DEUXIÈME PARTIE
miroir à facettes, tous ceux qui souffrent de la misère et de la faim.
Les illusions aidant — leur force augmente toujours avec la distance! — on accourt en foule vers ce pàys de cocagne où Ton compte trouver, avec un accueil cordial, des emplois faciles et largement payés.
Cette attraction artificielle est des plus dangereuses, et nous verrons bientôt qu'elle amène tout au plus un déplacement de misère qu'elle ne guérit pas : la situation des malheureux émigrants polonais entassés pêlemêle dans les taudis infects de Whitechapel ou de Stepney ne nous paraît guère plus enviable que celle des juifs refoulés, à coups de knout, dans les ghettos de la zone russe.
b) Allemands.
L'immigration allemande en Angleterre présente, comme on pourra le constater sur le graphique [supra, p. 31), une régularité assez grande, avec légère tendance à l'augmentation.
Le nombre des Allemands, non désignés comme « en route ». et débarqués dans les ports anglais, était de 5.665 en 1895 et de 7.084 en 1904 (7.502 en 1903).
Cette immigration n'offre rien de particulièrement intéressant. Ses causes sont purement économiques : l'Allemagne, avec une population qui s'accroît sans cesse, étouffe chez elle et possède une force d'expansion considérable; ses nationaux se voient fatalement forcés de chercher en grand nombre des moyens d'existence à l'étranger, dans des pays où Y offre de travail est moins abondante.
LE MAL
Les immigrants allemands se rencontrent surtout dans l'industrie chimique ou dans les hôtels et restaurants de Londres et de province.
c) Italiens.
Le tableau que nous reproduisons plus haut (p. 31), fait ressortir, pour le recensement général de 1901, une augmentation de 13.763 Italiens sur le recensement de 1891.
Depuis 1895, chaque année marque une progression : 2.738, en 1895; 3.448, en 1896; 4.061, en 1897; 4.224, en 1898; 5.563, en 1899; 7.707, en 1900; 7.185, en 1901; 7.734, en 1902. En 1903, le nombre de ces immigrants n'est que de 7.045 et de 6.300 en
Ces chiffres sont, bien entendu, tout à fait distincts de ceux des transmigrants et ils ne concernent que les étrangers non désignés comme en route sur les listes du Board of Trade.
Les causes de cette émigration d'Italie sont, comme pour l'Allemagne, de caractère purement économique; la misère pousse au dehors des gens désireux de travailler... ou de ne rien faire! Ce sont les deux types opposés que l'Italie sème à travers le monde.
Y a-t-il travailleurs plus acharnés que ces ouvriers piémontais ou sardes, durs à la tâche autant que sobres et dont l'éloge n'est plus à faire? En dehors des gros travaux de terrassement, les ouvriers italiens établis en Angleterre s'emploient particulièrement dans les entreprises de pavage en bois et surtout dans l'industrie de l'asphalte qui est leur spécialité.