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IV. — Les Corps rougés et les Glandes à gaz

Une grande confusion a été créée par plusieurs auteurs qui ont décrit les corps rouges comme des glandes rouges. Les corps rouges sont des formations tout à fait distinctes des glandes à gaz, il n'existe en réalité aucune « glande rouge » et ce nom consacre une erreur. Cette confusion est due à ce que chez les Poissons Physoclistes les corps rouges et les glandes à gaz se trouvent généralement étroitement associés, à tel point qu'on les a considérés comme un seul et même organe : la giande rouge. Chez de nombreux Poissons Physostomes (par exemple : l’Anguille) les corps rouges sont distincts de l'aire des glandes à gaz.

Avant que ce fait fût bien mis en évidence (64), on pensait (par exemple 4) que les Poissons Physostomes ne possédaient pas de glandes à gaz ou de vraies glandes rouges. C'est pourquoi j'emploierai le terme de corps rouges pour désigner exclusivement une masse de vaisseaux sanguins formés de capillaires artériels et veineux (ou rete mirabile ainsi qu'on la nomme quelquefois) située dans la paroi de la vessie natatoire. Au contraire, les glandes à gaz sont une modification de l’épithélium de la vessie, consistant généralement en cellules glandulaires en colonnes et granuleuses.

Dans la majorité des Poissons ces deux structures sont étroitement associées. D'après la littérature (64), les corps rouges et les glandes à gaz de différentes espèces de Pois-

Sons peuvent être divisés en trois groupes ainsi qu'il suit : 1° Ceux chez lesquels l’épithélium glandulaire est composé d'une seule couche de cellules qui reste simple, dépourvue de plis ou très simplement plissée; les retia mirabilia (corps rouges) sont au nombre de 1 ou 2, larges et distinctementi séparés des glandes à gaz, les capillaires du réseau se réunissant pour former de larges artères et veines avant d'entrer en connexion avec l'épithélium glandulaire; 2° Ceux chez lesquels l’épithélium glandulaire est disposé en simples plis, en une aire restreinte; le rete mirabile (corps rouge) est contigu aux glandes à gaz, bien que quelques capillaires se réunissent avant d’irriguer l'épithélium; 3° Ceux chez lesquels la glande ne consiste pas en une simple couche repliée de cellules, mais en une masse de plusieurs couches de cellules, formant ainsi un type massif d'épitnélium glandulaire ; le rete mirabile (corps rouge) est toujours contigu à l’ép:thélium glandulaire, les capillaires ne se réunissant jamais, la masse de cellules est pénétrée par les fins canaux. Reis (40 a) croit qu'il existe des types d'épithélium transitoires entre les n°* 2 et 3. Elle pense que le type de glande massive dérive du type replié. Woodland (64) nie avec force cette assertion parce que dans le développement la glande massive ne passe jamais par le stade replié.

OPHIOCEPHALIDÆ. — La forme et la disposition des corps rouges et des glandes à gaz permettent de distingue: deux catégories dans cette famille : 1° Ces organes sont à !a partie la plus antérieure de la vessie natatoire, par exemple Ophiocephalus punctatus et Ophiocephalus gachua (üg. 9, 13 R B) et 2° Ils sont situés à la région ventrale de ‘a vessie d'une manière arborescente, comme en éventail, par

exemple Ophiocephalus striatus et Ophiocevhalus marulius (ip. 8,4, 10).

FIG.-2

OPHIOCEPHALUS PUNCTATUS Schéma montrant la région antérieure de la vessie natatoire, le corps rouge en forme de cloche; la glande à gaz forme la doublure du corps rouge et se prolonge à quelque distance de lui. Elle couvre ainsi postérieurement une aire qui n’est pas contiguè au corps rouge. On peut voir l'artère et la veine entrant dans la vessie natatoire à l'extrémité antérieure.

Dans les premiers, le corps rouge (fig. 2 du texte) est en forme de cloche constituant la paroi antérieure au niveau de la portion initiale de la vessie. Non seulement la glande à gaz lui est contiguë sur toute sa longueur, mais elle s’étend sur une bonne distance au-delà, postérieurement (fig. 2 du texte). La fig. 10 montre une coupe transversale du corps rouge et de la glande à gaz à leur début, à la partie antérieure de la vessie natatoire. Le corps rouge est une masse compacte de capillaires et la glande à gaz est du type massif. La fig. 11 est un dessin à la chambre claire de [a même vessie au niveau de la partie postérieure de l'aire de la glande à gaz. Ici le corps rouge est absent et les capillaires sanguins

sont abondants. Ce fait est intéressant car il combine les conditions trouvées dans les numéros 2 et 3 des types de corps rouges décrits par Woodland (64). Il ressemble au type 3 par sa glande à gaz massive. La région antérieure de la glande est irriguée directement par les capillaires du corps rouge (fig. 10) qui lui est contigu, mais la partie postérieure est loin du corps rouge (tig. 11) et, naturellement, il y a un certain nombre de fusions de capillaires, comme dans le type 2, avant qu'ils irriguent l’épithélium glandulaire.

Chez Ophiocephalus striatus et Ophiocephalus marulius, les corps rouges sont très en évidence dans la région ventrale médiane de la vessie natatoire. [ls occupent plus de la moitié de sa longueur et ont une forme arborescente caractéristique (fig. 8 et 8 a). Le tronc est formé par l'artère et la veine correspondantes; les branches de ce tronc principal se divisent et se subdivisent et donnent enfin naissance à une formation en éventail du corps rouge. Il y a de la sorte, dans ces types, un grand nombre de corps rouges et les glandes à gaz qui sont massives leur sont toujours contiguës, ainsi que dans le type 3 décrit ci-dessus.

SCIÆNIDÆ. — Le corps rouge et les glandes à gaz de cette famille sont toujours du type 3. Ils sont situés comme un organe très visible (fig. 4-6) dans la région ventrale antérieure de la vessie natatoire. Ils sont exactement situés contre l’Ovale et toujours dans la partie antérieure de la vessie. Il y a de légères variations de formes dans tous les genres. Prenant Sciænoides pamña comme type (fig. 7) nous trouvons que la glande à gaz est du type massif contenant une masse compacte de cellules étroitement accolées. Le volumineux corps

rouge est en réalité composé d’un grand nombre de petites plaques de rete mirabile. Ces plaquettes sont situées l’une derrière l’autre en position inclinée, s’imbriquant comme les tuiles d’un toit (fig. > R. B.). Au microscope binoculaire on peut aisément les isole’. À ma connaissance cette forme de corps rouges n'avait pas encore été signalée.

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