TROISIÈME PARTIE
» de cette charité que vous voulez faire. Où trouverez- » vous un chancelier de l'Echiquier auquel vous puis- » siez sérieusement demander d'établir un plan finan- » cier faisant face aux dépenses nécessitées par la mise » en pratique de ces magnifiques sentiments ?
» You cannot provide an unlimited asylum by an » unlimited sacrifice.
» Je conçois qu'en se plaçant sur un terrain de senti- » mentalité générale, en. faisant abstraction de ses » frontières pour des motifs très nobles et très supé- » rieurs de solidarité, une nation civilisée puisse se » croire, dans une certaine mesure, obligée envers les » membres malheureux d'une autre nation. Mais, fai- » sons passer les nôtres d'abord!
» C'est vraiment un cosmopolitanisme par trop grand » que celui de quelques-uns d'entre vous qui feraient » passer leur famille avant leur propre patrie! » (')
En dehors des griefs d'ordre plus particulier relatifs à la situation nouvelle faite par le Bill aux immigrants russo-polonais et aux étrangers pauvres, l'Opposition, toujours au point de vue sentimental, s'attaquait au principe même de la réforme parce qu'elle équivalait à une restriction du droit d'asile.
N'allait-on pas, disait-on, rompre avec toutes les traditions de l'Angleterre, faire litière d'un axiome sacro-saint du droit des gens dont l'observation scrupuleuse avait fait à travers les siècles l'honneur et l'orgueil du peuple anglais qui, par son respect de la liberté d'opinion et d'action, donnait une leçon au monde?
(*) Parliamentary debates, vol. 149, p. 178.
L'apôtre du droit d'asile, sir Charles Dilke, prit, avec toute sa chaleureuse éloquence, la défense de ce qu'il considérait « comme une des gloires de l'An- » gleterre, comme un des attributs essentiels de sa » grandeur ». Il prononça à ce sujet dans la séance du 3 juillet 1905, un de ses plus beaux discours (')..
Aux périodes enflammées de sir Charles Dilke, M. Balfour opposa la froide réalité de l'histoire :
« Si nous en croyons réminent Baronet, remarquait » le premier ministre, notre pays aurait de temps » immémorial pratiqué le droit d'asile. Oublie-t-il » donc qu'il existe encore une loi contre les Jésuites ? » Elle n'est pas appliquée, soit î mais elle n'est pas » abrogée î
» Avez-vous étudié — et ici je m'adresse aux meui- » bres anglais et écossais de cette Chambre — avez- » vous étudié les lois appliquées à l'Irlande quand » les Puritains avaient la haute main sur la législation » du pays, c'est-à-dire pendant plus d'un siècle, à » dater de l'entrée en fonctions du Long Parlement? » Etait-ce pour autre chose que pour leur foi reli- » gieuse que l'on persécutait alors les catholiques » irlandais, avec ce merveilleux résultat qu'un nom- » bre énorme de nos frères d'Irlande, chassés de leur » propre patrie par la persécution religieuse, cherchè- » rent refuge au dehors où ils rendirent souvent de » brillants et signalés services?
» Jusqu'en 1829, l'entrée de votre Parlement a été » interdite aux catholiques. Est-ce là, oui ou non, de » la persécution religieuse?
(*) Ibid., p. 150 et s.