TROISIÈME PARTIE
» prêté, le manque d'air et de lumière, et même sou- » vent l'inobservation, inévitable en de telles condi- » lions, des règles les plus élémentaires de la décence, » sont des circonstances trop connues pour avoir » besoin d'être exposées à nouveau.
» Et le rapport ajoute :
« De jour en jour le mal s'aggrave et devient plus » menaçant : aux souffrances physiques s'ajoutent, » avec autant de force les misères morales qui nais- » sent naturellement d'un pareil état de choses : le » vice, le crime, l'oblitération progressive de toute » idée religieuse, de tout respect personnel, un mépris » absolu pour les conventions sociales, une indul- » gence, une sympathie spontanée pour les appétits » les plus dégradés et les plus pervertis!
» J'oppose ce tableau à l'apologie de mon honorable » collègue, à son enthousiasme pour les bras forts et » les mains adroites !
» Le danger, le mal, sont-ils, chez nous, aussi ano- » dins qu'on aime à le prétendre ?
» N'avez-vous pas entendu notre collègue d'Elland » (M. Trevelyan) déclarer d'un air satisfait que ces » immigrants hébreux donnaient à tout prendre » d'assez bons citoyens (good enough citizens) ?
» Je connaissais, jusqu'à présent, le bon et le mau- » vais citoyen, mais qu'«est-ce que cette nouvelle caté- » gorie?
» Voulez-vous être renseignés ? Allez à la gare du » Métropolitain à quelques cents mètres d'ici et pre- » nez le train pour l'East End ; vous y serez en » vingt minutes ! Là, vous éprouverez $&ns doute, » quelqu'étonnement en voyant ceci ;
LE REMÈDE
» En descendant du train, vous trouverez à la sta- » lion tous les horaires des trains affichés en caractè- » res hébreux, de même que les réclames de théâtres » ou de lieux de plaisir. Dans la rue, d'innombrables » camelots vous offriront des journaux, assez peu » connus, je l'avoue, en dehors de ces parages, et » d'une tendance toute spéciale : ce sont des feuilles » anarchistes où Ton fait l'éloge des doctrines révolu- » tionnaires.
u Voilà le quartier habité par ces « good enough » citizens » dont on aime à plaider la cause devant » vous î » (l)
De son coté M. Cohen, député d'Islington, se déclarait d'accord avec M. Norman sur la nécessité d'enrayer l'immigration juive en Angleterre « afin d'em- » pêcher ce mal pire, qui commence à naître chez » nous, Y Antisémitisme, de prendre des racines dans » l'opinion publique du pays » (*).
L'appui prêté au Bill par ces représentants de la colonie juive eut une influence certaine sur le sort de l'amendement Dilke qui fut repoussé et la seconde lecture votée à la forte majorité de 241 voix contre 117, malgré l'intervention passionnée de M. John Burns (3).
(1) Pcuiiamentary Debates, vol. 133, p. 1110.
(2) Eod. loc. cit., p. 1113.
(3) Actuellement président du Local Government Board. 11 n'en est que plus intéressant de connaître les idées de M. John Burns sur la question ! Nous reproduisons ici quelques-uns des principaux passages de son discours :
« Votre Bill est intolérable ! Vous allez nous faire perdre par lui » une des plus belles qualités qui caractérisent un peuple libre :