OBSERVATION I
V. B..., horloger, âgé de 42 ans, est envoyé par un dispensaire de la banlieue parisienne à la consultation du Dr R. Bexsaune à l'Hôpital Saint-Antoine, pour une diarrhée persistante. Au moment où nous le voyons (septembre 1935), 1l déclare que cette diarrhée l’a pris brusquement vers le 25 août, à la suite d’une indigestion pendant les grandes chaleurs, et que, depuis, il n’a pu s’en guérir complètement. Abondante au début, elle s’est ensuite ralentie — vraisemblablement sous l’effet du bismuth et de potions opiacées — pour se ramener, dans les deux dernières semaines, à l'évacuation de 4 à 6 selles quotidiennes. L’horaire matutinal et post-prandial est très net; on retrouve ici fidèlement la fameuse selle « réveille-matin ».
Le malade ne peut préciser l’aspect des selles ; il a seulement remarqué qu'elles contiennent des glaires, mais jamais de sang. Depuis le début de sa diarrhée il ressent des coliques intermittentes, le réveillant parfois la nuit. Aucun autre trouble digestif.
L'état général est satisfaisant ; le malade se plaint pour tant d’une lassitude anormale et d’un amaigrissement de 2 kilogs. Dans ses antécédents il ne se rappelle rien de particulier. Mais, en l’interrogeant avec insistance, on finit par apprendre qu’il a eu, en 1915, à Verdun, la diarrhée des tranchées (?)
Il proteste n'avoir jamais eu la dysenterie et ne s’est jamais ressenti par la suite de cet incident.
Nous pratiquons une rectoscopie : la muqueuse présente un aspect hémorragique, mais sans lésions ulcéreuses.
UE | Lies
Un premier examen des selles est négatif — au second, par contre, 6n trouve des kystes à 4 noyaux typiques, et des trichocéphales. Nous prescrivons la cure habituelle du Dr Bensau»De : Pâte de Ravaut et Stovarsol — en complétant par une cure d’Amibiasine.
Le malade, convoqué pour un nouvél examen, nous a fait savoir qu'il était « guéri », mais nous ne l’avons jamais revu.
Dans cé cas, la côhte amibienne sémble nettement vérifiée. Primitive en apparence, on peut en réalité la rattacher à un épisode aigu imitial datant de 20 ans. Le sujet est resté pendant ce laps de temps un porteur de germes, porteur sain, à l’en croire ; la cause du réveil à pu n’être que le banal accident digestif signalé par le malade.
Cette observation n’est pas d’un intérêt consi-
dérable ; nous ne l’avons rapportée qu’à titre de
témoin, avant de mettre en parallèle les deux cas suivants,