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QUATRIÈME PARTIE

de leur répertoire parlementaire les lamentations des grands jours; ils se voilèrent la face, gémirent sur les iniquités qu'on allait commettre ! Leurs pleurnicheries mélodramatiques et sentimentales impressionnèrent Y homme des hésitations ('), M. Balfour, qui, conduisant un parti divisé, à la tête d'un ministère disloqué, s'effrayait d'engager la bataille à fond et préférait accorder des concessions plutôt que de compromettre le Bill dans son entier.

Le Bill fut retiré pour être présenté à nouveau au Parlement l'année suivante.

Dans le second projet, du 18 avril 1905, devenu l'Aliens' Act, la prohibition concernant les personnes de réputation notoirement mauvaise a disparu. La répartition limitative des indésirables en indigents, malades, criminels ou individus déjà expulsés, ne permet pas, à moins d'extension arbitraire, d'appliquer la loi aux anarchistes militants. Et même, il faut remarquer qu'en ce qui concerne les criminels anté-

(') Voici comment M. Augustin Filon, dans un article paru dans la Revue des Deux-Mondes (15 février 1906; intitulé « Les élections anglaises », juge M. Balfour :

« Quant à M. Balfour, chef officiel de la majorité et du minis- » 1ère, il se réfugiait dans le doute méthodique et raisonné, dans le » « Que sais-je » de Montaigne. Il étudiait, il cherchait, non pas » « en gémissant », comme le chrétien de Pascal, mais en conti- » nuant à gouverner le pays. C'est une attitude fort sage et un état » d'âme qui convient admirablement à un simple citoyen ; mais, » quand on conduit une grande nation, on est tenu de savoir où » l'on va. Que penserions-nous d'un général d'armée qui demande- » rait son chemin aux passants? On ne pouvait deviner s'il était » protectionniste avec un grain de libre-échangisme ou libre- » échangiste avec un soupçon de protectionnisme ! »

CONCLUSION

rieurement condamnés, seuls sont considérés comme indésirables ceux dont la condamnation aurait été encourue pour crime entraînant l'extradition; or l'Extradition Act de 1870, texte étroit et suranné, ne vise nullement la propagande par le fait et s'en tien} très explicitement à certains crimes de droit commun, à ce que l'on pourrait appeler : le petit courant de la criminalité.

Les anarchistes, à moins de les exclure comme fous, restent donc en dehors de la loi.

Ainsi, sous un autre aspect, le splendide isolement la « splendid isolation », si chère aux politiciens de l'Ecole de Manchester, continue ! Seule parmi les nations civilisées, l'Angleterre persiste à accueillir chez elle les misérables dont la dynamite est l'argument favori.

Céder sur une question aussi grave, aussi intimement liée à la cause de la civilisation, équivalait à une lamentable reculade des défenseurs de Tordre, à une victoire morale pour les anarchistes.

Mais, si le gouvernement conservateur a fait preuve d'une regrettable faiblesse en amendant sur ce point le Bill de 1904, il faut, pour attribuer à chacun son dû, reconnaître que c'est le parti libéral anglais qui a exigé cette modification. C'est aux libéraux de supporter devant le jugement du monde tout le poids, toute la responsabilité d'une semblable politique.

Cette politique est louche et même, au premier abord, incompréhensible!

Comment expliquer l'état d'âme des libéraux lorsqu'ils témoignent tant d'indulgence aux anarchistes?

En premier lieu, le libéral obéit à une raison ou

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