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TROISIÈME PARTIE

voirs de la Chambre et le pays devait être nécessairement consulté sur le programme protectionniste dans son ensemble. C'était la plateforme générale, essentielle, des élections. Or, la question des étrangers était considérée par beaucoup comme un simple aspect du problème protectionniste; elle s'offrait donc d'ellemême et dans toute sa force au jugement de l'opinion, la protection de la main d'oeuvre anglaise apparaissant comme un corollaire naturel de la protection de l'industrie ou du commerce national.

Dès le commencement de 1905, des polémiques violentes éclatent dans les journaux; quelques élections partielles, ayant eu lieu dans les premiers mois de l'année, occasionnent des proclamations enflammées; on se déclare pour ou contre FAliens' Bill, comme on était en France, aux élections dernières, pour ou contre la séparation des Eglises et de l'Etat.

A Chichester, par exemple, les murs se couvrent d'immenses affiches de huit pieds sur quatre, séparées en deux par un grand trait noir. D'un côté, sir Charles Dilke est représenté accueillant, avec son plus aimable sourire, toute une longue théorie d'ouvriers étrangers arrivant en Angleterre; de l'autre côté, l'honorable député d'East Fife (1) parlemente à une brigade d'ouvriers anglais qui sollicitent du travail, leurs outils sur l'épaule.

En légende : « Nous n'avons pas de place pour ces » ouvriers anglais; nous voulons seulement ceux qui » sont de l'autre côté du tableau I »

En soutenant son candidat à l'élection de Staily-

(1) M. Asquith.

LE REMÈDE

bridge, le Comité central du parti conservateur distribuait à profusion dans la circonscription un papier sur lequel on lisait :

« Qu'ils viennent tous ici! Tel est le cri de guerre » des radicaux (Let them ail corne here, is the radical » cry). Les radicaux montrent par leur opposition » irréductible à un Aliens' Bill qu'ils sont évidemment » enchantés de voir tous les étrangers criminels ou » atteints de maladies inavouables (who suffer from »>loathsome diseases), tous ceux qui ont été chassés » de chez eux et sont réduits à la mendicité, venir » chez nous pour nous contaminer et causer du scan- » dale. Qu'importe ! Le radical bénit tout cela ! »

Ainsi la pression de l'opinion du parti conservateur, autant que les événements mêmes, obligeait le gouvernement à reprendre sans délai l'œuvre abandonnée Tannée précédente.

Le 18 avril 1905, MM. l'Attorney gênerai Akers Douglas, Balfour, Cochrane et Bonar Law déposaient devant les Communes, au nom du gouvernement, un nouveau Bill « ayant pour but d'amender la loi rela- » tive aux étrangers » (').

Ce second projet était fort différent du premier.

Alors que le Bill du 29 mars 1904 visait expressément dans deux cédules énumératives les catégories d'étrangers soumis à l'exclusion ou à l'expulsion (2),

(') A Bill to amend the law with regard to Aliens' Bill 187.

(2) La première cédille, relative aux cas d'exclusion des passagers (passengers) concernait : a) les personnes ayant, dans les cinq années précédentes, encouru à l'étranger une condamnation pour crime entraînant l'extradition d'après l'Act de 1878; b) les prostituées et individus vivant de la* prostitution ; c) ceux présumés

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