TROISIÈME PARTIE
» Le seul, Tunique problème qui se pose devant le » Parlement est celui de savoir si nous devons ou non » exclure de ce pays les individus qui, selon toute » apparence, deviendront une charge pour le public!
» Quant à la question de savoir si nous touchons au » protectionnisme, je vous ferai remarquer que l'intro- » duction dans le débat de points de vue purement » économiques me paraît tout à fait hors de place. On » ne peut, sans aller vers bien des erreurs, raisonner » avec des « êtres humains » comme on le fait avec » des marchandises inanimées. Que gagnez- vous (sinon » d'envenimer et de compliquer la situation) à arborer » le pavillon libre-échangiste ou protectionniste, quand » il s'agit seulement du flux et du reflux de cette » marée humaine?
» Un de nos honorables collègues déclarait, il y a » un instant, qu'il prévoyait un moment où l'élément » étranger disloquerait notre industrie nationale. Eh » bien! en supposant même une pareille éventualité, » je déclare que ce bill ne se propose pas de remédier » à une telle crise. Notre projet est limité aux « Indé- » sirables » et n'a donc pas en vue tous les étrangers.
» La seule question que le Comité ait à aborder est » celle-ci :
» Devons-nous ou non, dans l'intérêt de la commu- » nauté prise en bloc ou, en particulier, de certains » districts de la métropole à la charge desquels ces » immigrants tombent plus directement, devons-nous » ou non, en tant que nation, en raison de nos tradi- » tions ou pour de simples motifs d'humanité, per- » mettre à ces étrangers de devenir une partie de » nous-mêmes, de prendre part aux avantages de
LE REMÈDE
» notre vie sociale, de se faire peu à peu naturaliser ».et de revendiquer les droits et les privilèges que leur » donneraient la naissance anglaise et la qualité de » citoyens du Royaume-Uni?
» N'avons-nous pas le droit et même le devoir d'ex- » dure ces nouveaux-venus tant qu'ils ne nous auront » pas prouvé, je ne dis pas nécessairement par la » présentation d'une somme d'argent, mais d'une » manière ou d'une autre (in some way or other), » qu'ils ont la possibilité de gagner leur vie, et cela » d'autant plus que nous sommes obligés par notre » propre législation de venir en aide aux déshérités et » d'assurer certaines mesures sanitaires dont ces » immigrants bénéficient dans une large mesure?
» Voilà le principe « cardinal » du Bill et, sur ce » terrain-là, je ne vois pas comment l'opposition elle- » même ne nous soutiendrait pas! » (1)
Mais ces déclarations du ministre des finances ne pouvaient effacer dans l'esprit de la Chambre la profession de foi de M. Chamberlain. M. Campbell-Bannerman se faisait l'écho de ce scepticisme, lorsqu'il rappelait à la tribune que « l'honorable député de » West Birmingham avait revendiqué le Bill comme le » premier pas d'une marche glorieuse vers l'exclusion » non seulement des étrangers, mais aussi de leurs » marchandises (the first step in the glorious progress » towards the shutting out not only of the foreigner, » but of his goods).
» Le gouvernement ne semble pas, tout au moins » ouvertement, accepter cette manière de voir, mais si
(*) Parliamentavy debates, vol. 148, p. 839 et s.