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TROISIÈME PARTIE

» répètent, chacun d'eux offrant un prétexte àd'innom- » brables et interminables discours. Trois lignes du » projet ont été examinées en six jours de séance, soit » une demi-ligne par jour. A ce train-là, il faudrait ».une année entière pour que la Commission pût ter- » miner ses travaux!

» Le gouvernement préfère, dans ces conditions, » retirer purement et simplement le projet qu'il vous » avait soumis, se réservant de vous le présenter à » nouveau, avec telles modifications qu'il croirait » devoir lui apporter, dans le courant d'une prochaine » session » (!).

Cette retraite en bon ordre est faite pour surprendre î Comment expliquer un tel aveu d'impuissance après la volonté des Communes nettement exprimée dans les deux scrutins relatifs à l'amendement Dilke et au vote de la seconde lecture, vote qui sanctionnait à plus de cent voix de majorité le principe même du Bill? En de pareilles circonstances, le changement d'attitude du gouvernement prenait, il faut l'avouer, les apparences d'une reculade î

Devons-nous voir dans cette décision subite une preuve de manque de conviction, d'indifférence pour un projet considéré comme une manœuvre électorale plutôt que comme une réforme utile, sentiments qui s'étaient manifestés déjà par une défense si molle lors des premières séances des Communes et qui dictaient encore au gouvernement sa brusque résolution de se débarrasser à mi-chemin d'un enfant mal venu et compromettant, dont on lui imposait la paternité?

(1) Pari, debates, vol. 137, p. 1220.

LE REMÈDE

Faul-il voir surtout dans ce flottement d'attitude le résultat naturel de la politique irrésolue et mal définie (') de M. Balfour, qui, par son indécision, par ses hésitations, et malgré l'appui de fait de la majorité, semblait se laisser impressionner et dérouter par les coups de bélier répétés du bloc libéral?

Il semble qu'après cet essai négatif de 1904, après cette rude prise de corps avec l'opposition, M. Balfour, tel Achille blessé au talon, dût préférer se retirer sous sa tente et dans une expectative prudente y attendre les élections en ajournant tout nouveau projet sur la brûlante question des immigrants.

Mais deux raisons l'obligèrent à l'action.

Tout d'abord, Tannée 1004 correspondit à une augmentation inquiétante du nombre des immigrants; le problème posé et non résolu s'aggravait chaque jour davantage! C'est une constatation que les partisans d'un Aliens' Bill ne manquèrent pas de soumettre à l'attention du gouvernement dès la rentrée des Communes, comme un puissant argument en leur faveur, reprochant au ministère responsable son inertie et ses lenteurs et lui rappelant sa promesse de déposer un nouveau projet.

D'autre part, l'année 1905 marquait la fin des pou-

(l) M. Labouchère, demandant des explications à M. Balfour, à la suite de sa résolution communiquée aux Communes de retirer le Bill, faisait cette cinglante remarque : « Je n'attends du premier » ministre ni lumière, ni ligne de conduite (light and leading), car » dans ses discours il témoigne d'un esprit si vaste, il plane à une » telle hauteur au-dessus de moi, que je me déclare incapable de le » suivre dans les nuages métaphysiques qu'il fréquente si volon- » tiers » (Pari, debates, vol. 135, p. 1124).

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