TROISIÈME PARTIE
qu'ils sentaient, somme toute, assez peu populaire et qu'ils espéraient voir glisser peut-être sur « la pelure d'orange » adroitement placée dans son chemin sous forme d'amendement dangereux? Etait-ce confiance en soi, certitude d'enlever le vote quoi qu'il arrivât?
Si l'on en excepte M. Norman, député de Wolverhampton, aucun des représentants qualifiés du Gouvernement ou de la majorité ne se leva pour répondre aux attaques souvent violentes de ses adversaires.
Il est vrai que l'intervention de M. Norman était particulièrement habile et devait profondément impressionner la Chambre.
Ancien membre de la Commission d'enquête sur l'immigration, homme d'une compétence indiscutée et d'une remarquable indépendance d'esprit, il s'avouait « partisan convaincu du Bill, bien qu'étant lui-même » un fils d'Ismaël (a species of Ishmael).
» J'appartiens à la religion israélite, et cette déclara- » tion faite en prenant la parole ne peut que donner » plus de poids aux observations que j'ai à vous sou- » mettre.
» Je reconnais sans hésiter qu'il y a un mal 1res grave » provenant de l'immigration russe et qu'il faut une loi » pour l'arrêter.
» Je me sépare entièrement de sir Charles Dilke, » lorsqu'il déclare que des mesures prises contre le » sweating seraient suffisantes. Ce serait mettre le furet » légal dans une des bouches du terrier tandis que » les lapins se sauveraient tous dans un autre. (It » would be merely putting a légal ferret into one » burrow, when the rabbits would ail boit into ano- » ther).
LE REMÈDE
» L'honorable Baronet (sir Ch. Dilke) nous a montré, » avec éloquence, les services rendus aux Etats-Unis » par ces immigrants arrivant with strong amis and » deft hands (avec des bras forts et des mains adroites).
» Je vais lui soumettre l'autre côté du tableau qu'il » a passé sous silence.
» Dans le vingt-septième rapport annuel (1901) des » Uniled hebrew charities, institution qui représente » les intérêts israélites aux Etats-Unis et qui a com- » muniqué ce document au Jewisb Board of Guardians » de Londres, je détache le passage suivant :
» Un état de misère chronique et effroyable dans » son immensité (appalling in its immensity) se déve- » loppe actuellement parmi la communauté juive de » New- York. 45 p. 100 de ceux que nous secourons, » c'est-à-dire 25.000 êtres humains résidant aux Etats- » Unis depuis plus de cinq ans, auraient pu profiter » pendant ce séjour des occasions d'amélioration » industrielle et économique que ce pays présente et » cependant n'ont pas su conquérir une position d'in- » dépendance matérielle. 2.585 postulants nouveaux » (new applicants), soit 7 p. 100 de l'immigration juive » aux Etats-Unis pendant Tannée, se sont adressés à » nous quelques jours à peine après leur débarquement.
» On peut, sans rien exagérer, affirmer que durant » cette année (1901), 100.000 de nos correligionnaires » de New-York se sont trouvés sans ressources suffi- » santés pour satisfaire aux plus strictes nécessités » de la vie (to supply themselves with the immédiate » necessaries of life) :
» L'horrible congestion dans laquelle vivent la plu- » part de nos frères, l'absence d'hygiène et la malpro-