‹ Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et de VienneChapitre 34 sur 44 · CI. Lousarnr · texte numérisé non relu

CI. Lousarnr

Fic. 146 et 147. — Les Ages de la vie de l'homme, par Antonio Federighi (1475). Musée de l'Œuvre du Dôme.

RÉCUIRIS LUS ÉEIEM ANNYX NNZARETE)

IS VBEIA EME LACTA Rivor à

eh D.

“ £ E = E F ALBERTI:D FRANCGISCL-DE ARINGHE!

= - CI. Auxar.

Fic. 148. — Massacre des SS, Innocents (fragment). FiG. 149. — La Sibylle Tiburtine. Pavement de la cathédrale de Sienne.

On ne connaît pas l’auteur de cette dernière composition, exécutée en 1373; mais elle offre cette particularité que les médaillons, au lieu d’être incrustés dans des

plaques de marbres, sont exécutés en mosaïque rappelant les travaux des Cosmnati de Rome. On a dû transporter au Musée de l'Œuvre les originaux qui se détérioraient et les remplacer par une copie moderne.

Vasari attribue les sujets les plus anciens à Duccio qui, en 1310, travaillait déjà pour l’œuvre de la cathédrale, mais cette assertion est aujourd’hui fortement contestée". On sait seulement que, dès 1369 et 1370, Antonio di Brunaccio et Sano di Marco

Fic. 150. — Triomphe de la Vertu (composition de Pinturicchio). Pavement de la cathédrale de Sienne.

fournirent des compositions pour le dallage, mais sans qu’on ait pu reconnaître leur part dans l’œuvre. Dès lors, une pléiade d'artistes y travaille sans interruption : les personnifications des Vertus, la Justice (fig. 144), la Tempérance, la Prudence, la Force sont de Marchese d'Adamo, 1406; le roi David de Domenico di Nicolo del Coro, 1423; l’empereur Sigismond, entouré de ses courtisans, de Domenico di Bartolo d’Asciano,

1 Robert H. Hobart Cust, 1h: Pavement masters of Siena, London, 1901. — E. Muntz, Florence et la Toscane, Hachette, 1901. — S. Borghesi, L. Bianchi, Nuovi documenti per la Sloria dell Arte Senese (Siena, 1808).

ENMFRANCE EM ENMIITA IE 89

1434 (fig. 145); les Ages de la vie de l'Homme (fig. 146, 147) d’Antonio Federighi, 1475. Les sept sujets de cette série ont été transportés à cause de leur état de dégradation, au musée de l'Œuvre du Dôme et remplacés par des copies. Les figures jointes à notre texte sont exécutées d’après les originaux. En 1481, Matteo di Giovanni Bartoli compose le grand panneau du Massacre des Innocents (fig. 148), et, en 1482 et 1483, Giuliano di Biagio, Benvenuto di Giovanni del Guasta, Neroccio di Bartolommeo Landi dessinent les élégantes Sibylles Delphique, Tiburtine (fig. 149), Hellespontine, etc. L’allégorie du triomphe de la Vertu (fig. 150), l’une des plus belles scènes,

Linart Fi. 151. — Moïse frappe le rocher (côté droit de la composition), par Domenico Beccafumi (1525).

Pavement de la cathédrale de Sienne.

fut composée par Pinturicchio. Ce tableau pourrait être aussi justement appelé la poursuite de la Sagesse. Au sommet d’un rocher dominant la mer, la Sagesse drapée dans un manteau royal, assise au milieu d'un parterre fleuri, présente une palme à Socrate debout à sa droite et un livre à Cratès, qui, à sa gauche précipite dans les flots une quantité de joyaux. Au-dessous d'eux, une dizaine de personnages s’avancent à la recherche de la Sagesse, sous la conduite d’un philosophe. Un jeune homme montre le poing à la Fortune qui, une corne d’abondance à la main, se tient en équilibre, un pied sur l'avant d’une barque désemparée et l’autre sur un globe pour montrer son peu de stabilité. On sait, d’après les registres de comptabilité de l'Œwvre du Dôme. que, le 13 mars 1504, Bernardino Pinturicchio reçut 12 livres pour cette composition,

qui fut exécutée sur le marbre en 1506 par Paolo Mannucci (fig. 150). Cette scène fut restaurée en 1864 par le professeur Maccari.

A partir de 1518, Domenico Beccafumi, chargé de l'achèvement des travaux,

g refait une grande partie du transept avec des compositions plus compliquées, modelées à l’aide de hachures multiples qui contrastent fâcheusement avec les sujets plus anciens, traités par un simple trait, avec un sentiment plus juste de la décoration (fig. 15 1)

Les grandes scènes du dallage de la cathédrale absorbent généralement l'attention au point de faire négliger les six compositions qui décorent le parvis du baptistère et

Par 3 4)

y PRE Ne

A TRS LL ES Rss, RER TS ÉNNTE LI EE ee tpdt —, ———

Fic, 152. — Seuil incrusté de la porte gauche du baptistère de Sienne, — La Naissance de l'Enfant.

de la cathédrale, formant seuils devant les portes. Malgré les mutilations que la pierre a dû subir par le passage répété des fidèles, depuis plus de quatre siècles, ces tableaux peu connus sont encore très dignes d'intérêt. Nous avons reproduit l'un des mieux conservés et nous les décrirons sommairement.

Le parvis qui précède la cathédrale reçut au xv° siècle une riche décoration de marbre incrusté : mais, à la suite de réfections successives, les compositions actuelles n'ont plus aucun intérêt archéologique. Les sujets des trois seuils représentent les cérémonies des trois degrés de l’ordination ecclésiastique, du diacre, du prêtre et de l'évêque. Assisté de son porte-crosse, un évêque occupe le centre de chaque composition. À sa droite un scribe, assis à son pupitre, enregistre les nouveaux ordonnés.

28 41103 YWY

(4TOXIS eI1AX)

HLSAHONI HODVTIIVA

(GNNHS) ODININOQ NS OS

te ne

LE

EINAFIR/ANICEN EME NMTRTAUE 91

Les trois seuils du baptistère Saint-Jean, situé au-dessous de la cathédrale, présentent des scènes en rapport direct avec la destination de l'édifice. À gauche, la naissance de l’enfant dans un riche intérieur : des femmes prodiguent leurs soins à la mère et au nouveau-né (fig. 152). Au centre, un évêque, assisté d’un clerc, debout derrière un autel, baptise des enfants présentés par leurs mères. A droite, l'évêque administre la confirmation. D’après les comptes conservés aux archives du dôme, ces sujets furent exécutés en 1450 par Bartolomeo di Mariano et Antonio Federighi.

Ces différents sujets sont d’une grande simplicité de composition et d'exécution. Le trait franchement accusé et d’un beau dessin rappelle les plus anciens tableaux du pavement de la cathédrale. Grâce à l'usure de la pierre, on peut facilement se rendre

compte du procédé d'exécution de tous les dallages de Sienne. Les creux du dessin étaient obtenus à l’aide de coups de trépan très rapprochés, puis le ciseau régularisait le sillon. Les cavités formées par la pointe du trépan donnaient une exceptionnelle adhérence aux ciments, qui sont souvent bien conservés et contiennent toujours une forte proportion de résine ou de bitume.

La chapelle de la famille Giacomo Piccolini, située dans l’église San-Francesco à

Sienne, fut décorée en 1504 d'un riche pavement incrusté, exécuté par Lorenzo di Mariano, sur lequel étaient représentées les quatre Vertus cardinales : la Force, la Tempérance, la Justice et la Prudence. Ces figures, qui rappellent les Sibylles du dôme, furent très restaurées à la suite d'un incendie, au point que les compositions actuelles ne sont que le reflet de l’œuvre primitive.

Dans l’église San-Domenico, à Sienne, la chapelle de Sainte-Catherine où Sodoma a peint en 1526 des fresques célèbres, possède un superbe dallage de marbres incrustés,

attribué à Beccaffumi (pl. XII), mais sur lequel, en réalité, on n’a pas de documents

certains. Cette belle composition, très peu connue et bien conservée, représente un adolescent tenant un miroir de la main droite, assis au milieu d’un paysage et entouré d'animaux divers. Au travers des arbres on aperçoit le soleil et la lune. Une bordure très originale, formée par une rivière aux ondes stylisées sur lesquelles s’ébattent des canards aux allures variées et très exactement observées, entoure le tableau. Une ancienne inscription rappelant la mémoire d’un célèbre médecin, Marco Benzi, inhumé dans cette chapelle, a pu faire prendre cette figure pour une représentation d’Esculape!. On a cru voir là également Orphée charmant les animaux. Mais, outre que l'instrument traditionnel de séduction est la lyre et non le miroir, le choix des animaux représentés

rendrait plus vraisemblable une allusion à quelque fait ou quelque légende se rapportant

à l'histoire de Sienne, puisque nous y retrouvons, comme au dallage de la cathédrale, la louve de Sienne, le /iox de Florence, la Zicorne de Viterbe, le Zièvre de Pise, le Zy1x de Lucques, le vautour de Volterre. Quoi qu’il en soit du sujet réprésenté, la composition

1 Robert H. Hobart Cust, he Pavement masters of Siena, p. 144.

est superbe et le dessin d’un très beau style. La coloration des marbres très harmonieuse est délicatement nuancée sur un fond noir bleuté et la gravure incrustée de mastic est souple et précise.

La cathédrale de Lucques est enrichie d’un dallage historié et incrusté qui, sans avoir l'importance de celui de Sienne, mérite d'être connu. Il consiste en grands

FiG. 153. — Jugement de Salomon : dallage de la cathédrale de Lucques.

panneaux carrés de marbres incrustés, au centre de chaque travée des trois nefs, dessinant des figures géométriques et encadrant des médaillons où l'on reconnait des sirènes, des coqs, des lions, etc. Devant l’entrée du chœur un motif beaucoup plus important est composé d’un grand nombre de dalles carrées chargées de rosaces rappelant certains motifs du pavement du baptistère de Florence.

Mais la partie capitale se trouve au centre de la grande nef et réprésente une vaste composition de 4 m. 50 de côté, le Jugement de Salomon (fig. 153). Cette œuvre inédite et d’une haute valeur artistique est malheureusement restée exposée au contact journalier des pas des fidèles. Le tableau, d’un admirable dessin et d’une puissante coloration, obtenue à l’aide d’une marqueterie de marbres variés, est dans un état déplorable. Les incrustations de mastics qui dessinaient les détails des figures et des draperies sont très effacées, et cependant les silhouettes des personnages suffisent encore à nous donner une haute idée de la composition dans son état primitif.

D’après les documents fournis par les archives de l'Œuvre du Dôme, ce pavement aurait été exécuté de 1470 à 1484 et le panneau du /wgement de Salomon, achevé en 1477, serait l’œuvre d’Antonio di Ghino’.

Cependant l'une des compositions du dallage de Sienne, l’Emnpereur Sigismond,æuvre de Domenico di Bartolo d’Asciano, 1434 (fig. 145), offre dans l'ordonnance des personnages, les détails d’ajustement et d’architecture, une telle analogie avec le Jugement de Salomon de Lucques, que l’on serait bien porté à

attribuer les deux sujets au même artiste. En outre, la composi-

F1G. 154. — Pavement de la bibliothèque Laurentienne, à Florence.

tion de Domenico d’Asciano est bordée sur l’un des côtés par une bordure de moulinets identique à celle de Lucques.

Comme dernier exemple de dallage incrusté en Toscane, il convient de citer celu; de la bibliothèque Laurentienne, construite par Michel-Ange pour Clément VII. Le pavement de cette salle somptueuse, éclairée par les vitraux en grisaille de Jean d'Udine, est formé de grandes plaques de marbre jaune sombre, incrustées d'élégantes et très délicates arabesques de mastics rouges assez tendres, ayant l'apparence de la terre cuite. Cette ornementation a été exécutée par Buglioni sur les cartons de Michel-Ange (fig. 154).

Les incrustations de marbres et de ciments sont encore utilisées, mais exception-

1 E. Ridolfi, /'Arte in Lucca, studiata nella sua cattedrale, Lucca, 1882.

nellement, dans les monuments italiens au xvi° siècle; la Lombardie nous en présentera un des derniers modèles. C’est la corniche du lavabo de la Chartreuse de Pavie (fig. 155).

Les artistes italiens qui ont eu, pour ainsi dire, le monopole de l'art de la mosaïque et des incrustations et qui ont su l’élever au plus haut degré de perfection, ne se sont pas limités à ces procédés. Sans parler des seraffiti qui jouissent d’une vogue extrême et qui étalent encoré leurs arabesques incisées sur les façades du palais Guadagni, à Florence, et du palais dei Cavalieri, à Pise, ni des wielles, véritables incrustations d'émail noir sur cuivre ou argent, l'ivoire, les pâtes d'ivoire’, l'étain, les marqueteries de bois

UE

KX on EECERRSLEE ESC RARE ELLES un LELECECELES i) ax NEJMME Me UE HLEJITE JE ICE LE IUCE IN € JE JN e me Bl Ë

Page 1