‹ Les indésirablesChapitre 110 sur 151 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

» de malades et de criminels qui constitue une » question d'hygiène physique et morale pour notre » pays.

» Ce sont là des considérations secondaires; notre » but est autre !

» La raison principale pour laquelle ce Bill est » aujourd'hui devant vous, pour laquelle vous le sou- » tiendrez tous, est qu'il constitue un effort pour pro- » téger les classes laborieuses de ce pays contre le » travail à bas prix (underpaid labour) de cette caté- » gorie d'étrangers qui immigrent chez nous.

» C'est un pas en avant (a step), trop petit à mon » gré, si on le compare à ce qui devrait être fait, pour » se protéger contre cette basse classe de main d'œu- » vre dont l'introduction a pour résultat d'avilir les » salaires et d'abaisser les conditions d'existence de » notre population ouvrière (the standard of life of » our working-population), trop petit, si on le com- » pare à une autre mesure plus radicale et plus effi- » cace qui, je l'espère, sera prise avant peu pour » empêcher aussi les marchandises que ces étrangers » fabriquent chez eux d'envahir notre marché. Je » m'étonne, dans ces conditions, étant donné l'esprit » qui anime cette réforme et que nous ne cachons pas, » je m'étonne que l'Opposition n'ait pas adopté son » système habituel d'obstruction et ne vote pas d'em- » blée et par principe contre le Bill en bloc, comme » elle se croit obligée de le faire contre tout ce qui vient » restreindre les délices du système libre-échangiste » (the delights of the free-import System). C'est une » contradiction de votre part ! Il devrait être aussi » néfaste, selon vous, de s'opposer à la libre entrée des

LE REMÈDE

» hommes qu'à celle des marchandises ou des produits » étrangers.

» Les immigrants viennent en Angleterre pour faire » concurrence à nos ouvriers et y gagner des salaires » qu'ils ne trouveraient pas chez eux. Voilà le motif » de leur voyage, bien plus que toutes les raisons de » persécution avec lesquelles on voudrait vous api- » toyer. Ils viennent ici enlever à nos compatriotes ce » travail de chaque jour dont les ouvriers malheureux » ont le plus urgent besoin pour assurer leur pain, et » eux-mêmes souffrent de cette continuelle invasion » de nouveaux arrivants et ne peuvent rien faire pour » améliorer leur situation.

» Tous ceux qui, comme moi, considèrent cette » question en se plaçant exclusivement sur le terrain » national, au seul point de vue anglais, se voient » accusés d'antisémitisme. Il n'y a aucune arrière- » pensée d'antisémitisme dans ce mouvement d'hosti- » lité contre l'immigration.

» Je me rappelle une conversation que j'ai eue » récemment à ce sujet avec lord Ferdinand de Roths- » child : vous connaissez tous ce grand bienfaiteur » des œuvres juives en Angleterre. Il m'avouait ses » craintes que ce sentiment d'hostilité contre les immi- » grants ne se transformât précisément à la longue en » une agitation antisémite. Direz-vous pour cela que » lord Rothschild soit antisémite? Il craignait, comme » moi-même, que la question économique ne disparût » bientôt devant la question nationalité.

» Ce Bill, j'insiste encore sur ce point, est une con- » séquence naturelle de la « Fair Wages Resolution ». » Vous avez décidé, en votant cette résolution, qu'au-

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