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LA FENÊTRE ENSOLEILLÉE

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ensuite d’intervenir et de simplifier, comme il sait le faire d’une manière nettement personnelle .

Marquet, également, sait fort bien que les valeurs, les plans, les profondeurs, etc., etc., peuvent être réalisés avec le minimum de matière colorante. A peine, surcharge-t-il un peu les surfaces lumineuses. Et il obtient ainsi des paysages qui sont absolument beaux.

Parce qu’il n’invente pas, au sens étroit du mot, il ne faut tout de même pas voir en Marquet simplement l’œil — fût-il biblique! — dont je parlais tout à l’heure; car, de son voyage au JNlaroc, il a rapporté des peintures et des dessins dont la fantaisie est étonnamment expressive. Evoquons ses petits ânes trottant sous le poids des touffus Marocains, et nous vivrons des minutes joyeuses. Enfin, ses fiacr''s de Paris, ses passants, tout le remous du dessus d’un pont, je crois bien que personne ne l’a représenté d’une manière plus vivante, plus pittoresque. Les passants se hâtent, les chevaux trottent et les voitures elles-mêmes roulent.

Enfin, Marquet a peint des nus accomplis. C’est aussi par la science seule qu’il veut nous intéresser à ces filles, représentées sans fard dans des intérieurs de locatis ou d'atelier sans faste. Et il « ingrise » fortement ces nus; il les peint patiemment, lentement, sans reflets, sans mensonges, sans artifices. C’est la nature vue grain à grain et interprétée par un myope frénétiquement passionné et qui sait, cependant, pour le meilleur résultat, Mimiter ses ressources.

MATHAN. — Il y a dans certaines œuvres de M. Raoul de Mathan un sentiment décoratif très net; et je crois que c’est là la meilleure, vertu de son œuvre à ce jour. Sans doute, M. de Mathan a peint des paysages et des figures naéritoires; mais il abuse, peut-être, des couleurs soumises; et, lui aussi, il emploie souvent, trop souvent, un violet commun, qui devient très vite détestable.

LES INDÉPËNDAISTS

Pourquoi aussi M. de Matlian, qui a peint, d’une manière très prenante, de gaies rondes d’enfants, hante-t-il le Palais de Justice pour nous donner des faces de magistrats et d’accusés, bien tièdes à côté des farouches et basses trognes que peint si rageusement, si cruellement et si superbement Rouault?

Il faut laisser à ce dernier Cette chasse gardée, où Daumier, le grand Daumier lui-même^ n’est pas de taille !

ORTIZ. — Les œuvres de M. Ortiz sont très souvent molles, cotonneuses, pas construites. Quelquefois, elles font penser à des toiles de M. d’Espagnat. Cependant, elles sont toujours plus montées en couleur, plus vivantes. M. Ortiz a une fougue juvénile, c’est certain. Il peint des paysages, des portraits, des natures mortes avec un inconscient entrain. Il abuse du rouge ; mais M. Ortiz a une âme de Barbare; et cette couleur à coup sûr le réjouit.

OTTOZ. — M. Émile Ottoz est une partie de l’iiistoire maintenant constituée du Salon des Indépendants. Il fut de la période héroïque. Nous nous souvenons de ses paysages pittoresques, d’une agréable couleur; paysages dont la diversité était réelle .

C’étaient des sites du Grand-Morin, de Grécy-en-Brie, des études d’arbres, des saules souvent, au feuillage frémissant et argenté! Puis, d’autres années, apparaissaient des paysages d’Auvers, des brumes, des peupliers, des vieilles routes, et cette douce rivière qui fut peinte tant de fois : l’Oise, sereine et indolente!

PESKÉ. — M. Peské vient à la queue des néo-impressionnistes. Il ruse; mais il pense néanmoins, toujours, à Signac. Il dessine et il peint en hachures

MARQIJET

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