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PREMIÈRE PARTIE

ce sont presque tous des artisans, des hommes de métier apportant avec eux leurs connaissances et leur industrie. Ces « Wallons » introduisent en Angleterre le tissage et ne tardent pas à fonder des centres manufacturiers importants dans le Pembrokeshire ou les Galles du Sud, à Northampton et à Norwich.

C'est ainsi que s'explique, à son origine, la formation complexe du peuple anglais, composé, dès ces premières années, de Saxons, de Normands et de Hollandais; les uns plus spécialement attachés à la culture des terres et les autres se consacrant à la carrière des armes ou à l'industrie. Cette infusion du sang étranger a été pour ce peuple encore jeune un fortifiant et le stimulant de sa vie nationale naissante.

Ce mouvement d'immigration est au début exclusivement commercial. Il garde ce caractère jusqu'aux xv° et xvie siècles.

A cette époque naît une cause d'immigration d'un ordre tout différent.

L'apparition du protestantisme déchaîne la guerre religieuse. Certaines contrées industrielles des Pays- Bas, de l'Allemagne et de la France eurent à souffrir d'une persécution plus violente et les nouveaux croyants durent chercher à l'étranger un asile pour leur foi.

L'inquisition eut, dans ces temps troublés, une force d'expulsion irrésistible. Ces émigrants comptaient parmi les meilleurs artisans, parmi les ouvriers les plus habiles ; une terre où ils pouvaient, à l'abri du danger, exercer leurs métiers et pratiquer librement leur religion présentait nécessairement pour eux un grand attrait. Ils arrivèrent donc par milliers et cette migra-

HISTORIQUE DE L'IMMIGRATION EN ANGLETERRE

tion bienfaisante, issue de crises religieuses, devait avoir sur l'avenir industriel et économique de l'Angleterre une influence décisive.

Vers le milieu du xvie siècle, de graves événements politiques se produisirent en Angleterre qui donnèrent un grand encouragement à cette immigration. L'attitude prise par Henry VIII vis-à-vis de la Papauté, suivie bientôt par la Réforme, assurait aux immigrants protestants une chaude bienvenue et une cordiale protection. Cet accueil bienveillant se dessine plus nettement encore sous l'influence d'Edouard VI et, si Ton excepte le changement de politique qui se produisit sous le règne de Marie Stuart et qui occasionna une envolée de ces étrangers, alerte d'aussi peu de durée que ce règne même, on peut dire que dès cette époque la situation des nouveaux arrivés est consolidée et reconnue.

Leur condition s'améliore encore sous le règne d'JElisabeth qui marque une nouvelle extension du mouvement d'immigration, surtout pour la ville de Londres.

Beaucoup de ces immigrants sont riches. En 1540, un tiers environ de ceux qui paient des subsides au roi pour la ville de Londres sont des étrangers. Dans un quartier de la cité, celui de « Saint-Martin-le- Grand », la proportion pour les gens imposés est de 6 Anglais pour 207 étrangers (').

En 1568, il y a 6.700 étrangers dans Londres seulement : la plupart sont des industriels, des com-

(l) Moens, Report of the Royal Commission on Alien Immigra* lion, Minutes of Evidence, §§ 23.062 et sq.

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