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DANS LES CATHÉDRALES DE LYON ET DE VIENNE 9 tion (pl. Il). La plus bizarre fantaisie en a fourni les motifs dessinés avec une remarquable précision.
Dans les deux frises on constate un certain nombre de Janus bifrons ou têtes à
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deux profils, regardant le passé avec celui de gauche et l'avenir avec celui de droite. De là à figurer le présent avec un troisième visage, vu de face, il n'y avait qu’un pas; aussi les têtes à trois visages s’y trouvent-elles nombreuses. Cette personnification du Temps, d'origine toute païenne, prouve assez l'influence exercée sur les imagiers du xu° siècle
FiG. 18, 10. — Frises incrustées au-dessous du triforium de l’abside (fragments).
par le voisinage de nombreux monuments gallo-romains. Citons aussi plusieurs têtes de bouc et de lièvre ; deux poissons affrontés, répétés sur les deux frises.
Les animaux sont légion : le cheval, l'aigle, le cygne, le lion, soit de face, soit de profil ; enfin le hibou, le wpcficorax des bestiaires. On peut signaler encore un grand
FiG. 20. — Frise incrustée au-dessus du triforium de l’abside.
nombre de masques grimaçants, tous avec une physionomie des plus caractérisées : l’un tord sa bouche et cligne de l'œil: un autre, coiffé du bonnet pointu, alors en usage chez les Juifs, est saisi d’effroi à la vue d’un aigle surgissant devant lui. La lune étale sa face épanouie. Enfin, directement au-dessus du trône pontifical se montre un évêque mitré (fig. 17).
L'ampleur et la variété dans l’unité de l'exécution de ces deux frises montrent toute la vitalité du génie inventif de leur auteur.
Dans les deux chapelles latérales la frise inférieure de l'abside se retrouve au-dessus
du soubassement, avec le même dessin; le champ est
creusé de même, mais il
paraît n'avoir jamais été in-
crusté de ciment. Seules les
Fic. 21. — Base des colonnettes : À Fic. 22.— Base des colonnettes à angle ê- ; tee des chapelles latérales de l’abside. colonnettes d angle des fen des chapelles latérales de l’abside.
tres de ces deux chapelles ont des bases incrustées et décorées de palmettes, de lions, d'oves et d’autres motifs
d'ornement (fig. 21, 22).
Le même procédé de décoration a été employé avec plus de richesse et de souplesse encore dans le chœur de l’ancienne cathédrale de Vienne. La division en étages est identique dans les deux monuments. D'abord, un soubassement surmonté de sept grandes baies en tiers-point, puis le triforium aveugle, et enfin les fenêtres hautes, s’ouvrant sur une galerie extérieure, comme à Lyon.
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