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FiG. 155. — Lavabo de la Chartreuse de Pavie (xvi° siècle).
et même les faïences émaillées furent utilisés dans l'art italien de la Renaissance, | toujours avec une perfection sans égale.
L'un des plus rares exemples de faïences incrustées se voit au monument de l’évêque
4 Certains meubles de fabrication lyonnaise du xvi° siècle, qui reproduisent des modeles italiens, étaient décorés de façon à imiter les incrustations d'ivoire, au moyen d’un mastic spécial composé de pâte d'ivoire refoulée dans les sillons creusés dans le bois. Deux coffres de mariage décorés à l’aide de ce procédé faisaient partie de la collection Rougier; ils ont été vendus en 1904, à Paris, pour 135.000 francs. et acquis par M°° la marquise Arconati-Visconti. Ces deux coffres ont été reproduits dans le Cafalogue illustré de l'Exposition rétrospective de Lyon en 1877, publié par M. J.-B. Giraud (pl. XXX). On n'en connaît qu'un autre analogue, au musée de South Kensington, à Londres.
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Federighi exécuté en 1455 par Luca della Robbia, dans l’église de la Trinité, à Florence. Le sarcophage sur lequel l'évêque est couché, et qui est surmonté des figures du Christ, de la Vierge et de saint Jean, est entouré d’un large cadre de marbre dans lequel l'artiste a introduit, à joints vifs, des plaques de faïence découpées et émaillées, sans aucun relief, représentant des fleurs, des feuillages et des fruits merveilleusement traités. Les filets d'encadrement, les fonds et contrefonds sont également composés de
fragments de faïences, blanc et vieil or, rapportés et incrustés (fig. 156). Outre la technique très intéressante de
cette œuvre, comme l'a fait observer très judicieusement M. Marcel Reymond, « cette ravissante bordure est la première recherche d’une forme d’art que Lucca reprendra
plus tard et à laquelle il donnera une importance tout
à fait exceptionnelle dans les deux dernières années de sa vie!.»
indépendamment de l'art du damasquinage qui enri-
chit, avec une admirable variété d'invention, tant d'objets de ferronnerie, tant d’armures surchargées de figures, de feuillages incrustés d’or et d'argent, les métaux
rouvèrent encore leur emploi en Italie dans la décora-
ion monumentale. Au xvi siècle, les parties antérieures des marches de marbre de l'escalier des Géants du Palais ducal de Venise furent comme damasquinées d’un alliage
e plomb et d'étain refoulé au marteau dans les creux
d'une gravure en queue d’aronde, qui offre une parfaite FiG. 156. — Faïences incrustées.
solidité (fig. I 57). Luca della Robbia (1455).
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7. — Incrustations de plomb de l’escalier des Géants, à Venise (xvi® siècle).
! Marcel Reymond, les della Robbia, p. 47.
GONIGIU SION
Cette rapide revue des différentes méthodes d’incrustations en Franceet à l'étranger a été forcément très incomplète, et nous ne saurions prétendre à épuiser une question aussi vaste et aussi complexe. Quantité de techniques ont dû être négligées, comme celle des carreaux historiés du xin° au xvr siècle, qui sont souvent de véritables incrus-
Fic. 158. — Dallage incrusté de la Sainte-Chapelle, à Paris (xix® siècle).
tations de pâtes cérames, ainsi que les célèbres faïences d’Oiron, dans lesquelles l’ornementation était creusée très délicatement de façon à recevoir les matières colorées et vitrifiables qui ne laissaient aucune saillie après la cuisson. Les marqueteries de bois incrustées, qui ont fourni aux ##{arsiatori italiens matière à tant de chefs-d'œuvre dans le mobilier des églises et des palais, aussi bien qu'aux artistes de la Renaissance française, auraient mérité de longs développements. Nous avons dû nous limiter à la recherche des procédés et des œuvres qui se rattachaient le plus étroitement à notre sujet.
Nous avons constaté l'emploi fréquent de l’ornementation incrustée pendant le cours du moyen âge et de la première Renaissance. Pourquoi nos modernes décorateurs, sans cesse en quête de procédés soi-disant nouveaux, ne reviendraient-ils pas à celui-ci,
en utilisant les ressources que pourrait leur offrir la science actuelle? Un essai de