‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 32 sur 39 · TON · texte numérisé non relu

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les porteurs sains. Elle se borne à pulluler à la surface de la muqueuse intestinale et à fournir le kyste typique à quatre noyaux.

I. — La forme hématophage, au contraire, est pathogène et réalise le type Ent. histolytica. Elle pullule dans la lumière du gros intestin, comme dans les ulcérations de sa muqueuse, pénètre dans la paroi intestinale et peut même passer dans la cireulation : amibhémie de PETZETAKIS.

Eliminée par l'intestin avec les sécrétions mucosanguinolentes qu’elle provoque, elle meurt rapidement au dehors. Il faut des conditions idéales pour l’observer à l’état frais dans sa forme typique. C’est alors une masse protoplasmique de 20 à 45 y, très mobile. L’ectoplasme, réfringent, se voit surtout au moment où l’amibe développe ses -pseudopodes ; l’endoplasme, granuleux, vaeuolaire, contient : Île noyau, des globules rouges, et des débris cellulaires.

Quand lPamibe progresse, le pseudopode se développe «en coulée de verre » et le protoplasme « déferle sur le pseudopode comme une vague sur la plage ».

Le noyau est dillicile à voir et n'apparaît bien qu'après coloration à l’hématoxyline ferrique.

LE. histolytica, très fragile mais très active, est la jorme de sirulence ; et son cycle, très court, est appelé le cycle anormal ou cycle pathogène (BrumpPr).

Vienne une accalmie, lamibe hématophage, n'ayant pas le pouvoir de s’enkyster, redevient

re a

minuta, puis kyste à quatre noyaux, dont la persistance dans l’intestin explique et les amibiases intestinales latentes et les porteurs de germes.

III. — Les kystes, véritables fauteurs de troubles amibiens, agents de dissémination majeurs de la maladie, se présentent sous laspect de corpuscules arrondis de 10 à 14 uw de diamètre. Ils se reconnaissent à leur reflet orient, à leur double paroi, à la présence de 4 noyaux et à l’existence d’enclaves réfringentes à l’intérieur du cytoplasme : les bâtonnets sidérophiles ou chromidiaux (Marnis). Ïls apparaissent plus nettement après l’adjonction de lugol, qui colore en brun la paroi et les noyaux (Ravaur et Krontv-

LITSKY).

Les relations respectives des kystes dysentériques et des formes minuta et histolytica de l'E. dysenteriae paraissent assez nettement établies par une série de recherches expérimentales, vérifiées et confirmées par les travaux de Brüumpr.

Ce qui l’est moins, par contre, c’est la cause du passage de l’amibe de son cyele non-pathogène à son eyele pathogène, c’est-à-dire, ainsi que l’écrit Anzola -Cusipès : « La cause de la transformation du porteur de germes en amibien. »

On a invoqué le rôle de la stase cæcale, des assocations parasitaires et microbiennes ; on à accusé les changements d’alimentation et les changements de climat ; on a, enfin, fait intervenir la notion

ES, Rs

d’immunité locale (Besrepxa), mais sans arriver à découvrir le facteur primordial déterminant les variations des diverses formes d’amibes.

Par ailleurs, l'identification de ces différentes formes est elle-même sujette à des erreurs.

Pour la forme hématophage, sans doute, il n’y a pas de confusion possible. La simple constatation d’hématies dans le cytoplasme de Pamibe est un signe de certitude : il ne peut s'agir que d’amibes dysentériques.

Mais les formes végétatives non hématophages et les kystes peuvent toujours prêter à discussion.

Nous n’étabhirons pas ici un diagnostic différentiel détaillé — qui se trouve dans tous les manuels de

parasitologie — et nous rappellerons seulement qu’il “est facile, par un examen attentif, d'éviter la confusion avec les Ent. col, les endolimax et les pseudolhimax.

Mais nous soulignerons un fait qui complique singulièrement le dragnostie : c’est l’existence d’une autre amibe — non pathogène — étudiée par Brumprr et appelée par lui : Ent. dispar, et qu'il est impossible de distinguer, par les moyens habituels, de lamibe dysentérique. Leur morphologie — tant dans les formes végétatives que dans les formes kystiques — est à ce point identique qu’on est obligé, pour les différencier, de recourir à l’inoculation au rectum du chat. Selon Brumpr, parmi les porteurs de germes, c’est PEnt. dispar qui serait en cause chez 2/3 des porteurs sains. Le même auteur signale

D Abe

d’ailleurs une autre amibe, rapidement décrite en 1912 par von Prowazex, également non-pathogène : l’Ent. hartmanri.

L’innocuité de ces formes expliquerait la rareté relative des amibiases intestinales autochtônes, comparativementau grandnombre des porteurs de germes dans les pays tempérés. C’est toute la question de la spécificité amibienne qui est mise en doute par cette proposition, contre laquelle s’élevèrent aussitôt de nombreuses objections.

Faut-il considérer l’infection par l’Ent. dispar ou l’Ent. hartmannr comme un parasitisme banal, fréquent et sans danger ? — Faut-il, au contraire, redouter de voir ce parasitisme se transformer en amubiase intestinale avec ou sans dysenterie ?

Il est difficile de conelure, si ce n’est comme le fait A. Caix : «Tant que nous n’aurons pas pu établir si les individus présentent des variations de résistance et l’amibe des variations de virulence, 1l nous sera impossible d’élucider le problème ».

Quoiqu'il en soit, retenons surtout 1c1 les diflicultés du diagnostic : Si, en eflet, la différenciation proposée par Brumpr et basée sur le mode de réaction des chats après inoculation rectale, paraît simple en théorie, pratiquement c’est une épreuve expérimentale extrêmement compliquée. Elle nécessite des conditions souvent très délicates à réaliser et ne peut être considérée comme un procédé courant

d'investigation.

TGS

Ces diflicultés rendent nécessaire de se fixer une ligne de conduite, et, avec notre maître R. BBNSAUDE, À. Caix et G. TErriaL, nous appelons amibes dysentériques — outre les amibes hématophages — toutes les amibes non hématophages possédant les caractères suivants :

19 Motilité particulière, caractérisée par la grande rapidité avec laqueile se forme le pseudopode, celuiei restant clair pendant tout le temps qui précède la mise en mouvement du protoplasme, qui semble aspiré dans la direction de cette hernie ;

20 Noyau à chromatine périphérique et karyosome central (visible sur les frottis colorés).

Enfin, nous appelons kystes d’amibes dysentériques, les kystes à 4 noyaux, dont la taille n’est ni inférieure à 9 ou 10 , ni supérieure à 15 11.

Ceci posé, et sachant nettement ce que nous devons trouver, envisageons maintenant les difficultés propres s’attachant à cette découverte.

Difficultés des examens coprologiques Fréquence des examens négatifs

Les principes de l’examen des selles supposées amibiennes sont suflisamment connus pour que nous nous dispensions de les développer ici. Qu'il nous suflise de rappeler l'intérêt essentiel ;

19 De faire examiner des selles fraîchement émises,

noue

chaudes, non modifiées par l’administration d’un médicament ;

29 Et de faire pratiquer cet examen par un laboratoire compétent et bien outillé.

Chacun sait que, pour avoir chance de découvrir lamibe, 1l faudra demander au malade de se rendre lui-même au laboratoire, pour y évacuer les fèces à examiner extemporanément. Envoyer des selles à un laboratoire pour y rechercher des amibes, c'est vouloir une réponse négative.

D'ailleurs, même quand toutes les conditions requises se trouvent réalisées, la recherche des amibes et de leurs kystes est loin d’être facile. Le diagnostic exige souvent des examens attentifs et répétés ; dans certains cas, même, on devra réserver - la réponse.

Les caractères coprologiques orientent parfois l’étude parasitologique :

En principe, c’est dans les selles muco sanguinolentes nettement dysentériques que l’on doit s’attendre à trouver la forme histolytica, c’est à dire au moment des crises, des poussées aiguës ; tandis que, dans les selles fécales : pâteuses ou en purée des convalescents, plus ou moins moulées des chroniques et porteurs de germes, dans l’intervalle des crises, on trouvera la forme minuta et les kystes. Pratiquement rien n’est plus variable ; et la présence de l’amibe ou des kystes dans certaines selles est loin d’obéir à des lois.

Quelles que soient les précautions prises pour

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