‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 27 sur 39 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

férante typique et subir la dégénérescence polypoïde.

50 Les ulcérations, parfois simples plages de desquamation, parfois légères exulcérations, parfois aussi véritables ulcérations, soit en coup d’ongjle, soit en taches ovalaires à bords polycycliques, mais à contours nets, non décollés et à plat.

60 Les fausses membranes, enfin, recouvrant fréquemment les ulcérations ; plaques blanches, jaunes ou grisâtres ; plus ou moins adhérentes, se détachant le plus souvent par un simple essuyage au tampon monté, mais nécessitant parfois un véritable râclage.

En résumé, on trouve un ensemble de lésions d'ordre très banal, ne présentant aucun earactère spécifique et ne permettant pas d’aflirmer la nature amibienne de la dysenterie.

Il existe tout de même une note générale particuhèrement suggestive, c’est l’aspect hémorragicoérosif :

peu ulcéreux, mais érosif ; peu purulent, mais glaireux ; peu végétant ou infiltrant.

Ces lésions se groupent de façon variable.

« Le plus souvent, écrit Racner, les ulcérations sont petites, superficielles, nombreuses ; la muqueuse alentour paraît same ou modérément congestionnée.

SVT

D'autres fois cette muqueuse est seulement parsemée de petites exulcérations en coup d’ongle, sans Caractère pathognomonique. Il est sage, dans ces cas, de se contenter du diagnostic de rectocôlite ulcéreuse, et de n’affirmer l’amibiase qu'après examen parasitaire des prélèvements. »

Mais si ces cas sont encore assez typiques pour orienter le diagnostic et, tout au moins, faire soupconner l’amibiase intestinale, il en est beaucoup d’autres où rien ne permet à priori d'y songer ; où les altérations de la muqueuse sont si minimes qu’on pourrait même douter de leur pathologie.

930 CAS ATYPIQUES

Essentiellement polymorphe dans ses manifestations cliniques, l’amibiase intestinale ne l’est pas moins dans ses détermimations rectales. Les aspects les plus divers la peuvent masquer aux yeux même des spécialistes, et c’est ce qui justifie la phrase de Gurmann : «Il faut, en pathologie digestive, penser aussi systématiquement à l’amibiase fintestinale qu’on pense à la syphilis en médecine générale. »

Nous avons groupé en quelques chapitres les différents cas qu’il nous a été donné d’observer, ou de relever dans la littérature, et nous envisagerons

successivement :

19 Les aspects de recto-sigmoïdite banale ; 20 Les aspects chroniques;

30 Les aspects de recto-côlites graves, surtout hémorragiques ;

49 Les rectites sténosantes ;

50 Les cas rares, mais qu'il faut tout de même citer, d’aspects tumoraux ;

6° Les cas où 1l n’y a rien.

19 Les aspects de recto-sigmoïdite banale sont fréquents.

Ils se traduisent par de simples modifications de couleur, d’éclat et de relief de la muqueuse. Et ces lésions superficielles s’observent même chez des malades dont les selles contiennent des amibes en abondance.

« Comme le rectoscope ne peut pas pénétrer à plus de 35 centimètres au delà de l'anus, écrit le Dr R. BENSAUDE, on est en droit de se demander si les cas de cette catégorie ne présentent pas de lésions plus accentuées dans les autres segments du côlon. Mais ce qu'il faut retenir, c’est que de pareilles lésions, vues au rectoscope, n’évoquent pas pour l’observateur l’idée de dysenterie. »

20 Les aspects chroniques se manifestent par la

pâleur de la muqueuse, décolorée par zones irrégubères, limitées par un réseau vasculaire qui dessine leurs contours, en donnant au rectum une apparence de « mosaïque ». Assez souvent même ces vaisseaux sont exubérants, dilatés, faisant un relief bleuté sous la muqueuse, et « comparables à l’image d’un fond

Lrpre

? G 4 d'œil vu à l’ophtalmoscope », selon l’heureuse expression de Racuer.

Chez les malades en voie de guérison, la muqueuse est souvent très anémiée ; elle perd ses reliefs, sa souplesse et devient lisse et épaisse comme du cuir. « Les ulcérations peuvent disparaître, remarque le DT R. BENSAUDE, mais je n’ai jamais constaté de cicatrices indubitables. D’autre part, j'ai rencontré des ulcérations prononcées chez des dysentériques cliniquement guéris, ou se considérant comme tels, »

90 Les aspects de recto-côlites graves ont surtout revêtu la forme hémorragique. Réalisant une rectite hémorragique diffuse, elles se caractérisent uniquement par une congestion intense de la muqueuse, ponctuée de zones purpuriques, saignant

au moindre contact.

40 Les rectites sténosantes, dont la thèse de Guisont fait une étude détaillée, sont d’observation très rare. Leur cause habituelle est la rectite œdémateuse ou infiltrante, qui diminue la lumière rectale ou indure ses parois, transformant l’ampoule rectale en un tube rigide, épaissi, comme cartonné, contre lequel vient buter le rectoscope.

Dans d’autres cas elles sont dûes à une rectite

proliférante.

50 Les aspects tumoraux sont rares, mais d’un

André Destouches. 5

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