêmes rapports que dans l’objet.

La normalité ou l’obliquité du rayon ne sont pas des facteurs de déformation pour un seul plan, à condition qu'il soit parallèle à la plaque.

Dans la « radiographie en coupe » on fait bouger le sciagramme des plans situés au-dessus et au-dessous d’un plan parallèle sélectionné. Ce dernier donne une image agrandie certes, mais pure de toute déformation, quelle que soit la direction du rayon.

Pour rendre plus claire cette démonstration, rapportons-nous au schéma de BARTELINK.

Considérons trois plans parallèles A. B et C. Soit A le plan où se déplace le tube à rayons X, F. Soit B le plan où se déplace l’écran.

. Soit C le plan passant par le corps du sujet à radiographier.

D ‘apres ABarteËnk

Schéma 2

Ampoule et écran sont rendus solidaires par un levier dont le point fixe de rotation passe par le plan C.

Soit S un point bien défini du corps. La projection de ce point se fera en P sur le film. Si F se déplace de F en F’ la projection du point S se fait en P”.

QE

Soit Z un deuxième point du corps. La projection de Z, l’ampoule se trouvant en F, se fera en R.

Le foyer se déplaçant dans le même sens qu’auparavant de F en F’, la nouvelle projection se fera en R’.

Il nous suffira de démontrer que les projections des points S et Z, le foyer étant en F, sont égaux aux projections de ces mêmes points, le foyer ayant passé en F”.

Ecrivons l’équation :

CARRE MES { PRYPF () SZ SE?

DUEN EAN

Traçons une droite FH parallèle à F’P’: les trois plans étant parallèles, nous avons deux triangles semblables, HFP et F’SF. Nous pourrons écrire les rela- tions suivantes :

S'EATANEES Et PARUS 2 HF : P’F’ par construction.

SF RES dr PONTS

Cela nous montre que les deux derniers nombres des équations (1) et (2) sont égaux, donc que les deux premiers termes le sont également entre eux. Ecrivons donc que :

d'où : PR = P’R, et PP’ = RR-.

Soit X un autre point du corps du sujet, situé en dehors du plan de coupe C.

Si le foyer se déplace de F en F’, la projection de S se fait en P et P’, celle du point X en R et Y. Or, la

5 Pa es

plaque ne se déplace que de P à P’ ou de R à R’. Il n’y aura donc aucune projection stationnaire de X sur la plaque.

La distance de C à B est la différence entre le déplacement de la plaque et celui de la projection. La différence de la noirceur de l’image s’étendra de C à B.

Nous pouvons par la même méthode démontrer l’exactitude du principe quand il s’applique à trois dimensions.

Mais tous les auteurs, en s'inspirant du principe de BoCcAGE, y ont apporté des modifications.

Nous allons maintenant passer brièvement en revue l’appareillage actuel le plus usuel en Europe. Nous entendons par là le matériel qui a rallié le maximum de suffrages en clientèle et dans les hôpitaux. Nous décrirons succinctement chaque type d’appareil et le principe qui l’a inspiré.

Nous ne parlerons pas de la Serioscopie du Docteur CoTTENOT. Cette ingénieuse méthode, en permettant une exploration très minutieuse des plans successifs d’un poumon et la localisation d’une lésion avec une très grande exactitude, complétée par la radiographie en coupe qui permettrait d'obtenir une image radiographique excellente de la lésion, devrait être d’une indication majeure dans la chirurgie du poumon.

Sa délicate technique a malheureusement fait peu d’adeptes. La sérioscopie est injustement abandonnée de plus en plus au profit de la tomographie.

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