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les crises dysentériques n'étant qu’un incident au cours de la maladie.
Ainsi que le faisait RavaurT, on peut mettre sur le même plan que la syphilis et le paludisme l’amibiase intestinale, affection parasitaire, à évolution cyclique comme toutes les affections parasitaires ; les rechutes étant en rapport avec l’évolution schizogonique du parasite et ne faisant que traduire, selon Jos et Hirrzmanx, « les phénomènes morbides résultant de l'infection successive des diverses portions du gros Intestin ».
S1 les farts se passaient régulièrement selon ee schéma, 1l serait facile de dépister l’amibiase intestinale lors des poussées aiguës. Mais justement, ce qui est important, c’est de savoir la reconnaître en l’absence de toute crise, tandis que se prolonge un tableau morbide chronique à symptomatologie atypique, ou que surviennent des incidents apparemment très éloignés d’une étiologie amibienne.
Après avoir brièvement rappelé le syndrôme classique, nous verrons toutes les incertitudes eliniques auxquelles peut se heurter le diagnostic.
LA CÔLITE AMIBIENNE DYSENTÉRIFORME
Chniquement, la côlite amibienne aiguë ou primitive n’est jamais violente à la façon de la dysenterie bacillaire, qui, surtout aux pays chauds, peut lui être associée. Comme toutes les côlites, elle se traduit
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par des douleurs abdominales, des coliques avec épreintes ; s'accompagne de ténesme ; et se caractérise par l’émission de selles glaireuses et surtout de mucosités sanglantes à aspect de « crachats rouillés ». C’est, au complet, le syndrôme de recto-côlite, classiquement constitué par la triade :
Douleurs abdominales avec épreintes,
Ténesme,
Selles diarrhéiques.
Les douleurs abdominales sont d’intensité variable et souvent sans rapport avec l’acuité de syndrôme. Ce sont des coliques siégeant surtout dans la région épigastrique et la fosse iliaque gauche, avec paroxysmes à type d’épreintes.
Calmées momentanément par les évacuations, elles laissent dans l’intervalle un endolorissement permanent et sont réveillées par la palpation du gros intestin.
Mais c’est un symptôme qui n’a aucune spécificité recto-sigmoïdienne : un grand nombre de diarrhéiques l'ont et tous les côlitiques.
Le ténesme est peut-être plus vrai, mais variable cependant et généralement beaucoup moins marqué que dans la dysenterie bacillaire.
Entre les épreintes, il éveille une sensation douloureuse de tension, de corps solide à expulser, avec constriction anale et envie incessante d’aller à la selle.
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Il s'attache au ténesme un certain danger, celui d'interpréter comme tel une manifestation anale: la sphère hémorroïdaire étant rarement indemne chez un côlitique. C’est la rectoscopie qui fait le diagnostic.
Les selles dysentériques sont caractérisées par l’absence de matières fécales, leur aspect muqueux, muco-sanglant ou séro-sanglant. C’est leur répétition qui entraîne l’altération plus ou moins grave de l’état général, surtout par déshydratation.
Mais nous ne saurions insister plus longuement sur ces cas précis, typiquement classiques, dans lesquels le diagnostic se peut faire chiniquement ; dans lesquels le laboratoire apporte presque toujours une confirmation quasi-superflue ; dans lesquels enfin le traitement émétinique donne ses plus beaux résultats. ;
De même nous ne ferons que signaler les formes suraiguës, bien étudiées par Marcel Boca, Ravaur et Kronuzrrsky. Nous citerons seulement, pour les rappeler, à côté des formes cholériques avec insuffisance rénale, des formes gangréneuses et septicémiques, une forme granulique décrite par FressiNGer et la forme typhique, pouvant se compliquer d’hémorragie ou de perforation et dans laquelle seule la sérologie peut lever l’incertitude.
André Destouches. 2
AMIBIASE INTESTINALE CHRONIQUE
Nous envisagerons de beaucoup plus près, au contraire, les nombreux problèmes que posent les différents aspects de l’amibiase intestinale chronique, tout opposée à la dysenterie aiguë, floue, indistincte et nécessitant la confrontation de trois ordres d’éléments :
cliniques,
coprologiques,
et endoscopiques.
La forme intestinale chronique de Pamaibiase 1intestmale, est, selon Oury et Goparp, « celle que lon rencontre le plus souvent sous nos climats et qui est la vraie signature habituelle de la maladie amibrenne, même dans ses manifestations les plus polymorphes».
Le professeur Carnor la définit : « Une côlite chronique presque latente, avec poussées intermittentes aiguës et bruyantes. Elle succède à une forme aiguë ou revêt d'emblée le type chronique à poussées successives. »
Le même auteur insiste également sur les formes larvées et camouflées « qui sent peut-être les plus importantes à connaître dans nos pays : ear elles passent habituellement ignorées quant à leur nature et elles sont trop souvent scignées comme des côlites banales. Pour diagnostiquer ces formes, en doit avoir l'esprit en éveil et faire très attention à la possibilité
de l’amibiase intestinale : car on ne retrouve ni le ténesme, ni les épreintes; ni les glaires sanguinolentes, caractéristiques des poussées aiguës. Les symptômes sont généralement d’ apparence côlitique banale. Seuls, un examen rectoscopique, d’une part, un éxameh microscopique, d'autre part, permettent d’aflirmer la nature amibienne de la côlite ».
Nous aborderons ultérieurement la discussion des données rectoscopiques et microscopiques, retenons d’abord les éléments cliniques de la question.
Pour la commodité de l’ FRET Aeu nous étudierons successivement :
Les formes habituelles.
Les formes atypiques.
La côlite amibienne chronique.
Elle réalise le type habituel courant, dont le diagnostic offre des difficultés variables selon qu’elle apparaît primitive ou secondaire.
L’interrogatoire précis du malade permettra parfois d'établir qu’elle succède à une phase de dysenterie vraiment caractéristique.
Et alors le diagnostic se trouve orienté.
Mais ce n’est pas la règle ; et, beaucoup plus souvent, comme il ressort des statistiques de notre maître R. BENSAUDE, la côlite amibienne chronique apparaît nettement primitive. Elle se traduit cliniquement par deux ordres de symptômes :
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Des signes fonctionnels importants.
Des signes objectifs plus ou moins précis :
Coprologiques et radiologiques.
Symptômes subjectifs
Insistons d’abord sur leur insidiosité initiale, leur pseudo-latence plus ou moins prolongée. Ce sont, avant tout, des troubles intestinaux, associés à des phénomènes gastriques et à des troubles de létat général et nerveux. Leur groupement, des plus variables, entraîne couramment des erreurs de diagnostic répétées.
Dans les cas moyens, on observe : sur un fond d’endolorissement abdominal permanent, des douleurs à type de coliques, le long du cadre colique, partant du cæcum, traversant l’abdomen pour aboutir à la fosse 1liaque gauche en provoquant une selle. Ces douleurs surviennent en paroxysmes et dans les accalmies, le malade accuse une tension abdominale pémible : 1l € sent $on ventre ».
Les phénomènes gastriques sont la règle dans la moitié des cas, et peuvent s'expliquer par l’existence de réflexes colo-gastriques. (Nous retrouverons d’ailleurs ces faits en étudiant les formes gastralgiques.) En général ce ne sont que des troubles dyspeptiques vagues : inappétence, ballonnement postprandial, tension douloureuse à lépigastre. Plus rarement la réaction gastrique est plus nette et prend un type lésionnel.
Les troubles nerveux sont quasi-constants. Quant