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TROISIÈME PARTIE

La première « manche» perdue, les adversaires du Bill livrèrent un nouveau combat sur une question de procédure parlementaire. Le Bill devait-il être discuté, sa forme définitive élaborée en séances, devant la Chambre agissant en comité (Committee of the whole House), ou au contraire pouvait-on se décharger de ce travail de rédaction sur le comité de législa-

» l'hospitalité, l'asile accordés sans compter à quiconque vient » frapper à notre porte. Rien ne trahit mieux vos intentions que la >> disposition spéciale aux étrangers pauvres! A qui ferez- vous croire » que la présence sur le sol anglais de quelques malheureux juifs, » sans sou ni maille, auxquels vous reprochez, sans preuves, de » faire au travail national une concurrence désastreuse, justifie de » pareilles rigueurs ?

» L'ouvrier anglais est loin de se plaindre de cette prétendue «concurrence; ceux qui parlent, sans droit, au nom de la classe » ouvrière ne sont que des politiciens factieux qui sentent l'énerve- » ment et l'anxiété les gagner à l'approche des élections !

» Faut-il, parce qu'une poignée de pauvres juifs, fuyant la tyran- » nie et l'oppression qui sévissent dans un pays où régnent des » conditions économiques déplorables, vient se réfugier ici, en arri- » ver aux mesures extrêmes, adopter une « loi de panique » ?

» Je ne vois, quant à moi, aucune raison avouable pour repousser » les juifs en raison de leur pauvreté. Au contraire, volontiers, je -» voterais un Aliens' Bill dirigé exclusivement contre les juifs » riches de Bayswater, de Fitzjohn's Avenue, de Hampslead, de » Park Lane ou de Throgmorton Street! Je mets le gouvernement » au défi de s'attaquer à ceux-là !

- » La puissance politiqne et financière de ces rois de l'or est si » grande que le gouvernement est à leur discrétion et qu'ils le » mèneraient de Dun à Beersheba, si tel était leur bon plaisir !

» Nous avons un accroissement de notre dette nationale de » éb 250.000.000, nous avons gaspillé 22.000 précieuses vies dans » une campagne néfaste et nous perdrons finalement l'Afrique du » Sud à cause du juif riche qui a vu, dans cette guerre désastreuse, » une occasion de s'enrichir encore! Celui-là devrait rentrer dans

LE REMÈDE

tion (grand committee on law), quitte à discuter ensuite le fond de chaque article lorsque le projet définitif aurait été établi par la commission ?

Les libéraux insistèrent de toute leur force, pendant une séance entière, pour que ce travail préliminaire fût retenu par la Chambre, alléguant que les « Grand committees », depuis leur création inspirée par

» voire loi, lui qui achète les politiciens (because he suborns politi- » dans . Vous souriez ?

» Considérez ce qui s'est produit pour le Rapport du Comité du » Cap ! Le juif riche achète les juges et corrompt les parlements; » il organise des expéditions à main armée (raids), fomente des » révoltes, ne recule devant rien pour amasser un peu plus d'or!

» Voilà le danger pour notre pays ! Le juif pauvre, le voudrait-il, » ne peut nous faire aucun mal, en raison môme de sa pauvreté . .

» Votre Bill n'est qu'un bluff h la veille des élections générales; » c'est une mesure nouvelle inutile parce que vous possédez déjà » les armes nécessaires. Les règlements sanitaires, les pouvoirs » d'expulsion, la loi contre les souteneurs seraient suffisants si » vous en assuriez l'application intégrale.

» Vous reprochez à ces étrangers de venir concurrencer chez lui » l'ouvrier anglais. Où trouvez-vous cette concurrence si préjudi- » ciable aux intérêts de nos classes laborieuses ? Est-ce dans le » commerce des glaces à la crème ou des marrons grillés, est-ce- » dans l'art de jouer de l'orgue de Barbarie ou bien est-ce dans ces » mille négoces, ces petites industries d'à côté dont ces étrangers » ont le secret et où, ma foi, je ne souhaite guère de voir nos » ouvriers rivaliser avec eux?

» Votre Bill vise les gens ne possédant pas de moyens visibles ou » probables d'existence. Quel sera votre critérium: sera-ce l'habit » plus ou moins râpé et le souteneur en chapeau haut de forme » aura-t-il droit à votre respect?

» Votre réforme est dangereuse à cause de la politique de réci- » procité (retaliation) que les pays voisins ne manqueront pas d'éta- » blir contre nous. Or nous sommes avant tout un pays d'émigra-

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