HAE
plus étendu, se traduira en achour et en zekkat. Il indique que préalablement à toute mesure, il à été jugé nécessaire d'établir une statistique générale du pays. Bugeaud avait en effet ordonné un travail d'ensemble qui avait pour but de reconstituer le passé et de faire connaître en même temps les ressources des tribus. Dans chaque province et dans chaque subdivision de province, l'officier chargé des affaires arabes devait s'informer auprès des khalifa, agha, caïds et anciens mekhazenis : 1° du nombre de fractions de chaque tribu et du nombre de tentes de chaque douar afin de connaître approximativement le chiffre de la population d’une tribu ; 2° de tous les genres de produits de cette tribu; 3° du nombre de ses cavaliers montés et armés; 4° du relevé des impôts payés annuellement par la tribu soit aux Turcs, soir à l’émir.
Les divers officiers chargés de ce travail devaient l'envoyer au chef du bureau arabe d'Alger, qui, à l'aide du registre de l'impôt tenu par les Turcs et des renseignements pris auprès des anciens fonctionnaires, devait coordonner et achever cette statistique. Elle ne fut terminée qu’en 1845 ; mais elle servit cependant à établir l'assiette de l’impôt dès les années 1843 et 1844 (1).
Bugeaud estimait que les institutions établies par Abd-el- Kader étaient supérieures à celles des Turcs. D'ailleurs les populations qui avaient élé soumises à l’émir avaient perdu l'habitude des impôts turcs et préféraient le système plus conforme au Coran et plus équitable instauré par Abd-el-Kader. Aussi appliqua-t-il à ces régions, c’est-à-dire aux provinces d'Alger et d'Oran, une organisation administrative el fiscale calquée sur celle qu'avait réalisée Abd-el-Kader. Au contraire, là où notre autorité succéda directement au gouvernement ture, les impôts continuèrent à être perçus comme ils l’étaient du temps du beylik et comme ils avaient continué à l'être depuis la prise de Constantine.
Bugeaud indiquait les principes de l’organisation fiscale,
(1) Roër, De l'impôt en Algérie, p. 17.