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DEUXIÈME PARTIE

autant à l'égard des catholiques et des protestants luthériens.

Quelques réfugiés juifs viennent aussi de Galicie et d'Autriche où ils ont à souffrir d'une antipathie nationale très vive.

La Roumanie fournit également à l'Angleterre un certain nombre d'immigrants juifs et, bien que le mouvement se soit notablement ralenti depuis 1900, il est nécessaire d'en dire ici quelques mots.

En 1878, les puissances signataires du traité de Berlin avaient usé de leur influence pour faire rapporter toutes les mesures vexatoires édictées contre les juifs.

L'article 44 du traité dispose :

« En Roumanie la distinction des croyances reli- » gieuses et des confessions ne pourra être opposée à » personne, comme un motif d'exclusion ou d'incapa- » cité, en ce qui concerne la jouissance des droits ci- » vils et politiques, l'admission aux emplois publics, » fonctions et honneurs, ou l'exercice des différentes » professions et industries dans quelque localité que » ce soit.

» La liberté et la pratique extérieure de tous les cul- » tes seront assurées à tous les ressortissants de l'Etat » roumain aussi bien qu'aux étrangers, et aucune » entrave ne sera apportée, soit à l'organisation hié- » rarchique des différentes communions, soit à leurs » rapports avec leurs chefs spirituels.

» Les nationaux de toutes les puissances, commer- » çants ou autres, seront traités en Roumanie sans » distinction de religion sur le pied d'une parfaite éga- » lité ».

LE MAL

Le gouvernement roumain promit tout ce qu'on voulut et n'en tint aucun compte. Au contraire, la situation des juifs empira; sous la pression de l'opinion publique, une véritable persécution légale s'organisa contre eux.

Le juif fut mis au ban de la nation. En veut-on une idée? C'est de l'actualité!

Les malades de confession israélitene peuvent être admis dans un hôpital chrétien. L'hôpital Saint-Spiridon de Jassy se fait, entre tous, remarquer par sa tolérance (?) Il consent à leur entr'ouvrir ses portes « si la maladie présente un intérêt particulier au point de vue de l'instruction des étudiants » / (*)

Autre constatation édifiante :

11 y a eu, en 20 ans (1879-1900), 85 juifs naturalisés roumains : ce n'est pas que les postulants aient fait défaut, mais le Parlement doit se prononcer sur chaque cas, et les demandes sont régulièrement repoussées sans avoir même bénéficié d'un examen sérieux.

Depuis les lois de mars 1902 sur la réglementation de l'industrie, l'existence des juifs en Roumanie est devenue littéralement impossible. Les nouveaux statuts leur interdisent d'exercer la plupart des métiers et les acculent ainsi à mourir de faim, en leur enlevant tout moyen régulier de gagner leur vie.

L'émigration est donc devenue en Roumanie, comme en Russie et en Pologne, une véritable nécessité^ étant le seul moyen d'échapper à cet enfer. Des comités de bienfaisance se sont constitués pour orga-

(1) Ce fait a été constaté par le major Evans Gordon, au cours de son enquête en Roumanie. Minâtes of Evidence, p. 461.

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