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doit faire le diagnostic par l'examen rectoscopique. Les ulcérations dysentériques, dans la forme chronique, sont, en général, petites, de la dimension d’une lentille, superficielles, disséminées, recouvertes d’un enduit jaune. Lorsqu'on enlève cet enduit avec un tampon d’ouate, on aperçoit le fond rouge-foncé de l’ulcération, qui est limitée par un bord régulier, un peu saillant. La muqueuse rectale est rouge-foncé et surtout œdématiée. Les bords de la valve de Houston sont épaissis. Enfin la distension difficile de la cavité ampullaire par l’insufflation indique cette infiltration œdémateuse. »
Le même auteur ajoute cependant : («Mais ce sont là des altérations d’une rectite ulcéreuse, il faudra, par conséquent, la différencier des autres rectites et recto-sigmoïdites à débacles, qui s’accompagnent de lésions semblables :
Dans la rectite ulcéreuse toxique, la congestion de la muqueuse manque, les ulcérations sont plus profondes, le mucus ne contient jamais d’amubes, enfin on a la notion de l’intoxication (traitement mercuriel, le plus souvent). L’ulcération tuberculeuse est plus profonde, à fond quiest jaunâtre malgré un nettoyage avec un tampon : sur le fond on percevra plusieurs points jaunes plus nets (tubercules) ; le bord rouge et net de l’ulcération tranche sur le fond de la muqueuse pâle, et souvent on trouvera, à côté, un semis de granulations. »
Nous ne nous montrerons pas aussi aflirmatifs que Frienez. Mais, s’il nous paraît insuffisant pour
UN Ve
trancher à lui seul le diagnostic d’amibiase intestinale, l'examen recto-sigmoïdo-scopique, pratiqué systématiquement chez tout côlitique, permet, du moins, dans un grand nombre de cas, un diagnostic de présomption.
On trouve dans ces cas des combinaisons plus ou moins variables de lésions diverses, dont l’ensemble évoque de façon plus ou moins nette le diagnostic de recto-côlite ulcéreuse. C’est ainsi que l’on peut observer :
19 L’infiltration de la sous-muqueuse, allant jusqu'à l’induration et entraînant parfois des rétrécissements annulaires. Le rectoscope pénètre alors difficilement, « à frottement », et peut être expulsé par un « ressaut » caractéristique.
20 L’œdème de la muqueuse. — Celle-ci présentant une teinte pâle, avec de gros bourrelets, réalisant l’aspect que l’on rencontre chez les anciens dysentériques guéris ou dans l’entéro-côlite muco-mem-
braneuse vulgaire.
30 La congestion, diffuse ou par plaques, d’un rouge vif, framboisé, avec parfois de véritables taches ecchymotiques, parfois un simple piqueté
hémorragique.
40 Les proliférations de la muqueuse, d'importance variable, se traduisant par des surélevures, des mamelonnements, des bourgeonnements, de véritables excroissances, pouvant réaliser une rectite proli-