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Justice, la Sagesse, etc.; au-dessous, une inscription de huit vers latins rappelait la gloire des martyrs lyonnais (fig. 46). Artaud attribuait cette mosaique au x° siècle. Elle semble bien plutôt n'être pas antérieure au xn°. Le sol du chœur de l’église d’Ainay, à Lyon, conservait de précieux vestiges de mosaïques, et l’on voit encore au pied du maître-autel une représentation de l’évêque Josserand offrant l'église qu'il venait d'achever en 1107!. Dans le chœur de l'église de Cruas (Ardèche), une mosaïque datée de MXLVIIT recouvre encore le sol du k 4 N
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Fi. 46. — Mosaïque de Saint-lrénée (fragments), d’après Artaud.
1 Voir l'ingénieuse reconstitution de cette mosaïque par À. Steyert, Nouvelle Histoire de Lyon, t. Il,
chœur derrière l'autel. On y reconnait les prophètes Élie et Énoch séparés par une croix et deux arbres symboliques!'. Rappelons encore celle de l’abside de Ganagôbie (Basses-Alpes) de 1120 environ?, de l'église de Sordes, dans les Landes, du xr ou xu° siècle, singulier mélange d’art antique et d'art français, et surtout la mosaïque, si souvent décrite, que Saint-Remi de Reims possédait encore au xvuie siècle. Les Prophètes, les Apôtres, les Évangélistes, les Saisons, les Arts libéraux, le Zodiaque, des sujets de l’Ancien Testament y étaient figurés en cubes de marbres et d’émaux. Elle datait de 1090. Enfin, l'un des plus splendides pavements en
mosaïque était celui que Suger avait fait exécuter vers 1140 dans son église
de Saint-Denis, pour la chapelle autre-
fois dédiée à saint Firmin, à l'entrée du rond-point, côté nord. Cette mosaïque saccagée par la Révolution est aujourd’hui anéantie, sauf quatre panneaux, très restaurés, conservés au Musée de Cluny. Mais peu avant sa destruction, l'architecte Percier en avait fait un
relevé exact, dont une fidèle copie put être conservée par E. Viollet-le-Duc.
C’est ce précieux document, qui fait partie de la série de dessins dont nous parlerons à propos des dallages incrustés, qui nous permet de donner
aujourd’hui la reconstitution de ce superbe ensemble (fig. 47), tout en respectant les lacunes du relevé de Percier résultant des dégradations déjà faites. Sur
Fi. 47. — Mosaïque de Saint-Denis.
la marche de l'autel des animaux fantastiques étaient figurés, et au-dessous quatre médaillons entouraient un sujet central représentant l’auteur de la mosaïque, le moine Albéric, en prière, vêtu d'un manteau bleu à capuchon et à revers rouges se détachant sur un fond d’or (fig. 48). Autour de lui, une inscription le désigne clairement
HOC PIHS ALBRICHS NOBILE FECIT OPvs. Une invocation en lettres blanches sur
fond bleu entoure le sujet : Æ QUI TE DEVOTVS ORO, CVI SERVIO TOTVS Æ MARTYR
1 M. H. Révoil a donné une excellente reproduction de la mosaïque de Cruas dans son Architecture romane du midi de la France, t. Il, pl. LXXVII. ? C. Enlart, Manuel d'archéologie française, 1, Architecture religieuse, p. 708-700, fig. 351.
SANCTE DEI, QVÆSO, MEMENTO MEI. Une large bordure contenant les travaux des douze mois (fig. 49), accompagnée d’une bande d’entrelacs et de grecques, encadrait toute la composition. De nombreux cubes d'or et de smalts de couleur, très probablement empruntés à d’anciennes mosaïques murales, concouraient, avec la serpentine, le porphyre, le vert antique, les marbres multicolores et même des fragments
de terre cuite, à la polychromie de ce décor. A côté de la mosaïque d’émail, les décora-
teurs des basiliques chrétiennes faisaient un fré-
FiG. 48. — Le moine Albéric.
Mosaïque de Saint-Denis (Musée de Cluny).
uent emploi des revêtements de marbre
incrustés d’onyx, de porphyre et même de nacre. Ce procédé, qui consistait à creuser le marbre à une certaine profondeur et à y incruster, à joints vifs, les divers éléments colorés, découpés exactement suivant le dessin des creux, était une véritable marqueterie, l'opus sectile
es Latins.
Au v' siècle, on transforma en église
la salle de tribunal que le consul Junius
ee Bassus avait fait élever à Rome, sur
FiG. 49. — Les travaux des mois : Septembre.
Mosaïque de Saint-Denis (Musée de Cluny).
l’Esquilin, en mémoire du triomphe de Constantin sur Maxence.
On se contenta d'ajouter une abside à la construction et l’on conserva le lambris de cette salle, décor profane, composé de mosaïques et de
marqueteries de marbres incrustés représentant des scènes mythologiques,
des combats d'animaux, etc. Des des- fre F : a
. , £ . VenTURI, Sforia del’ Arte Italiana, sins exécutés au xvi* siècle par Sangallo de RS : = FIG. 50. — Incrustations de marbre, provenant
et surtout deux panneaux conservés au de la basilique de Junius Bassus (Rome, Musée du Capitole).