‹ Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et de VienneChapitre 13 sur 44 · CL, LB · texte numérisé non relu

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FiG, 57. — Abside de l’église Saint-Paul d’Issoire.

rontons aux façades des églises de style oriental. On peut citer seulement celles de Parenzo. À partir du x° siècle, tout au moins, les combinaisons de briques forment sur les parois extérieures des églises grecques? et même sur celles des palais de Constanti-

1 Outre la pierre et le marbre, les pâtes de verre étaient parfois employées dans la construction des dallages. Les fouilles pratiquées dans les monuments antiques de Lyon, et en particulier à Trion, ont révélé l'emploi du verre comme dallage et revêtement à l’époque d’Auguste, Le musée de Saint-Omer conserve une portion de pavage de verre découvert devant le jubé de la dernière église de l’abbaye Saint-Bertin. Ce pavage, qui peut remonter au xu° siècle, était composé de galettes rondes et de pièces d'intervalle en verre coulé, rugueux et marbré gris, noir et bleu cendré, de 25 centimètres de diamétre et de 10 à 12 millimètres d'épaisseur, fixées dans un lit de mortier.

? V. la brochure de M. G. Lampakis, Mémoire sur les Antiquités chrétiennes de la Grèce, Athènes, 1902.

nople ! des figures géométriques comparables à celles des pavements en marqueterie de marbre. Ces combinaisons remontaient, sans doute, à des modèles plus anciens. Elles se rencontrent en Occident, et particulièrement en France, dès l’époque carolingienne. Sur les façades des églises de Saint-Généroux, en Poitou, et de Savenières, qui remontent au Ix° ou au x° siècle, les détails de l'appareil, briques et menues pierres,

forment des fonds à dessins géométriques, dessinent des rubans, des losanges et

même des croix, inscrites dans le fronton de l'édifice. Ce système de décoration fut

conservé en France à l'époque romane et se développa particulièrement dans une région, l'Auvergne, qui offrait aux construc-

teurs des matériaux polychromes capables de devenir des éléments de décoration.

Dans la plupart des églises auvergnates qui sont revêtues extérieurementd'undécor géométrique, leslaves noires sont combinées avec la brique rouge et les pierres blanches ou grises employées par touches discrètes.

L’abside et les chapelles rayonnantes du chœur, les faces nord et sud des transepts, les clochers de

Notre-Dame-du-Port, à Clermont, de Saint-Paul d'Issoire (fig. 57), de

Saint-Julien de Brioude, de Saint- Saturnin (Puy-de-Dôme), etc., sont

à l’aide deces divers éléments colorés,

couverts d’imbrications, en forme de rosaces étoilées, de damiers, de lo-

sanges et de triangles alternés, noir, blanc et rouge. Quelques églises du Velay imitèrent ce décor que nous retrouvons à la cathédrale et au cloître de Notre-Dame du Puy. Les imbri-

FiG. 58. — Porte de la chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe, cations de la porte de la chapelle ZT LARG : : to ce - AD Saint-Michel-d'Aiguilhe (fig. 58) sont

des plus remarquables. Dans cette dernière, les bandeaux formés de carreaux sur pointe de briques rouges et de pierre de Denise noir bleuté, alternant avec des chevrons en grès

! Général de Beylié, l'Habitalion bygantine, p. 136.

de Blavaizy, sont profondément incrustés dans la paroi et séparés par des lits de briques minces engagées dans la construction.

Sous le porche nord-est de la cathédrale du Puy s'ouvre une porte donnant accès dans le transept. Le tympan de cette porte, malheureusement très mutilé et conservant encore de nombreuses traces de peintures et de dorures, représente la Cène et au-dessus

Fi. 59. — Tympan incrusté de Notre-Dame du Puy.

le Christ, accompagné de deux anges (fig. 59). Les figures se détachent sur un fond de mosaïque, formé de triangles opposés par la pointe, en pierre blanche et en pierre volcanique de Denise gris foncé. C’est l’une des plus intéressantes applications de marqueterie de l'école auvergnate et la seule qui se trouve associée à la sculpture.

Ce décor, commun en Auvergne, a été employé dès la fin du xi siècle dans le Lyonnais et principalement à Lyon, sur la façade de l’ancienne Manécanterie et sur le clocher de l'église d'Ainay.

La date de la curieuse construction contigué à la cathédrale et connue sous le nom de Manécanterie (fig. 6o), parce qu’elle servait, au moyen âge, d'école de chant aux jeunes clercs, a souvent été reportée à une date très reculée. Ce n'est là, en réalité,

que le mur extérieur de l’ancien cloître du chapitre édifié vers la fin du xi° siècle. L'archivolte de la porte est incrustée de carreaux de terre cuite; la croix qui la surmonte, les écoinçcons entre les arcatures et la frise supérieure étaient ornés de carreaux et de disques de même matière. Malheureusement, les alvéoles ont aujourd'hui perdu leurs incrustations.

L'église d'Ainay, construite à la fin du xr° siècle, par Gaucerand, abbé d'Ainay, qui allait devenir archevêque de Lyon, fut consacrée par le pape Pascal Il, en 1107, lors

de son passage à Lyon. Ses trois nefs, divisées par de robustes colonnes, surmontees de chapiteaux imités de l’antique, son abside voûtée en cul-de-four lui donnent encore, malgré toutes les restaurations qu'elle a dû subir, l’aspect de la basilique primitive. La

Fic. 60. — La Manécanterie de Lyon (fin du xr siè

décoration du clocher qui surmonte la façade est sobre de reliefs et essentiellement polychrome, grâce à l'emploi multiplié des imbrications, très habilement distribuées, soit dans les fenêtres aveugles, soit sous forme de bandeaux accusant franchement les trois étages de la construction. Des archivoltes couronnent les fenêtres et une grande croix, comme à la Manécanterie, se relie au bandeau du dernier étage et occupe la paroi supérieure (pl. VII). Le même emploi de briques incrustées se retrouve encore sur les parois extérieures de la petite abside de la chapelle Sainte-Blandine.

Vers la même époque, l'emploi des incrustations s’étendit à Vienne, sur le Rhône. Le tympan de la porte principale de la basilique Saint-Pierre, dont la construction peut remonter au vin‘ siècle, mais qui subit d'importantes modifications au xu° siècle, présente une croix et deux chevrons, formés de carreaux sur pointe et de bandes de terre cuite rouge, encastrés dans la pierre blanche (fig. 61). Une bordure circulaire et une bande chevronnée, composées de même façon, complètent l'ensemble.

Dans les incrustations polychromes des édifices de Lyon et de Vienne, la brique

ÉGLISE D'AINAV, À LYON

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