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TROISIÈME PARTIE

Une première raison, d'apparence politique, influençait la discussion.

La situation des partis s'était modifiée profondément depuis Tannée précédente, au détriment des conservateurs. L'opposition, à mesure que la consultation générale du pays approchait, voyait ses forces s'accroître et se sentait d'humeur plus combative étant toujours plus soutenue par le courant d'idées libérales qui remuait l'Angleterre. L'étoile de l'impérialisme allait pâlissant !

A cette cohésion du parti libéral — c'était une seconde raison qui facilitait ses efforts — les soutiens du gouvernement n'opposaient que faiblesse et divisions intestines.

M. Chamberlain, ange déchu du protectionnisme, abandonné par le gros de ses anciennes troupes, avait conservé autour de lui, comme un vieille garde de partisans, quelques disciples impénitents ; ainsi subsistait, à côté des gouvernementaux, un clan de Chamberloinisles irréductibles qui, par rivalité politique, sympathisaient plutôt avec l'opposition contre ceux plus modérés qu'ils considéraient comme des transfuges passés au camp des « Petits Anglais » !

L'ancien secrétaire d'Etat des colonies s'était jusqu'alors tenu en dehors de la discussion de l'Aliens' Bill.

Il n'intervint qu'une fois au cours des débats sur le second projet et cette intervention toute personnelle eut pour effet (peut-être pour but) de mettre le gouvernement dans la plus fâcheuse posture et fit à merveille le jeu des adversaires du Bill.

Le gouvernement s'était toujours énergiquement

LE REMÈDE

défendu de faire œuvre de protectionnisme en présentant un Aliens' Bill et il avait, à maintes reprises, affirmé que le projet de loi sur les étrangers n'offrait rien de commun avec ce que Ton était convenu d'appeler a le programme Chamberlain » et ne représentait nullement, au point de vue de ses intentions, un commencement de mise en pratique des idées de protection (r).

Pendant la discussion sur la seconde lecture du Bill du 18 août, M. Chamberlain, jetant brusquement à bas sa muselière, suivant la pittoresque expression de M. Emmott (*), venait prendre la défense du projet Balfour au nom des principes protectionnistes purs.

a A entendre les discours des membres de l'opposi- » tion, déclarait le député de Birmingham, j'ai acquis » la conviction qu'ils n'ont pas découvert le principe » véritable du Bill ! Le gouvernement nous a présenté » toutes sortes d'arguments en faveur de son projet » mais il n'a pas, jusqu'à présent, fait toute l'allusion » méritée à un point de vue beaucoup plus important, » à un principe qui est le fondement même du Bill » (which underlies the Bill) et qui fait de cette grande » réforme le point de départ d'une marche en avant » vers des choses beaucoup plus grandes (and makes » the Bill only a step towards much greater things).

» On vous a dit que ce Bill était dirigé contre les » les « Undesirable Aliens », contre cette importation

(1) M. Balfour avait déclaré que, sous certaines réserves, il accepterait « les étrangers sans argent mais avec des mains prêtes » au travail (people without money but with willing hands) ». Voit- Discours de sir Charles Dilke, P. D., 145, p. 838.

Député d'Oldham, v. Pari, debates, vol. 145, 767.

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