À LES INCRUSTATIONS DÉCORATIVES
Elle est, d’ailleurs, des plus simples et voici l’analyse chimique de ceux de Lyon, due à M. Jacquelain :
AURA ME OR EC SE TO Silice sableuse et micacée. . . . . 5 »
Silice soluble dans les acides. … … 1,15 AIMER RER CT 1 »
Sesquioxyde de fer (colcothar) . . . 18 »
ACITEISUIIUTRIQUE 32,8 À L ou plâtre = 55,85 CHAUX EC EE IE NM RER ES 100 »
A ne considérer que les parties essentielles, cette composition peut être ramenée à des éléments fort simples, savoir :
1 partie de rouge de fer!
et 2 parties de plâtre des mouleurs.
Les ciments de Vienne sont composés de la même façon, mais avec une légère addition de matière résineuse.
Il est à remarquer que la plupart des ciments utilisés dans les dallages incrustés du xu° au xIv* siècle, ainsi que nous le verrons plus loin, contenaient une assez forte proportion de résine qui leur assurait une plus grande consistance ; dans ce cas ils étaient employés à chaud. Dans l’un de ceux qui nous occupent, il n'y en a pas de trace et dans l’autre une très faible proportion ; mais, comme ils sont situés assez loin de toute atteinte, ils ont pu, malgré une certaine friabilité, résister pendant plus de sept siècles à l’action du temps. Cette conservation est d'autant plus remarquable que les creux sont fort peu profonds, l'épaisseur du ciment ne dépassant pas, en général,
4 millimètres.
Voyons maintenant le parti que les maîtres de l’œuvre ont su tirer de ce mode d'ornementation dans les deux édifices de Lyon et de Vienne.
! Quant à la silice, à l’alumine, ce sont des corps dont la présence dans le « rouge anglais » est tout
a fait accidentelle et même inévitable quand il s’agit de produits industriels.
A l’intérieur de l’abside de Saint-Jean, un soubassement de marbre blanc et de « choin » poli, décoré d’arcatures, règne entre le sol et l'appui des sept grandes fenêtres. Ces arcatures portent sur des pilastres cannelés de brèche et de cipolin, que sur-
Fic. 1. — Frise de marbre incrusté du soubassement de l’abside. (Cathédrale de Lyon.)
montent des chapiteaux, et qui reposent sur un socle continu formant deux gradins. Au-dessus des arcades se développe une première frise de marbre blanc incrusté, composée de feuillages, un peu maigres peut-être, mais fort élégamment découpés (fig. 1).
Tous les chapiteaux de ces arcatures, aussi remarquables par leur composition que
FiG. 2. — Chapiteaux du soubassement de l’abside. FiG. 3. — Le bain de l'Enfant Jésus.
par leur belle exécution, ont leurs abaques incrustés de feuillages et de rangs de perles (fig. 2). Quelques-uns, cependant, offrent cette particularité de ne constituer qu’une sorte
d'imitation du chapiteau antique, avec des feuilles lisses, comme on en voit déjà des exemples au-dessus des grosses colonnes de la nef et du chœur de l’église d’Ainay, construite par Josserand, alors abbé d’Ainay, et qui fut ensuite promu au siège archiépiscopal de Lyon.
A l’aplomb des colonnes qui s’élancent pour supporter les nervures des voûtes, des chapiteaux historiés couronnent les grands pilastres du soubassement en sectionnant la D + EE frise en sept parties. Ils - = - D — : i représentent la Nativité, les “ Trois Mages se rendant, sur leurs chevaux, auprès de l'Enfant Jésus porté sur les genoux de sa Mère, et
une scène assez fréquente dans l'iconographie du moyen âge et popularisée par les Evangiles apocryphes et la Légende dorée‘ : les deux sagesfemmes Salomé et Zélémi sont occupées à baigner l'Enfant Jésus dans une cuve en forme de bénitier (fig. 3).
C'est au centre de cet
hémicycle que se trouvait
l'ancienne cathedra des
archevêques de Lyon, for-
mée d’un siège de marbre
ES en + élevé sur trois marches, et A. Moxvexoux et L. Bécure delt, 1880. :
de deux accoudoirs dont
FiG. 4. — Soubassement de la cathédrale de Lyon. " ce Trône archiépiscopal (reconstitution). la disposition est encore
très visible (fig. 4).
La marche supérieure, sur laquelle reposaient les pieds de l'archevêque, est également gravée et incrustée. Elle présente une composition des plus singulières, dont nous avons vainement cherché le sens. Deux mains portent un oliphant à la bouche d’une tête couronnée (fig. 5). Faut-il voir ici un symbole, ou simplement un motif d'ornement purement fantaisiste? En attendant une meilleure interprétation, il est permis
1 Evang. de Nativ. Mariæ et Infant., cap. xin. Leg. aur. de Naïiv., cap. vi.
0 = = mr S.
d'y reconnaître une traduction iconographique de ce passage de saint Paul parlant des Apôtres : /n omnem terram exivit sonus eorum. (Ep. ad Rom. x, 18)'. Les évêques, en effet, sont les successeurs
des Apôtres; comme eux, ils sont chargés
d'enseigner et de répandre l'Evangile.
Aujourd’hui, ces restes précieux sont malheureusement ca chés sous le plancher dont on a couvert e chœur en entier, pour en exhausser le niveau et préserver le chapitre du roid contact de la
pierre. Le chapiteau du pilastre qui forme
le fond de la cathedra représente le Christ,
Fic. 53. — Marche supérieure du trône
les bras étendus. Le exte : Ego sum qui
archiépiscopal.
sum est incrusté dans l’'abaque.
Les parois latérales de l'abside, étant dépourvues de fenêtres, sont en partie