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TROISIEME PARTIE

» disait M. Asquith. Avez-vous oublié que quelques- » unes des lignées qui ont le plus contribué à la pros- » périté de notre pays ont été fondées, dans les temps » passés, par des individus immigrés qui auraient » succombé devant l'épreuve que vous voulez instituer » aujourd'hui? La pauvreté seule ne saurait être une » barrière quand la personne considérée est honorable » et qu'elle apporte ici son contingent de capacité et » d'intelligence productive » (').

a Si je comprends bien la définition que le Bill » donne de l'immigrant, ajoutait le major Seely, » député de l'île de Wight, lorsqu'un homme sera » riche, en dehors de toute autre considération, il ne » devra pas être traité comme immigrant; s'il s'agit » d'un pauvre, au contraire, quelle que soit sa respec- » tabilitéy votre définition s'appliquera et il pourra se » voir interdire l'accès du territoire britannique.

» Voilà le principe antichrétien (unchristian) qui » repose à la racine même du projet » (2).

« Vous faites aux immigrants un crime de leur pau- )> vreté, déclarait à son tour M. Keir-Hardie, ... et ainsi » ces malheureux êtres poursuivis à coup de fusil dans )> les rues de Varsovie, ces loques humaines auxquelles » on a donné la chasse comme à des bêtes de proie, se » voient encore fermer les portes d'un de leurs derniers » asiles » (3).

C'était déplacer la question que de s'apitoyer ainsi sur les malheurs du peuple juif en Russie. Certes, tout

(l) Pari, debates, vol. 145, p. 743.

(«) Ibid., vol. 148, p. 292.

(3) Pari, debates, vol. 145, p. 779.

homme civilisé doit frémir à la seule pensée des persécutions affreuses encouragées et même officiellement organisées en ce pays de barbarie, au simple récit de ces hideux « pogroms » qui assouvissent les haines de races dans les pleurs et dans le sang, laissant derrière eux une longue traînée rouge !

Mais, au point de vue de son intérêt national, l'Angleterre ne pouvait envisager cet aspect purement sentimental du problème. C'eût été de sa part faire acte de philanthropie internationale, assez naïve, en somme, puisque contraire aux intérêts individuels du pays basés sur un égoïsme personnel justifié. Les manies philanthropiques sont aussi dispendieuses et aussi dangereuses pour les pays que pour les individus qui en sont atteints, et il faut bien reconnaître que, dans ses théories, le parti libéral se montrait plus doctrinaire que patriote.

Charité et politique sont des mots qui hurlent ensemble!

C'est ce que M. Balfour faisait fort sagement remarquer aux grands prêtres de cette religion de fraternité internationale, en plaçant leurs belles théories en présence des difficultés pratiques et des conséquences logiques de leur application.

Contre ces raisons de cœur, le premier lord du Trésor faisait valoir les raisons de poche.

« Si vous votez contre ce bill, désireux de recevoir » chez vous tous ces parias de l'humanité, toutes ces ». victimes malheureuses de la persécution, vous émet- » trez un vote charitable. Soit ! Mais il faut alors, comme » conséquence, accepter aussi le fardeau national » (national burden) : il faut avoir en vue le paiement

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