TROISIÈME PARTIE
». peu que le Bill possède une pareille tendance, je » déclare que c'est une raison de plus pour le com- » battre » (*),
(!) Parliamentary debates, vol. 149, p. 1278. . L'attitude du « parti ouvrier », eu ce qui regarde celle question économique de protection, mérite d'être signalée. Elle fut ïincohérence même !
M. Keir Hardie, à la suite de MM. John Burns et Wilson, vint attaquer à la tribune ce qu'il appelait « a fraudulent measure », une loi frauduleuse. Frauduleuse pourquoi ? Parce que Ton se plaisait, suivant le leader du « Labour Party », à défigurer, à présenter sous un jour faux, les vœux de la classe ouvrière :
« M. Chamberlain a parlé de ce que désire et de ce que pense la » classe ouvrière. Eh bien ! je puis affirmer ceci: les travailleurs ne » demandent nullement la loi qu'on vous propose. C'est en vain » que vous consulteriez les rapports des congrus généraux des » Trade-Unions pour y trouver une allusion quelconque à celte » innovation ou une marque d'approbation en sa faveur, et il faut » remarquer que le congrès général est la manifestation annuelle du » mouvement des trade-unions » {Pari, cleb., vol. 145, p. 778).
Donc, d'après l'orateur, les trade-unions ne demandaient nullement la protection du travail national contre le travail importé. Le parti ouvrier reprenant, avec des intonations différentes, l'air favori de sir Charles Dilke, proclamait : Men wilhout money, but with willing hands! « Let every men corne who are prepared to work under fair conditions ! »
C'était assez peu logique, en somme, pour des représentants des intérêts ouvriers de se déclarer, en principe, opposés à toute restriction de la concurrence de la main d'oeuvre étrangère!
Les leaders socialistes furent bientôt fort embarrassés de s'être déclarés avec tant de netteté partisans du « libre-échangisme » de la main d'œuvre et acculés à de regrettables contradictions.
Au cours de la discussion, le Gouvernement fut amené à s'expliquer sur la question suivante : « L'art. 1, § 3 (a) du Bill range parmi les indésirables ceux qui ne peuvent établir qu'ils possèdent ou sont à même de se procurer des moyens d'existence. Or, l'officier d'immigration devra-t-il considérer comme 'preuve de ces
LE REMÈDE
A côté de la question économique de principe, l'opposition reprenait contre le Bill les arguments déjà développés au cours des débats sur le projet de 1904.
En première ligne, les raisons que nous qualifierons de sentimentales ; elles constituaient un long plaidoyer en faveur des enfants d'Israël.
•« On semble accuser les juifs de Russie, de Pologne » ou de Roumanie d'être de mauvais citoyens qu'il » serait dangereux de laisser entrer chez nous, pro- » clamait M. Herbert Samuel, député de Yorkshire » (Cleveland) (,).
moyens d'existence un contrat de louage de services émanant d'un patron anglais ?
C'était poser la question du « labour under con tract » déjà tant agitée en Amérique (suprù, p. 148).
Le Gouvernement avait déclaré qu'à son avis, en pareil cas, l'officier d'immigration devrait donner le permis de débarquer. Cette solution eut le don d'exaspérer M. Keir Hardie, qui voulait y voir « la légalisation de l'immigration au moyen de contrats, d'engagements conclus avec des ouvriers étrangers et un coup droit porté à l'efficacité des grèves,les patrons ayant toutes facilités pour faire venir la main d'œuvre du dehors en cas de difficultés avec leur personnel ». Le député de Merthyr Tydvil déposait, en conséquence, un amendement quelque peu fait pour nous surprendre, étant données les opinions si hostiles au protectionnisme de son auteur :
« L'étranger sera également déclaré indésirable et refusé au » débarquement s'il arrive dans ce pays avec un contrat de travail » (under a contract) ou pour y prendre la place d'un ouvrier an- » glais pendant une grève ». Cet amendement que le gouvernement refusait d'accepter « parce qu'il était protectionniste » fut repoussé par 215 voix contre 148.
O Pari, deb., vol. 145, p. 731.
V. Ibid., loc. cit. ,1a discussion de l'amendement Dilke ayant pour